Droit en vigueur au 11/10/2026, à revérifier. Cet article donne une information générale, pas un conseil juridique ou médical personnalisé.
À retenir
- Les injections d’acide hyaluronique à visée esthétique sont réservées aux médecins. Esthéticiens, tatoueurs ou influenceurs n’ont pas le droit d’injecter [9][14][19].
- Depuis le 1er juillet 2024, l’acide hyaluronique injectable n’est délivré aux patients que sur prescription (art. R5211-72 CSP, décret n° 2024-490) [6][16].
- Avant une chirurgie esthétique, comptez au moins 15 jours entre la remise du devis daté et signé et l’opération, sans dérogation possible (art. D6322-30 CSP) [3].
- Pendant ce délai, aucun paiement ni engagement ne peut vous être demandé, hors honoraires des consultations préalables (art. L6322-2 CSP) [2].
- Une complication peut être déclarée par le patient lui-même sur signalement.social-sante.gouv.fr [13].
Qui a le droit de faire quoi en France ?
La réponse dépend de l’acte. La HAS résume le cadre en trois niveaux : chirurgiens pour les actes invasifs (liposuccion, lifting), médecins pour les actes moins invasifs comme les injections, esthéticien(ne)s pour les soins non invasifs [20]. Elle note aussi que les règles applicables aux professions concernées restent « fragmentaires » [20].
Le tableau ci-dessous reprend les textes et positions officielles que nous avons pu lire. Quand la référence est un communiqué d’autorité et non un article de loi, nous l’indiquons.
| Acte | Qui peut le pratiquer | Texte de référence |
|---|---|---|
| Injection d’acide hyaluronique à visée esthétique | Médecin uniquement, après consultation avec interrogatoire médical, et traçabilité du produit (type, marque, numéro de lot) | Communiqué ANSM du 11/07/2022 [9] ; bulletin CNOM Médecins n° 80 (2022) [14]. Aucun article de loi nommant cet acte n’a été lu dans notre dossier. |
| Acide hyaluronique sur les lèvres et le sillon nasogénien | Chirurgien-dentiste, uniquement dans un cadre thérapeutique bucco-dentaire | ANSM 11/07/2022 [9] ; art. R5211-73 CSP [6] |
| Achat d’acide hyaluronique injectable | Médecin (usage professionnel), chirurgien-dentiste (dispositifs médicaux injectables), patient sur prescription | Art. R5211-72 et R5211-73 CSP, issus du décret n° 2024-490 du 29/05/2024, applicable depuis le 01/07/2024 [6][16][18] |
| Injection de toxine botulique à visée esthétique | Médecins spécialistes cités par l’ANSM : chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique ; dermatologie ; chirurgie de la face et du cou ; chirurgie maxillo-faciale ; ophtalmologie | Communiqué ANSM du 27/02/2025, mis à jour le 23/10/2025 [10]. Vente en ligne interdite [11][12]. |
| Chirurgie esthétique | Équipe limitée à quatre catégories de médecins : 1° spécialistes en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique ; 2° médecins qualifiés compétents dans ce domaine ; 3° anesthésistes-réanimateurs ; 4° certains autres spécialistes (chirurgie maxillo-faciale, ORL, ophtalmologie, gynécologie-obstétrique, urologie notamment). Les médecins des 2° et 4° n’opèrent que dans le cadre de la spécialité où ils sont inscrits à l’Ordre | Art. L6322-1 (installation autorisée et certifiée), L6322-2, D6322-30 et D6322-43 CSP [1][2][3] |
| Injection par un non-médecin (esthéticien, tatoueur, « injecteur » des réseaux sociaux) | Personne : interdit | Position ANSM, CNOM et Académie de médecine [9][14][19]. Exercice illégal de la médecine : art. L4161-1 et L4161-5 CSP [5] |
| Soins esthétiques non invasifs (ex. soins du visage) | Esthéticien(ne)s | Note de cadrage HAS 2025 [20] |
Le cas de la toxine botulique : une zone à clarifier
La liste de l’ANSM ne cite que cinq spécialités pour la toxine botulique [10]. Or beaucoup de médecins se présentent comme « médecins esthétiques ». Ce n’est pas une spécialité qualifiante, et l’Ordre des médecins plaide pour une formation interuniversitaire réservée aux médecins [15]. Les sources que nous avons lues ne disent pas clairement si un médecin généraliste formé à la médecine esthétique peut injecter de la toxine.
Nous ne tranchons donc pas. Le réflexe utile : demander au médecin sa spécialité et sa formation, puis vérifier son inscription sur l’annuaire de l’Ordre. Une réforme est par ailleurs en préparation : selon la députée auteure d’une question écrite à l’Assemblée nationale, le Gouvernement a annoncé au Sénat, le 19 mai 2026, des textes transmis au Conseil d’État [21]. Nous n’en avons pas trouvé la publication au 11/10/2026.
Ce que risque un faux injecteur
L’exercice illégal de la médecine est puni de deux ans de prison et 30 000 € d’amende. Si l’infraction passe par un service en ligne ou un support numérique, les peines montent à cinq ans et 75 000 € (art. L4161-5 CSP) [5]. Une nuance tout de même : l’article L4161-1, qui définit l’exercice illégal, ne cite pas nommément les actes esthétiques [5]. L’interdiction des injections par des non-médecins repose, dans notre dossier, sur les positions de l’ANSM et de l’Ordre [9][14].
Comment vérifier un praticien avant de prendre rendez-vous ?

Commencez par l’annuaire du Conseil national de l’Ordre des médecins. Il recense les « médecins en situation régulière d’exercice », et un médecin radié en disparaît [17]. En France, seuls les médecins inscrits au tableau de l’Ordre peuvent exercer [17]. Si le nom de la personne qui va vous injecter n’y figure pas, n’allez pas plus loin.
L’inscription ne suffit pas toujours. Pour la toxine botulique, la spécialité compte (voir plus haut). Pour la chirurgie esthétique, les médecins qualifiés compétents en chirurgie plastique et les autres spécialistes admis dans l’équipe (ORL, ophtalmologistes, chirurgiens maxillo-faciaux, par exemple) n’exercent la chirurgie esthétique que dans le cadre de la spécialité dans laquelle ils sont inscrits au tableau de l’Ordre. Seuls les spécialistes en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique et les anesthésistes ne sont pas visés par cette limite (art. D6322-43 CSP) [3]. Demandez donc clairement : « Quelle est votre spécialité ? Qui fera l’acte ? » Une réponse vague doit vous alerter.
Quelques vérifications complémentaires, sans valeur d’obligation légale :
- L’appartenance à une société savante. La Société française de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique (SoFCPRE) propose une rubrique « Trouver un chirurgien » qui liste ses membres [24]. Ne pas y figurer n’est pas une faute, y figurer n’est pas une garantie.
- Le lieu. Une chirurgie esthétique ne peut avoir lieu que dans une installation autorisée par l’autorité administrative et certifiée (art. L6322-1 CSP) [1]. Pour les injections, l’ANSM classe les domiciles et les instituts parmi les lieux à risque [11].
- La personne qui fera l’acte. Le NHS britannique conseille de toujours consulter la personne qui réalisera l’acte avant de décider [23]. C’est une recommandation étrangère, mais le principe reste valable en France.
Les questions à poser avant de vous engager
Ces questions peuvent se poser dès le premier rendez-vous. Un praticien sérieux n’a aucune raison de s’en offusquer.
- Êtes-vous médecin, et dans quelle spécialité êtes-vous inscrit à l’Ordre ? [3][17]
- Est-ce vous qui ferez l’acte ? [23]
- Quel produit allez-vous utiliser ? Pour l’acide hyaluronique, le médecin doit en conserver le type, la marque et le numéro de lot [14].
- Pour une chirurgie : où aura lieu l’intervention, et quand me remettrez-vous le devis daté et signé ? [1][3]
- Que fait-on si quelque chose se passe mal ? Le NHS conseille de poser cette question en consultation, avant de vous décider [23].
Notez les réponses. Elles vous serviront à comparer deux praticiens.
Que doit-on attendre de la consultation, de l’information et du devis ?

Pour une injection d’acide hyaluronique, l’Ordre des médecins rappelle qu’un « interrogatoire clinique » est nécessaire, notamment pour vérifier vos antécédents médicaux [14]. Le praticien doit aussi conserver la traçabilité du produit injecté : type, marque, numéro de lot [14][9]. Vous pouvez demander ces informations.
Le médecin ne peut pas non plus proposer « un procédé illusoire ou n’ayant pas été suffisamment évalué scientifiquement », rappelle l’Ordre [15]. Méfiez-vous aussi d’une promesse du type « aucun effet secondaire » : l’ANSM la classe parmi les signaux d’alerte [11].
Chirurgie esthétique : information, devis et 15 jours de réflexion
Pour toute chirurgie esthétique, le praticien responsable doit vous informer des conditions de l’intervention, des risques et des complications possibles. Cette information s’accompagne d’un devis détaillé (art. L6322-2 CSP) [2].
Le délai de réflexion est fixé par décret : au moins quinze jours après la remise du devis détaillé, daté et signé par le praticien qui effectuera l’intervention. « Il ne peut être en aucun cas dérogé à ce délai, même sur la demande de la personne concernée » (art. D6322-30 CSP) [3]. Même si vous êtes pressé, le chirurgien n’a pas le droit d’avancer la date.
Pendant ces quinze jours, on ne peut exiger ni obtenir de vous aucune contrepartie ni aucun engagement. Seuls les honoraires des consultations préalables sont dus (art. L6322-2 CSP) [2]. Un acompte réclamé dès la remise du devis, en plus de ces honoraires, doit donc vous alerter.
Si un produit doit rester plus de trente jours dans votre corps, un document d’information sur ses risques vous est remis avec le devis. Vous le signez, et il est conservé dans votre dossier médical (art. D6322-30-1 CSP) [3].
Côté sanctions, ne pas remettre de devis, ne pas respecter le délai ou exiger une contrepartie pendant celui-ci est puni de 30 000 € d’amende. Exercer la chirurgie esthétique sans autorisation, de 150 000 € (art. L6324-2 CSP) [4]. Enfin, sachez que la chirurgie esthétique pratiquée dans ce cadre n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie (art. L6322-1 CSP) [1].
Attention : ces règles de devis et de délai visent la chirurgie esthétique. Les textes de notre dossier ne fixent pas le même délai pour les injections. Rien ne vous empêche toutefois de prendre votre temps. Le NHS recommande de ne rien payer avant d’avoir eu une consultation, et de demander ce qui est prévu si quelque chose se passe mal [23].
Pour une injection, vous pouvez aussi réclamer un devis écrit. Hors chirurgie, l’Institut national de la consommation rappelle qu’un arrêté du 17 octobre 1996 modifié prévoit un devis pour les autres prestations à visée esthétique dans certains cas, notamment « sur demande de la personne examinée » [27]. Avoir le prix par écrit permet aussi de comparer deux propositions.
Quels signaux d’alerte doivent vous faire renoncer ?
Les signalements augmentent. L’Ordre des médecins a reçu 213 signalements d’actes illégaux à visée esthétique en 2025, contre 62 en 2022, selon des chiffres de l’Ordre rapportés par l’AFP et repris par VIDAL [22]. L’ANSM, l’Ordre et l’Académie de médecine décrivent des signaux d’alerte assez concordants, que nous regroupons ici.
Une injection hors cadre médical
C’est le signal le plus net. L’ANSM cite les injections proposées par des personnes « sans qualification médicale reconnue », dans des lieux non médicaux comme des domiciles ou des instituts [11]. L’Ordre est catégorique : les injections esthétiques par des non-médecins sont « dangereuses et strictement interdite[s] » [14]. Dans une question écrite à l’Assemblée nationale, une députée évoque aussi des appartements et des chambres d’hôtel [21].
Une offre trouvée sur les réseaux sociaux
La HAS relève une « publicité massive » via les réseaux sociaux, qui fait paraître ces actes « sans risque » [20]. La publicité auprès du grand public pour un médicament sur prescription obligatoire, comme la toxine botulique, est interdite : une promotion de « botox » sur Instagram ou TikTok est donc en soi un signal d’alerte [11][22].
Un médecin peut communiquer, y compris en ligne. Mais sa communication doit être loyale, sans témoignages de tiers ni comparaisons avec d’autres médecins (art. R4127-19-1 CSP) [7]. Des avis de « clientes ravies » mis en avant ou un « meilleur prix de la ville » ne collent pas avec ces règles. L’Académie de médecine conseille de s’informer sur des plateformes validées par des professionnels de santé plutôt que sur les réseaux sociaux [19].
Pour la chirurgie esthétique, un décret du 23 septembre 2026, en vigueur depuis le 26 septembre, encadre la communication commerciale des installations autorisées. Il interdit notamment les messages qui entretiennent une confusion avec une intervention thérapeutique ou qui garantissent des résultats, ainsi que ceux susceptibles d’inciter les mineurs, par exemple en présentant ces actes comme un besoin de santé (art. R6322-50 et R6322-51 CSP) [26]. Une clinique qui vous « garantit » un résultat dans sa publicité ne respecte donc pas ces règles.
Un prix anormalement bas ou une promotion
L’ANSM est claire : « des prix de vente très attractifs peuvent cacher une possible falsification » [12]. Elle range aussi les tarifs très bas parmi les signaux d’alerte [11]. Côté déontologie, l’Ordre a déjà sanctionné un médecin pour des offres promotionnelles publiées sur le site d’un centre esthétique, et un autre pour avoir réclamé une avance forfaitaire sur des séances d’épilation laser [8].
Un forfait, une « offre de Noël » ou le paiement d’avance de plusieurs séances méritent donc quelques questions avant de signer quoi que ce soit.
Un produit dont on ne connaît pas l’origine
Les produits hors circuit officiel « peuvent ne pas contenir la substance active annoncée » [11]. L’ANSM ajoute que des substances dangereuses ou non stériles peuvent s’y trouver [12]. Pour les produits de comblement, elle conseille de vérifier « le marquage CE (accompagné des 4 chiffres de l’organisme notifié) » [12].
Autre situation à fuir : on vous demande d’acheter vous-même le produit. La vente en ligne de toxine botulique est interdite [12], et l’acide hyaluronique injectable n’est délivré aux patients que sur prescription depuis juillet 2024 [6][18]. Selon le syndicat des chirurgiens plasticiens (SNCPRE) cité par l’Ordre des pharmaciens, il est peu courant qu’un médecin demande au patient d’acheter le produit [18].
En cas de complication ou de doute, à qui s’adresser ?
D’abord à un médecin. Ensuite, vous pouvez déclarer vous-même l’effet indésirable : l’ANSM ouvre la déclaration aux patients et usagers sur le portail signalement.social-sante.gouv.fr [13]. Ces déclarations alimentent la pharmacovigilance. Entre août et septembre 2024, l’ANSM a ainsi fait état de huit cas graves de pharmacovigilance liés à des injections illégales de toxine botulique [10].
Les complications décrites par les autorités peuvent être sérieuses. Pour l’acide hyaluronique, l’ANSM cite des infections graves et des nécroses de la peau, la cécité si le produit est injecté dans un vaisseau irriguant l’œil, et à plus long terme une migration du produit ou une inflammation [9]. Pour la toxine botulique, le risque est le botulisme, qui peut nécessiter une hospitalisation, voire la réanimation [11].
Selon votre situation, plusieurs interlocuteurs existent :
- Un produit qui vous semble falsifié : l’ANSM reçoit ces signalements par e-mail, à dmcdiv@ansm.sante.fr pour les produits de comblement et à dvs.defauts-qualite@ansm.sante.fr pour la toxine botulique [12].
- Une personne qui injecte sans être médecin : l’Ordre des médecins recense ces signalements, et 20 d’entre eux ont donné lieu à une saisine du procureur en 2025, selon l’AFP [22]. Nous n’avons pas vérifié la procédure de signalement elle-même : renseignez-vous auprès de l’Ordre.
- Une chirurgie esthétique sans devis, sans délai ou avec acompte : ces infractions peuvent être constatées par des médecins inspecteurs de santé publique et des inspecteurs des agences régionales de santé ayant la qualité de médecin, ainsi que par certains agents habilités par le code de la consommation (art. L6324-1 CSP) [4].
Dans la presse et au Parlement, des faits plus graves sont évoqués. Une question écrite publiée au Journal officiel le 25/08/2026 mentionne deux décès en 2026, à Villeurbanne et à Nice [21]. Ces faits sont rapportés par la députée auteure de la question, et non établis à ce stade par une autorité sanitaire. Aucune réponse ministérielle n’avait été publiée à la date de notre consultation.
Urgence : quand consulter immédiatement
Après une injection de toxine botulique, l’ANSM décrit ces signes de botulisme : « difficulté à parler ou à avaler (fausses routes), difficulté à marcher, vision floue ou double, difficultés respiratoires » [10]. Le botulisme peut nécessiter une hospitalisation, voire une admission en réanimation [11].
Après une injection d’acide hyaluronique, l’ANSM signale le risque de nécrose de la peau et de cécité en cas d’injection dans un vaisseau [9].
En cas de symptôme inquiétant après une injection, consultez sans attendre, même si l’injection a eu lieu hors cadre légal. En cas d’urgence, appelez le 15 (Samu) ou le 112 (numéro d’urgence européen) [25].
Questions fréquentes
Une esthéticienne peut-elle m’injecter de l’acide hyaluronique ?
Non. L’ANSM et l’Ordre des médecins rappellent que ces injections à visée esthétique sont réservées aux médecins et « strictement interdite[s] » aux non-médecins, esthéticiens et tatoueurs compris [9][14]. Depuis le 1er juillet 2024, le produit lui-même n’est délivré aux patients que sur prescription (art. R5211-72 CSP) [6][16].
Mon dentiste peut-il m’injecter les lèvres ?
Seulement dans un cadre thérapeutique bucco-dentaire. Selon l’ANSM, le chirurgien-dentiste peut utiliser l’acide hyaluronique uniquement sur les lèvres et le sillon nasogénien, dans ce cadre [9]. Sa fourniture est limitée aux dispositifs médicaux injectables (art. R5211-73 CSP) [6]. Une demande purement esthétique relève donc d’un médecin.
Peut-on me demander un acompte avant une chirurgie esthétique ?
Pas pendant le délai de réflexion. Pendant au moins quinze jours après la remise du devis daté et signé, aucune contrepartie ni engagement ne peut être exigé, hormis les honoraires des consultations préalables (art. L6322-2 et D6322-30 CSP) [2][3]. Le non-respect de cette règle est puni de 30 000 € d’amende (art. L6324-2 CSP) [4].
Puis-je demander un devis pour une injection ?
Oui. En dehors de la chirurgie, un arrêté du 17 octobre 1996 modifié prévoit un devis pour les prestations à visée esthétique dans certains cas, dont la demande de la personne examinée, rappelle l’Institut national de la consommation [27]. Le délai de quinze jours fixé par le Code de la santé publique concerne, lui, la chirurgie esthétique [3].
Comment savoir si un médecin a le droit d’exercer ?
Consultez l’annuaire du Conseil national de l’Ordre des médecins, qui liste les médecins « en situation régulière d’exercice » [17]. Un médecin radié en disparaît. Demandez aussi au praticien sa spécialité, car pour la toxine botulique l’ANSM ne cite que cinq spécialités [10].
La chirurgie esthétique est-elle remboursée ?
Non. L’article L6322-1 du Code de la santé publique précise que l’activité de chirurgie esthétique autorisée « n’entre pas dans le champ des prestations couvertes par l’assurance maladie » [1]. Ce point concerne la chirurgie à visée esthétique, pas la chirurgie réparatrice, que cet article ne traite pas.
En résumé
Un bon praticien esthétique se repère d’abord à des éléments vérifiables : il est médecin, il figure dans l’annuaire de l’Ordre et il vous dit clairement quelle est sa spécialité. Ensuite, il prend le temps : interrogatoire médical, information sur les risques, produit tracé, devis et quinze jours de réflexion s’il s’agit de chirurgie. Une injection à domicile, un prix cassé sur les réseaux sociaux ou un produit à acheter soi-même devraient suffire à vous faire partir. Et si vous hésitez sur la qualification d’un médecin pour un acte précis, posez-lui directement la question avant de vous engager.
Sources
Toutes les sources ont été consultées le 11/10/2026, sauf [27] (13/10/2026).
- [1] Légifrance, Code de la santé publique, art. L6322-1 (version en vigueur depuis le 11/03/2023). https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072665/LEGISCTA000006171585/
- [2] Légifrance, Code de la santé publique, art. L6322-2 (version en vigueur depuis le 01/10/2020). https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041721225
- [3] Légifrance, Code de la santé publique, art. L6322-3, D6322-30, D6322-30-1, D6322-43. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072665/LEGISCTA000006178723/ et https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006190919
- [4] Légifrance, Code de la santé publique, art. L6324-1 et L6324-2. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072665/LEGISCTA000006155129/
- [5] Légifrance, Code de la santé publique, art. L4161-1 et L4161-5. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072665/LEGISCTA000006171288/ et https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000051820063
- [6] Légifrance, Décret n° 2024-490 du 29 mai 2024 relatif à la vente de dispositifs contenant de l’acide hyaluronique sous forme injectable. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049621071
- [7] Légifrance, Code de la santé publique, art. R4127-19-1. https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042750056
- [8] CNOM, Code de déontologie commenté, article 19 « Commerce – interdiction ». https://www.conseil-national.medecin.fr/code-deontologie/devoirs-generaux-medecins-art-2-31/article-19-commerce-interdiction
- [9] ANSM, « Injections d’acide hyaluronique à visée esthétique : seuls les médecins peuvent les réaliser », 11/07/2022. https://ansm.sante.fr/actualites/injections-dacide-hyaluronique-a-visee-esthetique-seuls-les-medecins-peuvent-les-realiser
- [10] ANSM, « Des pratiques illégales d’injection de toxine botulinique mettent en danger les utilisateurs », 27/02/2025, mis à jour le 23/10/2025. https://ansm.sante.fr/actualites/des-pratiques-illegales-dinjection-de-toxine-botulinique-mettent-en-danger-les-utilisateurs
- [11] ANSM, « Injections illégales de toxine botulinique : ne mettez pas en danger votre santé », 23/10/2025. https://ansm.sante.fr/actualites/injections-illegales-de-toxine-botulinique-ne-mettez-pas-en-danger-votre-sante
- [12] ANSM, « Produits injectables utilisés en esthétique pour le traitement des rides : attention aux marchandises falsifiées ! », 19/03/2021, mis à jour le 16/04/2021. https://ansm.sante.fr/actualites/produits-injectables-utilises-en-esthetique-pour-le-traitement-des-rides-attention-aux-marchandises-falsifiees
- [13] ANSM, « Déclarer un effet indésirable », mis à jour le 26/06/2026. https://ansm.sante.fr/documents/reference/declarer-un-effet-indesirable
- [14] CNOM, « Injection d’acide hyaluronique : un acte réservé aux médecins », Médecins n° 80, juillet-août 2022, p. 11. https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/medecins_80.pdf
- [15] CNOM, communiqué « Actes médicaux à visée esthétique », mis à jour le 04/05/2023. https://www.conseil-national.medecin.fr/publications/communiques-presse/actes-medicaux-visee-esthetique
- [16] CNOM, Newsletter de juillet 2024. https://www.conseil-national.medecin.fr/publications/newsletter/newsletter-juillet-2024
- [17] CNOM, « Trouver un médecin ». https://www.conseil-national.medecin.fr/patient/trouver-medecin
- [18] Ordre national des pharmaciens, « Acide hyaluronique injectable : uniquement sur prescription », 06/06/2024, mis à jour le 13/09/2024. https://www.ordre.pharmacien.fr/les-communications/focus-sur/les-actualites/acide-hyaluronique-injectable-uniquement-sur-prescription
- [19] Académie nationale de médecine, « Maîtriser les risques face à la croissance de la médecine esthétique », 04/10/2022. https://www.academie-medecine.fr/maitriser-les-risques-face-a-la-croissance-de-la-medecine-esthetique/
- [20] HAS, Guide méthodologique de gestion des risques des actes à visée esthétique (hors actes chirurgicaux), note de cadrage, 14/05/2025. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-05/cadrage_niveau_risques_actes_esthetiques.pdf
- [21] Assemblée nationale, question écrite n° 17796, JO du 25/08/2026, p. 7638. https://questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-17796QE.htm
- [22] VIDAL (dépêche AFP), « Botox, acide hyaluronique : les injections illégales toujours en plein essor, alertent les professionnels », 19/03/2026. https://www.vidal.fr/actualites/37618-botox-acide-hyaluronique-les-injections-illegales-toujours-en-plein-essor-alertent-les-professionnels.html
- [23] NHS (Royaume-Uni), « Choosing who will do your cosmetic procedure », révisé le 23/06/2023. https://www.nhs.uk/conditions/cosmetic-procedures/choosing-who-will-do-your-procedure/
- [24] Société française de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique (SoFCPRE), page d’accueil. https://www.sofcpre.fr/
- [25] Service-public.fr, « Le 0 800 112 112 : un numéro qui vous rappelle en cas d’urgence » (liste des numéros d’urgence : 15 Samu, 112 numéro d’urgence européen), 16/10/2024, mis à jour le 18/10/2024. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A17758
- [26] Légifrance, Décret n° 2026-891 du 23 septembre 2026 relatif aux communications commerciales en faveur des installations de chirurgie esthétique, JORF n° 224 du 25/09/2026 (art. R6322-49 à R6322-51 CSP). https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054894510
- [27] Institut national de la consommation (INC), « Opération de chirurgie esthétique : doit-on me remettre un devis ? », vérifié le 15/11/2023, consulté le 13/10/2026. https://www.inc-conso.fr/content/operation-de-chirurgie-esthetique-doit-me-remettre-un-devis
