À retenir
- Santé publique France conseille une toilette intime une fois par jour, sans frotter fort et sans se laver plusieurs fois par jour [1].
- Sans décalottage, un dépôt blanchâtre, le smegma, peut s’accumuler sous le prépuce et favoriser le développement de bactéries [1].
- Un décalottage douloureux, difficile ou impossible justifie de consulter un médecin [1].
- Talc, déodorant et parfum sur le pénis peuvent provoquer des irritations [1][4].
- Un prépuce resté coincé en arrière du gland (paraphimosis) est une urgence médicale [4][12].
Une toilette par jour suffit
Chez l’homme, la toilette intime concerne le pénis, les testicules et l’anus. Santé publique France recommande de la faire une fois par jour, « afin de respecter la fragilité de ces zones » [1]. Elle déconseille de frotter énergiquement ou de se laver plusieurs fois par jour, pour ne pas provoquer d’irritations [1].
Le plus simple est de la faire sous la douche ou dans le bain. Un service de santé sexuelle du NHS à Glasgow conseille de laver chaque jour le pénis et le scrotum à l’eau tiède, et de bien nettoyer sous le prépuce quand on en a un [6].
Les gestes, pas à pas
Si vous n’êtes pas circoncis
- Faites glisser doucement le prépuce vers la base du pénis pour découvrir le gland [1]. Chez l’adulte, le NHS conseille de le tirer aussi loin que possible, en douceur [4].
- Lavez le gland à l’eau tiède, avec un savon doux si vous en utilisez un [1].
- Rincez jusqu’à ce qu’il ne reste plus de savon [1].
- Séchez bien le gland avant de remettre le prépuce en place [7].
- Recalottez toujours après la toilette [1][4].
Ce dernier geste a son importance. Un prépuce très serré peut rester coincé en arrière du gland. Le bout du pénis gonfle alors et devient douloureux : c’est le paraphimosis, que le NHS classe parmi les urgences médicales [4].
Pourquoi décalotter ? Parce que, sans ce geste, le smegma peut s’accumuler sous le prépuce et favoriser le développement de bactéries [1]. Le NHS compte d’ailleurs un lavage insuffisant parmi les causes possibles de balanite, quand le gland devient gonflé et douloureux [3].
Une précaution pour les parents : chez le bébé et le jeune garçon, il ne faut pas tirer en arrière un prépuce encore attaché au gland. Selon le NHS, cela peut faire mal et l’abîmer [4].
Si vous êtes circoncis
Le pénis se lave comme n’importe quelle autre partie du corps, en douceur [1].
Le scrotum et la zone anale
Lavez ensuite la base du pénis et le scrotum. Santé publique France rappelle que cette zone transpire souvent davantage et peut être à l’origine d’odeurs désagréables [1]. Terminez par l’anus, puis séchez-vous en douceur, sans frotter, avec une serviette qui n’est qu’à vous [1].
Pensez aussi aux mains. Le service du NHS de Glasgow conseille de les laver avant et après avoir touché la zone génitale [6]. La page du NHS sur la balanite ajoute de le faire avant d’uriner [3].
Savon ou eau seule : les sources ne disent pas tout à fait la même chose
Il n’existe pas de consigne unique, et les organismes consultés ne tranchent pas de la même façon.
- Santé publique France conseille un savon doux, sans parfum, au pH neutre [1]. Sur sa page consacrée aux mycoses, elle parle d’un savon surgras suivi d’un rinçage soigneux [2].
- Le NHS, sur sa page consacrée au prépuce serré, propose de l’eau tiède seule ou de l’eau tiède avec un savon non parfumé [4]. Le service du NHS à Glasgow recommande lui aussi un savon doux non parfumé [6].
- Le feuillet du réseau de santé sexuelle de l’ouest de l’Écosse va plus loin : pas de savon du tout. Il peut irriter, surtout en cas d’inflammation, et il n’est pas nécessaire pour bien se laver. Un substitut de savon (une crème émolliente non parfumée) peut le remplacer [7].
- Quand le gland est rouge, irrité ou gonflé, les pages du NHS consacrées à la balanite et aux mycoses conseillent de se laver à l’eau seule ou avec un émollient, sans savon ni gel douche [3][5].
En pratique, si votre peau supporte bien un savon doux sans parfum, rien dans ces sources ne vous oblige à y renoncer. Si la zone devient rouge ou irritée, les sources du NHS privilégient l’eau seule ou un émollient [3][5][7], et ces symptômes justifient aussi un avis médical (voir l’encadré plus bas). Quant aux gels « intimes » vendus spécialement pour les hommes, aucune des sources consultées n’en recommande.
Ce qu’il vaut mieux éviter
Santé publique France conseille de se passer du gant de toilette et de se laver à la main, avec douceur. Évitez de frotter trop fort : la peau du pénis est très fine [1]. Le talc, le déodorant et le parfum sont à laisser de côté, car ils peuvent provoquer des irritations [1][4].
Le feuillet écossais allonge la liste des produits susceptibles d’irriter la zone : lingettes pour bébé, gels douche, bains moussants, déodorants, sprays et lingettes d’hygiène [7]. Il déconseille aussi les antiseptiques, en crème ou ajoutés à l’eau du bain [7]. Le NHS de Glasgow met en garde contre les savons forts et les lingettes parfumées, qui peuvent irriter et assécher la peau [6].
Le NHS cite enfin le savon, les gels douche et les préservatifs parmi les produits qui peuvent irriter la peau du gland [3].
Sous-vêtements, sport et rapports sexuels
La chaleur et l’humidité n’arrangent rien. Le NHS note que le champignon responsable des mycoses se développe volontiers dans un milieu chaud et humide [5]. Quelques habitudes aident à garder la zone au sec :
- changer de sous-vêtement chaque jour [6] ;
- éviter les vêtements et sous-vêtements trop serrés, qui retiennent l’humidité et peuvent irriter [5][6] ;
- porter du coton, ce que le NHS conseille pour éviter que les mycoses reviennent [5].
Si votre peau réagit facilement, le feuillet écossais suggère de choisir des sous-vêtements clairs, car certaines teintures foncées (noir, bleu marine) peuvent provoquer une allergie. Laver plusieurs fois un sous-vêtement foncé neuf avant de le porter limite le problème. Le même feuillet conseille d’éviter les adoucissants et les lessives dites biologiques [7].
Après un rapport sexuel, laver le pénis peu après peut aider si vous avez tendance à avoir des symptômes à ce moment-là [7]. Au passage, le feuillet rappelle que les produits à base d’huile peuvent faire rompre les préservatifs [7].
Rasage du pubis : limiter les coupures
Se raser ou s’épiler le pubis relève du choix personnel, pas de l’hygiène. Le geste n’est pas anodin pour autant. Dans une enquête nationale menée aux États-Unis en janvier 2014, 23,7 % des hommes qui entretenaient leur pilosité pubienne déclaraient s’être déjà blessés en le faisant [9]. Parmi ces hommes blessés, 67,2 % citaient le scrotum et 34,8 % le pénis (plusieurs zones possibles) [9]. Tous participants confondus, hommes et femmes, les coupures étaient la blessure la plus fréquente, devant les brûlures et les éruptions cutanées [9].
Pour les auteurs, la fréquence de l’entretien et le fait de tout retirer sont des facteurs de risque indépendants de blessure [9]. Dans un autre article, publié en 2015, plusieurs des mêmes chercheurs citent le rasoir électrique comme exemple de pratique plus sûre pour la zone anogénitale [10]. Ces deux travaux reposent sur ce que les participants américains ont déclaré. Ils décrivent un risque, sans comparer les méthodes de rasage dans un essai.
Profiter de la toilette pour connaître son corps
Le NHS conseille de vérifier régulièrement ses testicules pour savoir ce qui est normal chez soi. On remarque ainsi plus facilement un changement de taille, d’aspect ou de consistance [8]. Une grosseur, un testicule qui grossit, un scrotum lourd ou dur, ou une douleur doivent faire consulter un médecin [8]. Le NHS précise que ces signes sont très fréquents et peuvent avoir de nombreuses causes : ils ne veulent pas forcément dire cancer [8].
Quand consulter
Consultez un médecin si vous remarquez :
- un décalottage douloureux, difficile ou impossible [1][4] ;
- un gland gonflé, rouge, douloureux ou qui démange [3] ;
- un écoulement épais sous le prépuce, un saignement autour du prépuce ou une odeur désagréable [3][4] ;
- une brûlure au gland, des plaques rouges ou un dépôt blanchâtre dans le sillon entre le prépuce et le gland [2] ;
- une douleur en urinant [3][4] ;
- des érections douloureuses [4] ;
- une grosseur, un gonflement ou une douleur d’un testicule [8].
Urgence : si le prépuce reste coincé en arrière du gland et ne revient pas en place, appelez le 15 (Samu) ou rendez-vous sans attendre aux urgences. C’est le paraphimosis, une urgence médicale [4][12][13].
Ces signes peuvent avoir plusieurs causes, dont une mycose ou une infection sexuellement transmissible [3]. C’est au médecin d’en trouver l’origine, parfois grâce à un prélèvement [2][3].
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le smegma ?
C’est le dépôt blanchâtre qui peut se former sous le prépuce. Le problème, c’est qu’il s’accumule : si l’on ne décalotte pas pendant la toilette, il peut favoriser le développement de bactéries [1]. Le décalottage quotidien sert justement à l’éviter.
Faut-il un gel intime spécial homme ?
Aucune des sources consultées n’en recommande. Santé publique France parle d’un savon doux, sans parfum, au pH neutre [1]. Les sources du NHS se contentent de l’eau tiède, d’un savon non parfumé ou d’un émollient [3][4][7].
Une mauvaise odeur, c’est forcément un manque d’hygiène ?
Pas forcément. Le scrotum transpire souvent davantage et peut être à l’origine d’odeurs, d’où l’intérêt de bien le laver [1]. En revanche, une odeur désagréable sous le prépuce, surtout avec un écoulement, une rougeur ou une gêne, peut accompagner une balanite ou une mycose. Elle mérite un avis médical [3][5].
Se laver plus souvent protège-t-il des mycoses ?
Pas d’après Santé publique France, qui range le manque, mais aussi l’excès d’hygiène intime parmi les situations où la mycose du gland touche plus souvent les hommes [2]. Une toilette douce par jour reste la règle [1].
En résumé
Une fois par jour, à l’eau tiède, sans frotter : décalotter, laver, rincer, sécher, recalotter. Pour le reste, il s’agit surtout de ce qu’on évite, comme le parfum, le talc, le déodorant, les lingettes ou les vêtements trop serrés. Et si quelque chose change ou fait mal, parlez-en à un médecin plutôt que de multiplier les lavages.
Sources
Toutes les sources ont été consultées le 12/10/2026.
- [1] Hygiène intime masculine : comment nettoyer son sexe ? Santé publique France, site QuestionSexualité (date non affichée). https://www.questionsexualite.fr/connaitre-son-corps-et-sa-sexualite/l-hygiene-et-le-suivi-medical/hygiene-intime-masculine-comment-nettoyer-son-sexe
- [2] Que sont les mycoses génitales ? Santé publique France, site QuestionSexualité (date non affichée). https://www.questionsexualite.fr/s-informer-sur-les-infections-et-les-maladies/les-maladies-de-la-sphere-sexuelle/que-sont-les-mycoses-genitales
- [3] Balanitis. NHS, page revue le 30 mai 2023. https://www.nhs.uk/conditions/balanitis/
- [4] Tight foreskin (phimosis). NHS, page revue le 6 mars 2026. https://www.nhs.uk/conditions/phimosis/
- [5] Thrush in men and women. NHS, page revue le 28 juillet 2023. https://www.nhs.uk/conditions/thrush-in-men-and-women/
- [6] Personal hygiene. NHS Greater Glasgow and Clyde (Right Decisions, NHS Scotland), revue le 2 mars 2026. https://www.rightdecisions.scot.nhs.uk/ggc-sexual-health-supporting-adult-service-users-with-relationships-sexual-health-and-sexual-wellbeing/the-body/personal-hygiene/
- [7] Genital Hygiene, feuillet version 4.1 (janvier 2024). West of Scotland Sexual Health Managed Clinical Network, NHS Scotland. https://www.wossexualhealthmcn.scot.nhs.uk/wp-content/uploads/2024/07/Wst-of-Scotland-Genital-Hygiene-Leaflet-Final-4.1-Jan-24.pdf
- [8] Symptoms of testicular cancer. NHS, page revue le 2 avril 2024. https://www.nhs.uk/conditions/testicular-cancer/symptoms/
- [9] Truesdale MD et al. Prevalence of Pubic Hair Grooming-Related Injuries and Identification of High-Risk Individuals in the United States. JAMA Dermatology, 2017. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28813560/ (DOI 10.1001/jamadermatol.2017.2815)
- [10] Gaither TW et al. The influence of sexual orientation and sexual role on male grooming-related injuries and infections. The Journal of Sexual Medicine, 2015. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25442701/ (DOI 10.1111/jsm.12780)
- [12] Phimosis et paraphimosis. Manuel MSD, version pour le grand public, mise à jour en février 2026. https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/les-faits-en-bref-problèmes-de-santé-de-l-homme/maladies-du-pénis-et-des-testicules/phimosis-et-paraphimosis
- [13] Quels sont les numéros en cas d’urgence (Samu, pompiers…) et les numéros d’écoute ? Service-Public.gouv.fr (DILA), vérifié le 25 août 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F33954
