À retenir
- Mon bilan prévention est pris en charge à 100 % entre 45 et 50 ans inclus, une seule fois dans cette tranche [1][2].
- Entre 30 et 44 ans, aucune tranche de ce dispositif ne s’applique [1].
- Le dépistage du diabète de type 2 vise les 45 ans et plus qui ont au moins un facteur de risque. La HAS révise ces critères depuis janvier 2026 [11][12].
- Pour la prostate, la HAS ne recommande pas de dépistage par PSA, alors que l’AFU propose une détection individuelle. La décision se prend avec votre médecin [5][8].
- Le test du cancer colorectal concerne les 50-74 ans, tous les 2 ans [4].
Mon bilan prévention : pour qui, quand, et est-ce vraiment gratuit ?
Oui, c’est gratuit. Selon sante.fr, le bilan est « intégralement pris en charge par l’Assurance maladie » et vous n’avez rien à avancer [1]. Dans la tranche 30-50 ans, seuls les hommes de 45 à 50 ans inclus y ont droit. Les autres tranches sont 18-25, 60-65 et 70-75 ans [1][2].
Le bilan prend la forme d’un échange de 30 à 45 minutes sur vos habitudes de vie [1]. C’est vous qui choisissez le professionnel : un médecin (votre médecin traitant, par exemple), un infirmier, un pharmacien ou un masseur-kinésithérapeute [1]. Une carte des professionnels inscrits est disponible sur sante.fr [1].
Une règle à connaître : un seul bilan par tranche d’âge [1]. Si vous le faites à 46 ans, vous ne pourrez donc pas le refaire à 49.
De quoi parle-t-on pendant ce bilan ?
La FAQ de sante.fr liste cinq thèmes : l’alimentation, l’activité physique et les mobilités actives, l’influence de l’environnement sur la santé, le bien-être mental, et les addictions comme le tabac ou l’alcool [1]. Santé publique France cite en plus le sommeil et la santé sexuelle [2].
Peut-on le préparer à l’avance ?
Oui. Il existe un auto-questionnaire facultatif pour les 45-50 ans, qui sert à faire « un premier point sur mes habitudes de vie et mes priorités en santé » [3]. On le trouve en ligne, entre autres dans Mon Espace santé [1]. Le remplir avant le rendez-vous vous évite d’arriver les mains vides.
Et à 35 ou 40 ans ? Vous n’entrez dans aucune tranche du dispositif [1]. Rien ne vous empêche pour autant de parler prévention lors d’une consultation classique avec votre médecin traitant. C’est là que la liste de questions plus bas devient utile.
Que peut vérifier votre médecin entre 30 et 50 ans ?
Chez l’homme de 30 à 50 ans, peu d’examens dépendent de l’âge seul. La HAS demande au médecin traitant de mesurer la tension « quel que soit le motif de la consultation » [13]. Pour le reste, tout tient surtout à vos facteurs de risque (glycémie, prostate, antécédents familiaux). Voici les repères vérifiés, à discuter avec votre médecin.
| Âge | Dépistage, rappel ou dispositif | Source |
|---|---|---|
| 20-40 ans surtout | Autopalpation des testicules, recommandée par l’AFU (le cancer du testicule touche surtout cette tranche d’âge) | [10] |
| Tout âge adulte | Mesure de la tension à chaque consultation ; si elle est élevée, confirmation en dehors du cabinet | [13] |
| Nés à partir de 1980 | Être à jour signifie avoir reçu 2 doses de ROR | [15] |
| Tout âge adulte, si exposition au risque | Vaccin contre l’hépatite B (après 16 ans, uniquement en cas d’exposition) | [15] |
| 25, 45 et 65 ans, puis tous les 10 ans | Rappel diphtérie-tétanos-polio-coqueluche (dTcaP) | [15][16] |
| 45-50 ans inclus | Mon bilan prévention, une fois, pris en charge à 100 % | [1][2] |
| 45 ans et plus, avec au moins un facteur de risque | Glycémie veineuse à jeun au laboratoire, à refaire tous les 3 ans si elle est normale (critères en révision) | [11][12] |
| Dès 45 ans si facteurs de risque, 50-75 ans sinon (AFU) | Discussion sur le PSA et le toucher rectal ; la HAS ne recommande pas de dépistage par PSA | [5][8] |
| 50-74 ans | Test immunologique du cancer colorectal, à faire chez soi, tous les 2 ans | [4] |
| Tout âge, si antécédents personnels ou familiaux | Suivi colorectal adapté, défini par le médecin | [4] |
Tension artérielle : une mesure qui ne dépend pas de l’âge
La HAS fixe un objectif de tension inférieure à 140/90 mmHg [13]. Une valeur élevée au cabinet ne suffit pas pour poser un diagnostic. Elle doit être confirmée « en dehors du cabinet médical » [13], soit par automesure à domicile, soit par une mesure ambulatoire sur 24 heures.
Glycémie : une règle en cours de révision
Les critères appliqués aujourd’hui datent de 2003. Ils visent les personnes de 45 ans et plus qui présentent au moins un marqueur de risque [11]. Parmi ces marqueurs figurent un IMC supérieur à 28, une hypertension, un diabète chez un parent du premier degré, un HDL-cholestérol bas ou des triglycérides élevés, ou encore une origine non caucasienne [11].
Ces critères vont changer. En janvier 2026, la HAS a lancé leur actualisation, et elle étudie notamment l’intérêt de dépister avant 45 ans les personnes à risque élevé [12]. À la date où nous avons consulté ses publications, la nouvelle recommandation n’était pas encore parue.
Cholestérol : pas d’âge fixe
Nous n’avons trouvé aucune recommandation HAS en vigueur qui fixe un âge pour le bilan lipidique chez l’homme. En 2021, la HAS a lancé un travail sur l’évaluation du risque cardiovasculaire global, fondé sur une décision partagée entre le patient et son médecin [14]. Mieux vaut donc demander si ce bilan est utile dans votre cas plutôt qu’à quel âge le faire.
Vaccins : un carnet à ressortir
Le calendrier des vaccinations 2026 fixe les rappels diphtérie-tétanos-polio-coqueluche de l’adulte à 25, 45 et 65 ans, puis tous les 10 ans, avec un vaccin dTcaP [16]. La carte simplifiée de Santé publique France résume la même règle : 25 ans, puis tous les 20 ans jusqu’à 65 ans, puis tous les 10 ans [15]. Pour le ROR, les personnes nées à partir de 1980 doivent avoir reçu deux doses [15].
La prostate : que disent la HAS et l’AFU ?
Les deux positions divergent, et ce n’est pas à cet article de trancher. Pour la HAS, la mise en place d’un programme de dépistage par dosage du PSA « n’est pas recommandée, que ce soit en population générale ou chez les hommes à haut risque » [5]. L’Association française d’urologie (AFU) défend de son côté une détection précoce individuelle entre 50 et 75 ans [8].
La position de la HAS
La HAS estime que les connaissances actuelles ne permettent pas de recommander ce dépistage [7]. Elle ne ferme pas la porte à la discussion pour autant : le sujet « doit faire l’objet d’un dialogue entre l’homme et son médecin traitant » [6]. Ce dialogue doit apporter une information objective sur l’incertitude des bénéfices et sur les inconvénients possibles à chaque étape, du dosage du PSA à la biopsie puis aux traitements [6]. L’objectif est de permettre une « décision éclairée » [6].
Les documents HAS que nous avons consultés datent de 2012 à 2016 [5][6][7]. Nous n’avons pas trouvé de mise à jour plus récente.
La position de l’AFU
L’AFU propose une détection précoce « entre 50 et 75 ans », et « dès 45 ans » en présence de facteurs de risque [8]. Elle retient comme facteurs les antécédents familiaux de cancer de la prostate ou du sein, et une origine africaine ou afro-caribéenne [8]. Les examens proposés sont le dosage du PSA et le toucher rectal [8][9]. Pour la fréquence, la page de l’AFU indique « 2 ans », mais sous la mention « Fréquence optimale ? », point d’interrogation compris [8].
L’AFU insiste elle aussi sur une « information éclairée sur les modalités, les enjeux et les risques éventuels » [8]. Elle réserve cette démarche aux hommes qui ont une probabilité de survie prolongée, de 10 à 15 ans [8].
Ce que cela change pour votre consultation
Sur un point, les deux institutions sont d’accord : il faut être informé avant de décider. Si le sujet vous préoccupe, en particulier en cas d’antécédents familiaux, posez la question franchement à votre médecin et demandez-lui ce que le dosage apporterait, et ce qu’il risquerait, dans votre situation.
Quels sujets aborder au-delà des examens ?
Mon bilan prévention le montre bien : l’essentiel se joue dans les habitudes de vie. La FAQ de sante.fr cite les addictions (tabac, alcool), l’activité physique et le bien-être mental [1], et Santé publique France y ajoute le sommeil et la santé sexuelle [2]. Tous ces sujets ont leur place dans une consultation ordinaire.
Tabac
Si vous fumez, dites-le simplement. Tabac info service propose une ligne d’aide, le 39 89, et un annuaire pour trouver un tabacologue près de chez vous [19]. Votre médecin peut aussi vous orienter vers ces ressources.
Alcool
Santé publique France résume ses repères ainsi : « maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours », avec un plafond de 10 verres par semaine [17]. Faites le compte de votre consommation réelle avant la consultation. La discussion sera plus concrète.
Activité physique
Le repère est d’« au moins 30 minutes d’activités physiques dynamiques par jour », avec deux séances de renforcement musculaire par semaine [18]. Vous en êtes loin ? Ça fait justement un bon point de départ pour la discussion.
Sommeil et santé mentale
Fatigue qui dure, stress, moral en baisse : le bilan de prévention prévoit d’en parler, au même titre que l’alimentation [1][2]. Beaucoup d’hommes n’abordent pas ces sujets d’eux-mêmes. En parler permet au médecin d’en tenir compte.
Santé sexuelle
Santé publique France la compte parmi les sujets du bilan [2]. Côté prévention, l’AFU recommande aux hommes d’apprendre à vérifier eux-mêmes leurs testicules, par une autopalpation à deux mains [10]. Elle précise qu’une petite boule peut aussi être une infection, une tumeur bénigne ou un hématome [10].
Quelles questions poser à votre médecin ?
Une consultation passe vite, et des questions écrites évitent d’en oublier. La liste ci-dessous ne reprend que des points appuyés par une source, de la HAS à Santé publique France. Gardez celles qui vous concernent, inutile de toutes les poser.
Sur les mesures et examens
- « Ma tension est-elle dans les objectifs ? Faut-il que je la mesure aussi chez moi ? » [13]
- « Avec mon poids, ma tension ou mes antécédents familiaux, une glycémie à jeun est-elle utile ? » [11][12]
- « Mon risque cardiovasculaire justifie-t-il un bilan sanguin ? » [14]
- « J’ai des antécédents familiaux de cancer colorectal : dois-je être suivi autrement que par le test à partir de 50 ans ? » [4]
- « Que pensez-vous du dosage du PSA dans mon cas ? Quels en sont les avantages et les inconvénients ? » [6][8]
Sur les vaccins
- « Où en sont mes rappels, notamment celui prévu à 45 ans ? » [15][16]
- « Je suis né en 1980 ou après : ai-je bien reçu mes deux doses de ROR ? » [15]
Sur les habitudes de vie
- « Ma consommation d’alcool dépasse-t-elle les repères ? » [17]
- « Je fume : quelles aides existent pour arrêter ? » [19]
- « Est-ce que je bouge assez ? » [18]
- « Je dors mal, je me sens stressé ou à plat : peut-on en parler ? » [1][2]
- « Peut-on parler de santé sexuelle ? » [2]
- « Pouvez-vous me montrer comment m’autopalper les testicules ? » [10]
Si vous avez entre 45 et 50 ans
- « Puis-je faire Mon bilan prévention avec vous ? » [1]
FAQ
Ai-je droit à un bilan de prévention gratuit à 35 ans ?
Pas dans le cadre de Mon bilan prévention. Les tranches prévues sont 18-25 ans, puis 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans, bornes incluses [1]. À 35 ans, vous pouvez en revanche aborder ces sujets lors d’une consultation avec votre médecin traitant.
Qui peut réaliser Mon bilan prévention ?
Au choix : un médecin (dont votre médecin traitant), un infirmier, un pharmacien ou un masseur-kinésithérapeute [1]. L’échange dure 30 à 45 minutes. Il est pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais [1][2].
Faut-il demander un dosage du PSA ?
Il n’y a pas de réponse unique. La HAS ne recommande pas de dépistage par PSA et demande une information objective pour permettre une décision éclairée [6][7]. L’AFU propose une détection individuelle entre 50 et 75 ans, dès 45 ans en cas de facteurs de risque [8]. C’est à discuter avec votre médecin.
Quand faire le test du cancer colorectal ?
Le programme de dépistage concerne les personnes de 50 à 74 ans, avec un test immunologique à faire chez soi tous les 2 ans [4]. En cas d’antécédents personnels ou familiaux, le médecin oriente vers un suivi adapté à votre situation [4].
En pratique
À 30, 40 ou 50 ans, un bilan de santé utile tient moins à une batterie d’examens qu’à une bonne conversation avec votre médecin. Les repères chiffrés sont rares : la tension à chaque consultation, le rappel de vaccin à 45 ans, la glycémie après 45 ans en cas de facteurs de risque, le test colorectal à partir de 50 ans. Pour le reste, et surtout pour la prostate, votre situation compte plus que votre âge. Notez vos questions et apportez votre carnet de vaccination. Si vous avez entre 45 et 50 ans, pensez aussi à réserver votre bilan prévention.
Sources
Toutes consultées le 11/10/2026.
- [1] sante.fr, Mon bilan prévention : foire aux questions, publié le 04/05/2026. https://www.sante.fr/mon-bilan-prevention-foire-aux-questions
- [2] Santé publique France, Les bilans de prévention aux âges clés de la vie, mis à jour le 01/10/2026. https://www.santepubliquefrance.fr/la-sante-a-tout-age/les-bilans-de-prevention-aux-ages-cles-de-la-vie
- [3] sante.fr, Mon Bilan Prévention : auto-questionnaire pour les 45-50 ans, publié le 23/09/2024. https://www.sante.fr/node/8406005
- [4] sante.fr, Cancer colorectal : pourquoi se faire dépister ?, publié le 02/07/2024. https://www.sante.fr/le-depistage-du-cancer-colorectal-1
- [5] HAS, Détection précoce du cancer de la prostate, juin 2013. https://www.has-sante.fr/jcms/c_1623737/fr/detection-precoce-du-cancer-de-la-prostate
- [6] HAS, Dépistage du cancer de la prostate chez les populations d’hommes présentant des facteurs de risque : questions/réponses, avril 2012. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2012-04/questions_reponses_depistage_du_cancer_de_la_prostate_vdef.pdf
- [7] HAS, Avis n° 2016.0026/AC/SEESP du 16 mars 2016. https://www.has-sante.fr/jcms/c_2627033/fr/avis-n-2016-0026/ac/seesp-du-16-mars-2016-du-college-de-la-haute-autorite-de-sante-sur-un-document-d-information-a-destination-des-medecins-generalistes-concernant-le-depistage-du-cancer-de-la-prostate-chez-l-homme-asymptomatique-par-un-premier-dosage-du-psa
- [8] Association française d’urologie, Diagnostic précoce, recommandations des cancers urologiques : prostate, date non indiquée. https://www.urofrance.org/outils/recommandations-des-cancers-urologiques/prostate/demarche-diagnostique/diagnostique-precoce/
- [9] Association française d’urologie, Cancer de la prostate : le dépistage dès 50 ans, 14/11/2023. https://www.urofrance.org/2023/11/14/cancer-de-la-prostate-le-depistage-des-50-ans/
- [10] Association française d’urologie, Cancer du testicule : Messieurs palpez-vous !, 10/11/2023. https://www.urofrance.org/2023/10/24/cancer-du-testicule-messieurs-palpez-vous/
- [11] HAS, Principes de dépistage du diabète de type 2, 2003, mis à jour le 12/12/2006. https://www.has-sante.fr/jcms/c_464100/fr/principes-de-depistage-du-diabete-de-type-2
- [12] HAS, Note de cadrage : actualisation de la recommandation sur le dépistage du diabète de type 2, 14/01/2026. https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2026-01/dir3/note_cadrage_depistage_diabete_type_2_vf.pdf
- [13] HAS, Hypertension artérielle de l’adulte : dépister tôt, traiter mieux, 27/10/2016. https://www.has-sante.fr/jcms/c_2680281/fr/hypertension-arterielle-de-l-adulte-depister-tot-traiter-mieux
- [14] HAS, Risque cardiovasculaire global en prévention primaire et secondaire : note de cadrage, 2021. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3260825/fr/risque-cardiovasculaire-global-en-prevention-primaire-et-secondaire-evaluation-et-prise-en-charge-en-medecine-de-premier-recours-note-de-cadrage
- [15] Santé publique France, Calendrier simplifié des vaccinations 2026, mis à jour le 09/10/2026. https://www.santepubliquefrance.fr/vaccination/carte-postale/calendrier-simplifie-des-vaccinations-2026-carte-postale
- [16] Ministère chargé de la santé, Calendrier des vaccinations et recommandations vaccinales 2026, juillet 2026. https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/2026_07_calendrier_vaccinal-2026_a4_93p_v11.pdf
- [17] Santé publique France, Alcool et santé : améliorer les connaissances et réduire les risques, 26/03/2019. https://www.santepubliquefrance.fr/presse/alcool-et-sante-ameliorer-les-connaissances-et-reduire-les-risques
- [18] Manger Bouger (Santé publique France), Augmenter l’activité physique, date non indiquée. https://www.mangerbouger.fr/l-essentiel/les-recommandations-sur-l-alimentation-l-activite-physique-et-la-sedentarite/augmenter/augmenter-l-activite-physique
- [19] Tabac info service. https://www.tabac-info-service.fr/
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