À retenir
- AHA et BHA sont des exfoliants chimiques : ils dissolvent les cellules mortes de la peau [3].
- Les AHA se dissolvent dans l’eau et agissent en surface [27]. L’acide salicylique se dissout dans le gras et se concentre dans le pore [7][13].
- Après 4 semaines d’AHA, la peau rougit plus facilement sous les UV : sa sensibilité augmente de 18 %. L’écart disparaît une semaine après l’arrêt [1].
- En Europe, l’acide salicylique est limité à 2 % dans un soin visage (règlement (UE) 2019/1966 du 27 novembre 2019). Les AHA, eux, n’ont aucune limite de concentration dans le règlement cosmétique [4][5].
AHA et BHA, c’est quoi exactement ?
Ce sont des acides qui exfolient sans frotter. Un gommage décolle les cellules mortes en frottant. L’exfoliation chimique, elle, les dissout grâce à des acides de la famille des alpha et bêta-hydroxyacides [3]. Si vous hésitez encore entre les deux approches, notre guide des soins du visage les compare. Ici, on reste sur les acides.
Les AHA : glycolique, lactique, mandélique
Les AHA les plus courants dans les cosmétiques sont l’acide glycolique et l’acide lactique [1]. La FDA, l’autorité sanitaire américaine, cite aussi l’acide citrique [1]. L’acide glycolique est le plus simple de la famille, et c’est le premier à être entré dans les produits de soin [7].
L’acide mandélique est lui aussi un AHA, mais sa molécule est nettement plus grosse. Leur masse moléculaire (le « poids » de la molécule) donne une idée de l’écart : 72 pour l’acide glycolique, 90 pour l’acide lactique, 152 pour l’acide mandélique [15]. Leurs origines diffèrent aussi : canne à sucre pour le glycolique, lait ou fruits pour le lactique, amandes amères pour le mandélique [15].
Point commun : les AHA se dissolvent dans l’eau. Ils défont les liens entre les cellules des couches supérieures de la peau. Résultat, les petites peaux sèches de la surface tombent [27].
Le BHA, c’est (presque toujours) l’acide salicylique
Quand un flacon affiche « BHA », il s’agit en pratique d’acide salicylique. Sa particularité : il se dissout dans les graisses [7]. Une revue scientifique précise qu’il a une affinité pour les corps gras (on dit « lipophile »). Il se concentre donc dans le pore et sa glande à sébum [13].
Il ramollit la kératine, une protéine de structure de la peau : les dermatologues disent qu’il est « kératolytique » [21]. Dans le pore, il ralentit la desquamation, c’est-à-dire le détachement des cellules mortes, ce qui limite l’obstruction [21]. C’est pour cette action sur les comédons (points noirs et points blancs) qu’on le retrouve dans de nombreux produits contre l’acné [13].
Une nuance pour les curieux : des chercheurs, dont un ancien de la FDA, estiment que classer l’acide salicylique parmi les bêta-hydroxyacides est chimiquement incorrect [7]. Le terme est resté dans les rayons, et c’est celui que nous utilisons ici.
Et les PHA ?
Les PHA (polyhydroxyacides), comme la gluconolactone ou l’acide lactobionique, sont présentés comme une nouvelle génération d’AHA [7][14]. Ils auraient des effets proches, avec moins de picotements [7][14]. Restez prudent : ces affirmations reposent sur peu de travaux, dont une revue de 2004 [14]. Nous n’avons pas trouvé d’évaluation indépendante plus récente.
AHA ou BHA : le tableau comparatif
Les deux familles exfolient, mais pas de la même manière, et la loi européenne ne les traite pas pareil. Voici les écarts que nos sources permettent d’établir.
| Critère | AHA | BHA (acide salicylique) |
|---|---|---|
| Exemples (nom sur l’étiquette) | Glycolic acid, Lactic acid, Mandelic acid [1][5] | Salicylic acid [5] |
| Se dissout dans… | L’eau [27] | Les graisses [7][13] |
| Où il agit | Couches superficielles de la peau [3][27] | Surface et intérieur du pore [13][21] |
| Usages étudiés | Signes de l’âge dus au soleil, effet modeste [10] | Acné, points noirs, preuves faibles [12][13][20] |
| Soleil | Augmente la sensibilité aux UV, retour à la normale une semaine après l’arrêt [1][9] | Pas d’effet mis en évidence à 2 % dans un petit essai (14 personnes) [8] |
| Limite légale dans l’UE | Aucune limite chiffrée dans les annexes du règlement [5] | 2 % dans un soin visage ; interdit dans les produits pour enfants de moins de 3 ans [4] |
| Tolérance | Picotements ou brûlures possibles sur peau sensible [3] ; 1 abandon pour irritation sur 74 participantes dans un essai de 22 semaines [10] | Peut irriter ou brûler une peau saine [21] |
La grossesse n’apparaît pas dans ce tableau, volontairement. Les données sont trop maigres pour tenir dans une case : nous y consacrons une section plus bas.
Que montrent vraiment les études ?
Moins qu’on ne le croit. Les meilleures données sur les AHA décrivent un effet « modeste » sur les signes de l’âge [10]. Pour l’acné, la revue Cochrane de 2020 juge le bénéfice de l’acide salicylique et des AHA « pas clair » [12]. Et les deux familles n’ont presque jamais été comparées directement.
Les AHA atténuent-ils les signes de l’âge ?
Un peu. Le principal essai que nous avons retenu date de 1996. Il a inclus 74 femmes de 40 à 70 ans [10]. Leur visage montrait des signes de vieillissement dus au soleil assez marqués (on parle de photovieillissement « modérément sévère ») [10]. Pendant 22 semaines, elles ont appliqué deux fois par jour l’une de ces trois crèmes : acide glycolique à 8 %, acide lactique à 8 %, ou crème identique sans acide [10]. Les chercheurs ont noté l’aspect du visage sur une échelle de 0 à 9.
| Crème appliquée sur le visage (22 semaines) | Participantes avec au moins 1 point d’amélioration |
|---|---|
| Acide glycolique 8 % | 76 % |
| Acide lactique 8 % | 71 % |
| Crème identique sans acide | 40 % |
Part des participantes ayant gagné au moins 1 point (ou « grade ») sur l’échelle de vieillissement du visage dû au soleil (0 à 9) après 22 semaines. 74 femmes de 40 à 70 ans. Source : Stiller MJ et al., Archives of Dermatology, 1996 [10].
L’écart avec la crème sans acide est réel. Mais regardez la dernière ligne : 40 % des participantes ont vu une amélioration sans aucun acide. Les auteurs eux-mêmes parlent d’un effet « modeste » sur certains signes du photovieillissement [10]. Ils notent aussi une bonne tolérance, avec une seule sortie d’étude pour irritation [10].
Une étude pilote a observé une peau plus épaisse et un collagène plus dense après six mois d’une lotion à 25 % d’AHA [11]. Mais c’était sur l’avant-bras, dans une petite étude, à une concentration bien au-dessus des soins courants [11]. On ne peut pas en tirer de conclusion pour un sérum visage.
L’acide salicylique et les AHA marchent-ils contre l’acné ?
On ne sait pas vraiment. La revue Cochrane de 2020, une synthèse de référence, a rassemblé 49 essais et 3 880 participants. Elle portait sur plusieurs soins de l’acné à appliquer sur la peau, dont l’acide salicylique et les AHA [12]. Sa conclusion : le bénéfice de ces produits n’est « pas clair » [12]. La qualité des preuves est faible ou très faible pour la plupart des comparaisons [12]. Côté effets indésirables, des desquamations et des rougeurs ont été rapportées [12].
Le NHS, le service de santé britannique, cite l’acide salicylique parmi les produits à appliquer sur la peau qu’on peut essayer soi-même, en demandant conseil à un pharmacien [20]. Il rappelle aussi que les traitements sur ordonnance sont plus forts que ce qu’on trouve en pharmacie ou en magasin [20]. L’acide salicylique a donc sa place, sans être un traitement garanti.
Existe-t-il une étude qui compare AHA et BHA ?
Pas pour les soins à la maison, en tout cas nous ne l’avons pas trouvée. La seule comparaison directe recensée par Cochrane porte sur des peelings faits en cabinet [12]. Elle opposait un peeling à l’acide glycolique et un peeling salicylique-mandélique, chez 40 personnes [12]. Résultat : pas de différence nette, avec des preuves de faible qualité [12]. Et c’est un acte médical, pas un soin à la maison.
Combien de temps avant de juger ?
Au moins six semaines. Selon l’Académie américaine de dermatologie (AAD), la plupart des produits mettent au moins six semaines à agir, parfois jusqu’à trois mois [18]. Inutile donc de conclure au bout de quelques jours, dans un sens comme dans l’autre. Conseil pratique de la rédaction : notez la date de début quelque part, pour savoir quand faire le point.
Lequel choisir selon votre peau ?
Il n’existe pas de règle validée par des essais comparatifs. L’AAD donne toutefois des repères généraux pour l’exfoliation chimique [3], et les propriétés de chaque acide aident à s’orienter. Les pistes ci-dessous restent indicatives.
Peau grasse, plutôt épaisse, avec des points noirs. L’acide salicylique, soluble dans les graisses, est celui qui va dans le pore [7][13]. Une revue de 2010 note justement que cette propriété le rend utile pour les peaux grasses [7]. Et selon l’AAD, les peaux grasses et épaisses peuvent supporter des traitements chimiques plus forts [3].
Signes de l’âge liés au soleil. Ce sont les AHA qui ont été étudiés dans ce cas, avec le résultat modeste décrit plus haut [10]. En contrepartie, ils imposent une protection solaire sérieuse (voir la section suivante).
Peau sensible ou à tendance acnéique. L’AAD suggère qu’une peau sèche, sensible ou à tendance acnéique peut se contenter d’un simple gant de toilette et d’un exfoliant chimique doux [3]. Une peau sensible peut piquer ou brûler après l’application [3]. Les PHA sont parfois proposés dans ce cas, avec les réserves vues plus haut [14].
Peau foncée. C’est le cas où la prudence compte le plus. L’AAD conseille d’éviter les exfoliations chimiques ou mécaniques fortes sur une peau foncée, car elles peuvent laisser des taches [3]. Un produit qui irrite la peau peut lui aussi provoquer des taches sombres : s’il brûle ou pique, arrêtez-le [17]. Ces taches qui suivent une inflammation de la peau touchent tous les types de peau, mais davantage les peaux foncées [16].
AHA, BHA et soleil : lequel rend la peau plus sensible ?
Les AHA, nettement. D’après la FDA, après quatre semaines d’AHA, la peau de volontaires rougissait plus facilement sous les UV : sa sensibilité avait augmenté de 18 % [1]. Une semaine après l’arrêt, les chercheurs ne trouvaient plus de différence significative, c’est-à-dire plus d’écart qu’on puisse distinguer du hasard [1].
Leur sensibilité aux dommages que les UV causent aux cellules a même doublé en moyenne, avec de grandes différences d’une personne à l’autre [1]. Un autre essai, mené sur le dos de 29 personnes, a montré le même phénomène avec un acide glycolique à 10 % et à pH 3,5 [9]. C’était un essai bien conçu : les produits étaient attribués par tirage au sort, et ni les participants ni les chercheurs ne savaient qui recevait quoi [9]. Le pH mesure l’acidité : plus il est bas, plus le produit est acide.
Le comité scientifique européen chargé des cosmétiques va plus loin. Selon lui, un effet est possible dès 2,5 à 4 % d’acide glycolique (à pH 3,5) [6]. Les données ne lui ont pas permis de définir une dose sans effet [6].
Et l’acide salicylique ? Un autre essai, sur 14 personnes, a comparé l’acide glycolique à 10 % et l’acide salicylique à 2 %, appliqués sur le dos pendant trois semaines et demie [8]. Le glycolique augmentait la sensibilité aux UV ; avec le salicylique, aucun changement significatif (distinct du hasard) n’a été mesuré [8]. L’essai est petit, mené sur le dos et non sur le visage. Il ne veut pas dire qu’on peut se passer de protection solaire avec un BHA.
Le conseil de la FDA pour les produits AHA est clair : utiliser un écran solaire, porter des vêtements couvrants et limiter l’exposition pendant l’usage du produit et la semaine qui suit [1][2]. Il s’agit du cadre américain. Si vous ne le faites pas déjà, voyez pourquoi on conseille une crème solaire tous les jours, et ce que l’on sait du lien entre le soleil et le vieillissement de la peau.
Pour les peaux foncées, la protection solaire a un intérêt de plus : selon l’AAD, traiter des taches sombres commence par la crème solaire [17].
Que dit la réglementation européenne ?
Elle traite les deux familles très différemment. Le règlement (UE) 2019/1966 du 27 novembre 2019 plafonne l’acide salicylique à 2 % dans un soin visage. Il l’interdit aussi dans les produits pour enfants de moins de 3 ans [4]. Les AHA, eux, n’ont aucune limite de concentration dans le règlement cosmétique européen, selon la base officielle CosIng consultée le 14/10/2026 [5].
Acide salicylique : 2 %, et pas avant 3 ans
Le règlement de 2019 encadre l’acide salicylique utilisé pour son action sur la peau (et non comme conservateur) [4] :
- 3,0 % au maximum dans les produits à rincer pour les cheveux ;
- 2,0 % au maximum dans les autres produits ;
- aucun usage dans les lotions pour le corps, les ombres à paupières, les mascaras, les crayons pour les yeux, les rouges à lèvres et les déodorants à bille ;
- aucun usage dans les préparations pour enfants de moins de 3 ans, avec la mention « Ne pas employer chez les enfants de moins de 3 ans ».
Utilisé comme conservateur, il est limité à 0,5 % [4].
Ces limites sont celles du texte de 2019. Au 14/10/2026, la base CosIng renvoie toujours à cette ligne de la liste des substances encadrées (l’annexe III du règlement) [4][5].
Pourquoi tant de précautions ? En octobre 2018, l’acide salicylique a été classé « toxique pour la reproduction de catégorie 2 », c’est-à-dire suspecté de l’être [26]. Le comité scientifique européen pour la sécurité des consommateurs (CSSC) l’a ensuite jugé sans danger pour les consommateurs aux concentrations retenues [4]. Il l’a aussi décrit comme un irritant pour les yeux. Et il a signalé que des essais étaient en cours, en 2019, pour savoir s’il perturbe le système hormonal [4]. Nos sources ne donnent pas le résultat de ces essais.
AHA : pas de plafond légal, mais des recommandations
Dans la base européenne CosIng, l’acide glycolique, l’acide lactique, l’acide mandélique et la gluconolactone ne figurent dans aucune annexe du règlement (les listes de substances interdites ou encadrées). Il n’existe donc aucune limite de concentration au niveau de l’Union [5].
Les experts ont pourtant proposé des repères. Par précaution, le comité scientifique européen avait suggéré en 2000, puis maintenu en 2004 [6] :
- jusqu’à 4 % d’acide glycolique, à un pH d’au moins 3,8 ;
- jusqu’à 2,5 % d’acide lactique, à un pH d’au moins 5,0 ;
- des avertissements sur les yeux et le soleil.
Ces propositions n’ont pas été transformées en limite légale [5][6]. Aux États-Unis, un comité d’experts, le CIR (Cosmetic Ingredient Review), recommande au plus 10 % d’AHA et un pH d’au moins 3,5 [1].
Ces chiffres ne sont pas des conseils d’achat. Ils montrent simplement qu’un produit très concentré en AHA, vendu librement, peut dépasser de loin ce que ces experts jugeaient prudent. Au-delà de 20 %, on entre dans le domaine des peelings [7].
Comment les repérer sur l’étiquette ?
Regardez la liste des ingrédients (la liste INCI, au dos du produit). Les acides y apparaissent sous leur nom anglais [5][7] :
- AHA : Glycolic acid, Lactic acid, Mandelic acid ;
- BHA : Salicylic acid ;
- PHA le plus connu : Gluconolactone.
Peut-on les associer, ou les utiliser avec du rétinol ?
Aucune de nos sources ne fixe de règle pour mélanger AHA et BHA. Certains sites vantent une « synergie » entre les deux. Nous n’avons trouvé qu’un essai sur un sérum qui mélange acide glycolique et acide salicylique, et il ne permet pas de le vérifier [28]. Il a été mené par les concepteurs du sérum, sur 66 personnes suivies deux semaines [28]. D’après son résumé, il n’avait pas de groupe de comparaison, et ses résultats viennent surtout d’un questionnaire rempli par les participants [28].
L’AAD avertit en revanche qu’exfolier tout en utilisant un rétinoïde sur ordonnance ou un produit au rétinol peut aggraver la sécheresse, voire provoquer des boutons [3]. Prudence donc avec les cumuls.
L’AAD rappelle aussi que trop exfolier rend la peau rouge et irritée. Et on n’exfolie jamais une peau qui présente des coupures, des plaies ou un coup de soleil [3]. Sa règle sur la fréquence est résumée dans notre guide des soins du visage.
Introduisez un seul nouveau produit à la fois [18]. L’AAD conseille aussi de tester un produit sur une petite zone pendant 7 à 10 jours avant de l’adopter [19]. La méthode est détaillée dans notre article pour construire une routine visage simple. Si votre routine contient déjà d’autres actifs, comme la niacinamide, gardez la même logique : un changement à la fois.
Pendant la grossesse : ce qu’on sait et ce qu’on ignore
Aucune étude n’a été menée chez la femme enceinte sur l’acide salicylique ou l’acide glycolique appliqués sur la peau [22]. Une synthèse canadienne de 2011 (programme Motherisk) estime que leur passage dans le sang est faible et qu’ils sont peu préoccupants [22]. Elle date toutefois d’avant le classement européen de l’acide salicylique comme toxique suspecté pour la reproduction, en 2018 [26].
En France, le CRAT (Centre de référence sur les agents tératogènes) informe sur les risques des médicaments et produits pendant la grossesse. Il admet l’acide salicylique en application locale pour traiter des verrues, sur une petite surface de peau épaisse [23]. Sa page sur les traitements de l’acné ne parle ni de l’acide salicylique ni des AHA [24]. Il n’y a donc pas de position française sur un soin visage. DermNet rappelle aussi que l’acide salicylique peut passer à travers la peau de la mère [21].
Si vous êtes enceinte ou envisagez de l’être, parlez de vos soins à votre médecin, à votre sage-femme ou à votre pharmacien avant de commencer ou de continuer un produit acide.
Quand consulter
- Une brûlure, une rougeur, une démangeaison ou un gonflement qui persiste après l’arrêt du produit [17][19].
- Des taches sombres apparues après une irritation, surtout sur peau foncée [17]. Elles s’estompent en général en 6 à 12 mois quand elles sont de quelques tons plus foncées que la peau [17].
- Une acné qui ne s’améliore pas malgré les soins en vente libre, des boutons nombreux, profonds ou douloureux, des cicatrices, ou une acné qui pèse sur le moral [20].
- Une grossesse ou un projet de grossesse [21][22].
- L’envie d’un peeling plus fort : au-delà de 20 %, c’est un acte réalisé en cabinet [7], dont la profondeur dépend de la concentration, du nombre de couches et du temps de pose [25].
Questions fréquentes
AHA, BHA, PHA : quelle différence ?
Les AHA (glycolique, lactique, mandélique) se dissolvent dans l’eau et agissent en surface [27]. Le BHA, l’acide salicylique, se dissout dans les graisses et va dans le pore [7][13]. Les PHA, comme la gluconolactone, sont présentés comme une nouvelle génération d’AHA, moins irritante, d’après des travaux encore peu nombreux [7][14].
Acide glycolique ou acide lactique ?
Aucune étude ne désigne un gagnant. Ce sont deux AHA. L’acide glycolique a une molécule plus petite (masse moléculaire de 72 contre 90) [15]. Dans l’essai de 22 semaines sur le visage, leurs résultats étaient proches : 76 % et 71 % de participantes améliorées d’au moins un grade [10]. Le comité scientifique européen proposait des repères de précaution plus bas pour l’acide lactique [6].
L’acide salicylique est-il dangereux ?
Pas aux doses autorisées en cosmétique, selon les experts européens, avec quelques réserves. Il est classé toxique pour la reproduction de catégorie 2 (suspecté) depuis 2018 [26]. Mais les experts européens l’ont jugé sans danger en cosmétique aux limites fixées : 2 % dans un soin visage, pas dans les produits pour enfants de moins de 3 ans [4]. Il irrite les yeux [4]. Sur la peau, il est en général bien toléré, mais il peut irriter une peau saine [21]. L’allergie vraie est rare. Des réactions graves ont pourtant été signalées, dont l’anaphylaxie, une réaction allergique brutale qui touche tout l’organisme [21].
Faut-il choisir entre AHA, BHA et rétinol ?
Pas forcément, mais prudence avec les cumuls : l’AAD signale un risque de sécheresse et de boutons, détaillé plus haut dans la section sur les associations [3]. Elle conseille aussi de commencer par un seul produit, car plusieurs actifs à la fois peuvent irriter la peau [18].
Points noirs : acide salicylique ou acide glycolique ?
C’est l’acide salicylique qui a la propriété utile ici. Il se dissout dans les graisses et se concentre dans le pore [7][13]. Là, il ralentit le détachement des cellules mortes, ce qui limite l’obstruction [21]. Attention toutefois : le résumé de la revue Cochrane ne cite qu’une comparaison directe, et elle porte sur des peelings faits en cabinet (acide glycolique contre un mélange salicylique-mandélique) [12]. Et le bénéfice de ces acides dans l’acné y est jugé « pas clair » [12].
Alors, AHA ou BHA ?
Si ce sont les pores et les points noirs qui vous gênent, l’acide salicylique est celui qui y va, dans la limite légale de 2 % en Europe. Si ce sont plutôt les signes de l’âge liés au soleil, les AHA ont été davantage étudiés, à condition de prendre la protection solaire au sérieux. Peau sensible ou foncée : mieux vaut la douceur et un produit à la fois. Dans tous les cas, attendez au moins six semaines avant de juger [18], et n’attendez pas de miracle : les effets mesurés restent modestes.
Sources
Toutes les sources ont été consultées le 14/10/2026.
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- [3] How to safely exfoliate at home. American Academy of Dermatology (AAD), mise à jour le 06/02/2026. https://www.aad.org/public/skin-hair-nails/skin-care/exfoliation
- [4] Règlement (UE) 2019/1966 de la Commission du 27 novembre 2019 modifiant et rectifiant les annexes II, III et V du règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques. Commission européenne, JOUE L 307 du 28/11/2019. https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32019R1966
- [5] Base CosIng, fiches Salicylic acid, Glycolic acid, Lactic acid, Mandelic acid, Gluconolactone. Commission européenne. https://ec.europa.eu/growth/tools-databases/cosing/
- [6] Updated position paper concerning consumer safety of alpha-hydroxy acids (SCCNFP/0799/04). Comité scientifique des produits cosmétiques et non alimentaires, Commission européenne, 2004. https://ec.europa.eu/health/archive/ph_risk/committees/sccp/documents/out284_en.pdf
- [7] Kornhauser A, Coelho SG, Hearing VJ. Applications of hydroxy acids: classification, mechanisms, and photoactivity. Clinical, Cosmetic and Investigational Dermatology, 2010. https://doi.org/10.2147/CCID.S9042
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