Thés et boissons

Matcha : quels effets réels sur la santé ?

Pour l'instant, aucun bienfait propre au matcha n'est solidement prouvé. Les études montrent au mieux un léger effet sur l'attention, et elles sont petites, surtout japonaises, souvent liées à un producteur de thé. Le matcha est un thé vert cultivé à l'ombre puis moulu. On ne l'infuse pas : on avale la feuille entière. Une portion de 2 g apporte ainsi 35 à 90 mg de caféine selon la poudre, souvent plus qu'une tasse de thé vert (calcul de la rédaction). Le vrai point de vigilance, c'est l'aluminium : les 7 matchas testés par Que Choisir en 2026 en contenaient tous.

Bol de matcha fouetté et mousseux, avec un fouet et une cuillère en bambou sur une table en bois
Avec le matcha, on boit la feuille de thé entière, réduite en poudre : c'est ce qui change tout pour les quantités ingérées. (Illustration générée par IA.)

À retenir

  • Le matcha se boit en entier : la poudre est délayée ou fouettée dans l’eau chaude, puis avalée sans filtration [5].
  • Une portion de 2 g contient environ 35 à 90 mg de caféine selon le produit (calcul de la rédaction) [11][12][24]. Un café filtre de 200 ml en contient environ 90 mg [1].
  • Le fameux « 137 fois plus d’EGCG » (l’EGCG est un composé du thé vert de la famille des catéchines) vient d’une étude de 2003 qui comparait le matcha à un seul thé vert [13]. En 2023, par gramme de feuille, matchas et thés verts en sachet en contenaient à peu près autant : les écarts mesurés n’étaient pas statistiquement significatifs [11].
  • Les essais chez l’humain portent sur 13 à 99 personnes. Ils sont menés surtout au Japon et souvent liés au producteur de thé ITO EN. Résultat : un léger effet sur l’attention, rien de prouvé sur la mémoire, le sommeil mesuré ou le cœur [10][16][20][21].
  • Sur les 7 matchas testés par Que Choisir, quatre dépassaient la valeur de référence de l’Anses pour une personne de 70 kg buvant une tasse par jour [7].

Pourquoi le matcha n’est-il pas un thé vert comme les autres ?

Parce qu’on boit la feuille, pas son infusion. Le BfR, l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques, décrit une poudre délayée ou fouettée dans l’eau chaude, puis bue entièrement, sans filtration. Dans ses calculs, il compte donc 100 % de la poudre comme avalée [5]. Tout ce que contient la feuille finit dans l’organisme.

La plante est pourtant la même que pour les autres thés ; c’est la culture qui change. Avant la récolte, les théiers sont protégés du soleil. Les feuilles accumulent alors davantage de théanine (un acide aminé du thé), de caféine et de chlorophylle [9][31]. Elles sont ensuite moulues très finement.

Il y a là un petit paradoxe. Les catéchines sont des composés du thé, de la famille des polyphénols, souvent mis en avant pour leur effet antioxydant. Cultivée à l’ombre, la feuille de matcha en contient moins qu’un thé vert poussé au soleil. Mais une fois la poudre dissoute, la tasse en apporte environ trois fois plus qu’un thé vert en feuilles, selon une revue de 2023 qui cite une étude de 2016 [10]. La feuille n’a rien d’extraordinaire : simplement, on la boit au lieu de la laisser dans la théière.

Les effets du thé vert en infusion (poids, cholestérol, tension, cancer) sont détaillés dans notre article sur les bienfaits du thé vert, études à l’appui. Et pour comprendre comment une même plante donne des thés si différents, voyez thé vert ou thé noir : lequel choisir.

Que contient une portion de matcha ?

Pour 2 g de poudre, comptez 35 à 90 mg de caféine (calcul de la rédaction) [11][12][24]. Il n’existe pas de portion officielle, mais les essais cliniques et le BfR raisonnent sur environ 2 g [5][17][20]. L’écart est grand, et il dépend entièrement de la poudre.

Boisson Portion Caféine EGCG Théanine Source
Matcha (essai Baba, 2021) 2,07 g 72,5 mg n.d. (171 mg de catéchines totales) 50,3 mg [10]
Matcha (essai Baba, 2024) 2,7 g 71,5 mg n.d. (301,4 mg de catéchines totales) 50,3 mg [21]
Matcha (essai Dietz, 2017) 4 g 136 mg 280 mg 67 mg [12]
Matcha, calcul de la rédaction 2 g environ 35 à 90 mg environ 25 à 175 mg environ 5 à 90 mg [11][12][24]
Thé vert infusé (mesure de laboratoire) 200 ml 11 mg non mesuré 12,5 mg [28]
Thés blancs, verts ou noirs infusés (20 thés) 177 à 237 ml 14 à 61 mg non mesuré non mesuré [29]
Expresso 60 ml environ 80 mg sans objet sans objet [1]
Café filtre 200 ml environ 90 mg sans objet sans objet [1]

Ordres de grandeur issus de sources et de méthodes différentes. La ligne « 2 g » est un calcul de la rédaction : 2 g multipliés par les teneurs par gramme les plus basses et les plus hautes mesurées [11][12][24]. Pour la caféine, la valeur basse exclut un échantillon atypique à 6 mg/g [12]. n.d. : non détaillé, seules les catéchines totales sont publiées.

Combien de caféine dans un bol de matcha ?

Tout dépend de la poudre : d’un produit à l’autre, la caféine par gramme va presque du simple au double. Dix matchas du commerce analysés aux États-Unis en contenaient de 17,7 à 35,0 mg par gramme [11]. Dans une étude japonaise, six matchas sur sept se situaient entre 37 et 44 mg/g, le septième à peine à 6 mg/g [12]. Une analyse publiée en 2026 trouve 41,8 mg/g [24].

L’EFSA, l’autorité européenne de sécurité des aliments, compte environ 80 mg pour un expresso et 90 mg pour un café filtre de 200 ml [1]. Un bol de 2 g va donc de moins de la moitié d’un expresso à presque autant qu’un café filtre (calcul de la rédaction). Le thé infusé reste en général en dessous [28][29] :

  • 11 mg pour 200 ml de thé vert, dans une mesure de laboratoire ;
  • 14 à 61 mg par tasse, sur vingt thés blancs, verts et noirs, dans une autre étude.

Théanine : surtout dans les matchas vendus au Japon

La théanine est souvent associée à une impression de calme. Dans le matcha, sa teneur varie énormément : de 2,5 à 44,7 mg par gramme selon sept poudres analysées [12]. Les mêmes chercheurs ont compté les matchas au-dessus de 17 mg/g, seuil à partir duquel ils jugent un effet anti-stress possible. Ils en ont trouvé 50 sur 76 au Japon, contre 6 sur 67 vendus à l’étranger [12].

Cérémonial ou culinaire : le plus cher est-il le meilleur ?

Pas forcément. Le matcha « cérémonial », le plus cher, contient en moyenne plus de caféine que le « culinaire » : 31,5 mg/g contre 26,3 mg/g [11]. Les thés verts en sachet ou gunpowder de la même étude en avaient 23,1 mg/g, nettement moins que les cérémoniaux [11]. Une étude de 2025 sur trois qualités va dans le même sens. Du grade cérémonial au grade alimentaire, acides aminés et caféine diminuent, tandis que les polyphénols augmentent [14].

Plus surprenant, les matchas culinaires, moins chers, avaient davantage de composés phénoliques (la famille des polyphénols) que les cérémoniaux. Leur pouvoir antioxydant, mesuré en laboratoire, était aussi meilleur [11]. « Cérémonial » sur l’étiquette ne promet donc pas un produit plus sain. Quant aux chiffres d’un essai, ils ne valent pas pour n’importe quelle boîte : la qualité va du cérémonial haut de gamme à des poudres bien plus modestes [15][12].

« 137 fois plus d’antioxydants » : d’où vient ce chiffre ?

D’une étude de 2003 qui comparait le matcha à un seul thé vert du commerce, un « China Green Tips » [13]. Face aux autres thés verts publiés, la même étude estimait l’EGCG disponible dans le matcha « au moins trois fois » supérieur à la valeur la plus haute [13]. On est loin de 137.

Vingt ans plus tard, une équipe américaine a analysé 15 thés du commerce. Par gramme de feuille, voici l’EGCG mesuré en moyenne [11] :

  • 46,1 mg pour les thés verts en sachet ou gunpowder ;
  • 50,5 mg pour les matchas culinaires ;
  • 56,6 mg pour les matchas cérémoniaux.

Ces écarts n’étaient pas statistiquement significatifs : ils pouvaient tenir au hasard [11]. Les thés en sachet avaient même plus de composés phénoliques et un pouvoir antioxydant plus élevé que les matchas [11].

Le matcha n’apporte-t-il donc rien de plus ? Ce serait aller trop vite. Ces mesures portent sur la feuille sèche, extraite au solvant en laboratoire, pas sur le contenu d’une tasse [11]. Comme on avale toute la poudre, un bol de matcha apporte davantage de catéchines qu’une infusion dont on jette les feuilles [10].

Quant aux « 10 fois » ou « 100 fois plus » que l’on lit sur certains sites de marques, nous n’avons trouvé aucune source pour les étayer.

Que montrent les études sur le matcha chez l’humain ?

Peu de choses solides pour l’instant. Une revue critique de 2023 a fait le point sur les essais randomisés, ceux où l’on tire au sort qui reçoit le matcha. Le matcha diminuerait le stress et améliorerait légèrement l’attention et la mémoire, sans effet sur l’humeur. Mais les résultats sur la cognition sont contradictoires, et pour les auteurs, aucune conclusion ne peut encore être tirée [10].

Le matcha aide-t-il à se concentrer ?

Un peu, peut-être, et en partie grâce à sa caféine. Aux Pays-Bas, 23 volontaires ont testé du matcha (4 g) en boisson et en barre. Les progrès portaient surtout sur l’attention de base et la vitesse de réaction. Sur les autres tâches, l’effet était à peine visible, et l’humeur n’a pas bougé. Les auteurs parlent eux-mêmes d’effets légers [16].

Au Japon, 42 adultes de 25 à 34 ans ont pris 2 g de matcha par jour pendant deux semaines. D’autres ont reçu un placebo, un produit factice qui lui ressemble. Après un petit stress provoqué, le groupe matcha répondait plus vite au test de Stroop, qui mesure l’attention, et reconnaissait mieux les émotions. Les autres tests n’ont montré aucune différence [17]. Chez des personnes de 50 à 69 ans, le gain observé après une prise unique de matcha était probablement dû à la caféine, selon les auteurs [18].

Le matcha protège-t-il la mémoire en vieillissant ?

Rien ne le montre. L’essai le plus long a suivi pendant 12 mois 99 personnes âgées présentant un déclin cognitif. Elles prenaient chaque jour 2 g de matcha ou un placebo. L’essai devait d’abord mesurer deux choses : un test de mémoire et de réflexion (le MoCA) et l’autonomie au quotidien. Sur ces deux critères principaux, rien n’avait changé de façon significative au bout d’un an [20]. Seule la reconnaissance des émotions sur les visages, un critère secondaire, s’est améliorée [20].

Un autre essai de 12 semaines chez 61 personnes âgées, à 3 g par jour, a trouvé un meilleur score au MoCA, mais seulement chez les femmes, dans une analyse séparée par sexe [19]. Un résultat obtenu dans un sous-groupe reste fragile.

Le matcha calme-t-il le stress et aide-t-il à dormir ?

Les effets positifs sont surtout ressentis par les participants ; les mesures objectives montrent peu de chose. Chez 39 étudiants, l’anxiété liée au stress était plus faible avec un matcha choisi pour sa composition qu’avec un matcha « placebo » [12]. Chez la souris, l’effet n’apparaissait qu’à une condition : qu’il y ait, en nombre de molécules, moins de deux fois plus de caféine et d’EGCG réunis que de théanine et d’arginine réunies [12]. Les mêmes auteurs reconnaissent que l’effet anti-stress attendu de la théanine du matcha n’est pas scientifiquement prouvé [12]. Une revue systématique de 2026, c’est-à-dire une synthèse méthodique des études publiées, juge faible la certitude des preuves sur le cortisol, l’hormone du stress [30].

Côté sommeil, des volontaires ont pris 2,7 g de matcha par jour pendant quatre semaines. L’enregistrement de l’activité du cerveau pendant la nuit (électroencéphalogramme) n’a montré aucun changement [21] : ni sur la durée totale, ni sur le temps d’endormissement, ni sur les réveils nocturnes, ni sur l’efficacité du sommeil. Seule la qualité de sommeil ressentie semblait meilleure [21].

Cœur, métabolisme, cancer : pas d’essai chez l’humain

Les effets du matcha sur le cœur, la glycémie ou le cholestérol n’ont été étudiés que chez l’animal. Les données sur un effet contre les tumeurs sont « très limitées » [10]. Pour la stéatose hépatique (le « foie gras »), une revue de 2025 voit des pistes, surtout chez l’animal, mais réclame des études plus grandes et plus longues [32].

Poids : un effet minime

Dans un essai, 13 femmes ont bu du matcha la veille et deux heures avant une marche rapide de 30 minutes. Les graisses brûlées pendant l’effort sont passées de 0,31 à 0,35 g par minute [22]. Les auteurs préviennent qu’il ne faut pas surestimer cet effet dans un programme d’amaigrissement [22]. Dans un autre essai chez 30 jeunes femmes, 3 g de matcha n’ont pas fait mieux qu’un placebo sur l’activité de la graisse brune, en analyse principale [23]. La graisse brune est un tissu qui produit de la chaleur en brûlant de l’énergie.

Qui finance ces études ?

Plusieurs des essais cités ici sont liés à ITO EN, un producteur japonais de thé. Selon les cas, des auteurs y sont affiliés ou salariés, ou l’entreprise a financé l’essai et fourni le matcha [17][18][20][21]. D’autres liens existent :

  • un essai compte Nestlé Japan parmi les affiliations des auteurs, et il a été financé en partie par un groupe de recherche sur le matcha, le Matcha Health Research Group [19] ;
  • l’essai sur la marche utilisait le matcha d’une marque britannique, OMGTea [22] ;
  • celui sur la graisse brune a reçu un financement d’un programme « Matcha and Health Research ». Selon les auteurs, ce financeur est resté à l’écart de l’analyse. Le matcha venait d’un fabricant japonais de thé, Kyoeiseicha [23][33].

La plupart des participants étaient par ailleurs japonais, habitués au thé vert [10][18].

Cela ne rend pas les résultats faux. Mais pour savoir ce qu’apporte un matcha acheté en France, il faudrait des essais indépendants menés ailleurs qu’au Japon. La revue de 2023 voit d’ailleurs une limite possible de toutes ces études dans l’écart de qualité entre matchas vendus au Japon et à l’étranger [10].

Le matcha est-il risqué pour le foie ?

Avec un ou deux bols par jour, l’EGCG apporté reste dans la fourchette des buveurs d’infusion de thé vert, si l’on se fie aux teneurs moyennes mesurées (calcul de la rédaction, détaillé plus bas). L’EFSA juge sûres, en général, les catéchines des infusions de thé vert et des boissons de composition équivalente, aux quantités consommées en Europe [3]. Le seuil préoccupant concerne les compléments alimentaires. À partir de 800 mg d’EGCG par jour pris sous cette forme, les essais montrent une hausse significative des transaminases, des marqueurs du foie mesurés par prise de sang [2][3]. L’avis de l’EFSA décrit le matcha, mais ne l’évalue pas à part [3].

Où se situe un bol ? Avec les teneurs moyennes mesurées en 2023, 2 g de matcha apportent environ 100 à 115 mg d’EGCG (calcul de la rédaction d’après [11]). C’est dans la fourchette des buveurs d’infusion européens : l’EFSA l’estime entre 90 et 300 mg par jour, et jusqu’à 866 mg chez les plus gros consommateurs [3]. Toujours avec ces moyennes, il faudrait 14 à 16 g de matcha par jour pour atteindre 800 mg, soit 7 à 8 bols de 2 g. Avec la poudre la plus riche mesurée, il en faudrait environ 9 g (calcul de la rédaction d’après [11][12]).

EGCG par jour : où se situe un bol de matcha ? Apport quotidien d’EGCG, en milligrammes par jour. 2 g de matcha avec les teneurs moyennes mesurées en 2023 : environ 100 à 115 mg (calcul de la rédaction d’après Meyer et al., 2023). Buveurs d’infusion de thé vert, moyenne des adultes de l’Union européenne : 90 à 300 mg (EFSA, 2018). Plus gros buveurs d’infusion : jusqu’à 866 mg (EFSA, 2018). Seuil observé avec des compléments alimentaires, hausse des transaminases : 800 mg (EFSA, 2018). Ce seuil concerne des compléments, pas une boisson. EGCG par jour : où se situe un bol de matcha ? En milligrammes par jour. Barre : fourchette ou maximum ; ligne pointillée : seuil. Le seuil de 800 mg a été observé avec des compléments, pas avec une boisson. 0 200 400 600 800 mg/jour Seuil observé avec des compléments : 800 2 g de matcha teneurs moyennes, calcul Buveurs d’infusion de thé vert moyenne des adultes de l’UE Plus gros buveurs d’infusion adultes de l’UE ≈ 100 à 115 90 à 300 jusqu’à 866 Sources : EFSA, avis sur les catéchines du thé vert, 2018 ; Meyer et al., Plant Foods for Human Nutrition, 2023. Ligne matcha : calcul de la rédaction (2 g × 50,5 à 56,6 mg/g).
Apport quotidien d’EGCG, en mg. Le seuil de 800 mg a été observé avec des compléments, pas avec une boisson. Sources : EFSA, 2018 ; Meyer et al., 2023. Ligne matcha : calcul de la rédaction (2 g × 50,5 à 56,6 mg d’EGCG par gramme). Valeurs dans le tableau ci-dessous.
Apport quotidien d’EGCG Milligrammes par jour Source
2 g de matcha, teneurs moyennes (calcul de la rédaction) environ 100 à 115 Meyer et al., 2023 [11]
Buveurs d’infusion de thé vert, moyenne des adultes de l’UE 90 à 300 EFSA, 2018 [3]
Plus gros buveurs d’infusion jusqu’à 866 EFSA, 2018 [3]
Seuil observé avec des compléments (hausse des transaminases) 800 EFSA, 2018 [2][3]

Ce calcul ne garantit rien : il compare une boisson à un seuil observé avec des compléments, pris dans d’autres conditions. De rares atteintes du foie ont d’ailleurs été décrites même avec des infusions classiques. Elles sont très probablement dues à une réaction propre à la personne, dite idiosyncrasique [3]. Les compléments au thé vert ou au matcha relèvent d’une autre logique : la réglementation et les cas analysés par l’Anses sont détaillés dans notre article sur le thé vert.

Aluminium dans le matcha : faut-il s’inquiéter ?

Il y a de quoi s’informer, pas de quoi paniquer. Comme on avale la feuille, on avale aussi l’aluminium qu’elle contient [5].

Ce qu’a mesuré l’agence allemande BfR en 2019

Trois échantillons analysés en Allemagne contenaient 1 743, 1 775 et 2 350 mg d’aluminium par kilo de poudre [5]. L’EFSA a fixé une dose hebdomadaire tolérable : la quantité qu’on peut avaler chaque semaine, toute sa vie, sans risque notable. Elle est de 1 mg par kilo de poids corporel et par semaine. Prenons un adulte de 60 kg qui boirait chaque jour 2 g du matcha le plus chargé : le BfR calcule qu’il atteindrait 55 % de cette dose. Avec environ deux portions par jour, on arrive à 100 % [5].

L’agence reste prudente. Trois échantillons ne suffisent pas à connaître la teneur habituelle d’un matcha, et la gravité du risque ne peut pas être chiffrée faute de données [5]. Elle évoque aussi une absorption peut-être réduite, l’aluminium pouvant se lier aux polyphénols du thé, une hypothèse encore discutée. Elle ne donne aucune recommandation aux consommateurs. Mais elle rappelle qu’à long terme, des apports élevés d’aluminium peuvent nuire au système nerveux, à la capacité de reproduction et au développement osseux [5].

Le repère français de l’Anses (2025)

En 2025, l’Anses a fixé un repère de sécurité, appelé valeur toxicologique de référence (VTR) : 40 µg d’aluminium par kilo de poids corporel et par jour, par voie orale [6]. Un µg (microgramme) vaut un millième de milligramme. Or l’alimentation des adultes en apporte déjà en moyenne 40,3 µg/kg/j, selon la grande étude française sur l’alimentation totale (EAT2) [6]. L’agence juge cette VTR « conservatrice », c’est-à-dire prudente [6]. La marge est donc mince pour tout le monde, avant même la première tasse de matcha.

Un ordre de grandeur, à prendre comme tel. 2 g de la poudre la plus chargée mesurée par le BfR contiennent 4,7 mg d’aluminium. Pour une personne de 70 kg, la VTR de l’Anses correspond à 2,8 mg par jour. Cette portion représente donc environ 1,7 fois la VTR (calcul de la rédaction d’après [5][6]). Ce calcul porte sur l’échantillon le plus contaminé connu, pas sur un matcha « moyen », dont on ignore la teneur.

Le test de Que Choisir (septembre 2026)

L’association a analysé « 7 références de différents prix, de qualité variable » : toutes contenaient de l’aluminium [7]. Quatre d’entre elles « excèdent la valeur de référence fixée par » l’Anses, « dans les conditions d’une personne de 70 kg buvant une tasse par jour » [7]. Pour le produit le plus chargé, Que Choisir écrit : « Presque quatre fois la valeur de référence en une seule tasse ! » [7].

Les concentrations mesurées et la taille de la tasse ne figurent pas dans la partie de l’article en accès libre, et nous ne les connaissons pas. L’association souligne aussi que l’Union européenne n’a « pas défini de teneur maximale réglementaire pour l’aluminium dans les aliments et les boissons » [7].

Que faire en pratique ?

Il n’existe pas de quantité maximale officielle : le BfR ne formule aucune recommandation, et l’avis de l’Anses ne parle pas du matcha [5][6]. Ce qui est sûr, c’est que l’apport monte avec le nombre de portions et que les produits varient beaucoup. Les données publiques ne permettent pas non plus de désigner une poudre moins chargée qu’une autre, puisque le détail du test Que Choisir n’est pas en accès libre [7]. Que Choisir conclut qu’il « serait donc temps, pour les amateurs, de lever le pied sur les matchas latte ou les cookies au matcha » [7].

Chez l’enfant, le BfR note que l’apport viendrait moins du matcha bu chaud que des aliments auxquels on ajoute de la poudre [5]. Gâteaux, glaces ou biscuits au matcha comptent donc aussi.

Comment boire du matcha sans excès ?

Aucun nombre de bols n’est recommandé officiellement. Le repère le plus utile reste la caféine. L’EFSA juge sans risque, pour un adulte, jusqu’à 400 mg par jour et jusqu’à 200 mg en une prise, toutes sources confondues [1]. Le matcha s’additionne donc au café, au thé et aux sodas de la journée.

Le matcha empêche-t-il de dormir ?

Il peut, surtout le soir. Selon l’EFSA, 100 mg de caféine pris près du coucher peuvent perturber le sommeil de certains adultes [1]. Un bol de 2 g dans le haut de la fourchette, autour de 90 mg, s’en approche (calcul de la rédaction). Et la caféine traîne. Chez l’adulte en bonne santé, il faut en moyenne quatre heures pour en éliminer la moitié, mais cela va de deux à huit heures. Ce délai dépend notamment de l’âge, du poids, d’une grossesse, des médicaments pris et de l’état du foie [34]. Si vos nuits sont fragiles, gardez le matcha pour la première partie de la journée. Les repères par situation sont détaillés dans combien de caféine est-ce trop.

Matcha latte : la boisson change de nature

Un matcha latte n’est plus seulement du thé : on y ajoute du lait, souvent du sucre ou du sirop. L’OMS recommande de limiter les sucres libres à moins de 10 % de l’énergie apportée chaque jour par l’alimentation, idéalement 5 % ou moins [8]. Les sucres libres, ce sont ceux ajoutés aux aliments et aux boissons, plus ceux des sirops et du miel [8]. Quand c’est possible, jetez un œil à la fiche nutritionnelle : voici comment lire une étiquette nutritionnelle. Conseil pratique de la rédaction : au café, demandez votre latte sans sirop ou peu sucré, et goûtez avant d’en ajouter.

Matcha et fer : faut-il l’éloigner des repas ?

Seulement si vous risquez de manquer de fer. Le thé limite l’absorption du fer non héminique, celui des végétaux notamment. En bonne santé, rien à changer. En cas de risque de carence, buvez-le entre les repas, au moins une heure après avoir mangé [26]. Ce conseil vient d’une revue sur le thé noir ; nous n’avons trouvé aucune étude propre au matcha. Le détail est dans notre article sur le thé vert.

Quand consulter

Parlez-en à votre médecin, à votre sage-femme ou à votre pharmacien :

  • si vous êtes enceinte ou allaitez, car le matcha compte dans votre caféine de la journée (voir la question dédiée ci-dessous) ;
  • si vous prenez un traitement. Chez des volontaires sains, le thé vert infusé a réduit d’environ 85 % la quantité de nadolol, un bêtabloquant, dans le sang [25]. Le matcha, lui, n’a été testé que chez le rat : effets jugés « négligeables », sauf une élimination plus lente du médicament (demi-vie allongée) [24]. Les autres précautions sont décrites dans notre article sur le thé vert ;
  • si vous avez déjà eu une carence en fer ou une anémie [26].

Palpitations, nervosité ou insomnie après un bol de matcha ? Réduisez la caféine et consultez si ces symptômes persistent. Les signes d’excès sont détaillés dans notre article sur la caféine.

Questions fréquentes

Le matcha contient-il plus de caféine que le café ?

Pas forcément. Une portion de 2 g apporte 35 à 90 mg de caféine selon la poudre (calcul de la rédaction) [11][12][24]. Un expresso en contient environ 80 mg, un café filtre de 200 ml environ 90 mg [1]. Avec 4 g, comme dans un essai néerlandais, on monte à 136 mg [12].

Le matcha est-il un excitant ?

Oui, à cause de sa caféine. L’EFSA indique que son effet stimulant peut se faire sentir 15 à 30 minutes après la prise et durer plusieurs heures [34]. On lit parfois que la caféine du matcha agirait plus en douceur ou plus longtemps que celle du café. Nous n’avons trouvé aucune étude chez l’humain qui le montre.

Combien de matcha par jour ?

Aucune autorité ne fixe de quantité. Comptez plutôt la caféine : jusqu’à 400 mg par jour pour un adulte et 200 mg par prise, toutes sources comprises [1]. Pour l’aluminium, les poudres varient trop pour donner un chiffre, et le BfR ne formule aucune recommandation [5][7].

Peut-on boire du matcha enceinte ?

Il compte dans votre caféine de la journée. Pendant la grossesse, l’EFSA et le NHS retiennent un plafond de 200 mg de caféine par jour, toutes sources confondues [1][4]. Le détail est dans notre article combien de caféine est-ce trop, et votre sage-femme ou votre médecin peut vous conseiller.

Le matcha contient-il de l’aluminium ?

Oui, en quantité variable. Trois échantillons analysés par le BfR en contenaient de 1 743 à 2 350 mg par kilo [5], et les 7 matchas testés par Que Choisir en 2026 en contenaient tous [7]. L’Union européenne n’a fixé aucune teneur maximale pour l’aluminium dans les aliments et les boissons [7].

Alors, le matcha est-il bon pour la santé ?

C’est une façon agréable de boire du thé vert. Comme on avale la feuille, une tasse apporte plus de caféine et de théanine qu’une infusion [5][10]. Ses bienfaits propres restent à démontrer par des essais plus grands et indépendants des producteurs [10]. L’aluminium, mal chiffré mais bien présent [5][7], incite à en faire un plaisir parmi d’autres plutôt qu’une boisson à volonté. Pour situer le matcha parmi les autres boissons, voyez notre guide des thés, cafés et infusions.

Sources

Sources consultées le 14/10/2026.

Écrit par M. A. B.

Fondateur de Conception Santé. Chaque article répond à une question concrète du quotidien et s'appuie sur des sources officielles et scientifiques (HAS, Anses, OMS, études publiées), vérifiées avant publication. Les articles sont préparés avec l'aide d'outils d'IA puis relus. En cas de problème de santé, consultez un médecin ou un pharmacien.

Article préparé avec l’aide d’outils d’IA, à partir de sources scientifiques et institutionnelles vérifiées, puis relu par la rédaction. Information générale : ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Notre méthode