Nutrition

Manger des œufs tous les jours : bénéfices, limites et combien en manger

Pour un adulte en bonne santé, un œuf par jour n'est pas lié à plus de maladies du cœur et des vaisseaux, d'après les grandes synthèses d'études. En France, il n'existe d'ailleurs aucune limite officielle : le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) estime qu'« aucun argument scientifique ne permet d'établir un repère ou une limite ». Deux nuances tout de même. Ces études observent des populations sans prouver de cause, et leurs preuves restent faibles. Et le jaune fait monter un peu le « mauvais » cholestérol (LDL) chez certaines personnes. Cholestérol élevé, cholestérol familial ou diabète : la bonne quantité se discute avec votre médecin.

Œufs à la coque, œuf poché sur pain complet et œufs entiers sur une table en bois
L'œuf est riche en protéines et en choline ; en France, aucun repère ne fixe un nombre maximal par semaine. (Illustration générée par IA.)

À retenir

  • La France ne fixe ni repère ni limite de consommation pour les œufs [7].
  • Un œuf de 50 g apporte environ 6,4 g de protéines et 186 mg de cholestérol, tout dans le jaune (calcul de la rédaction à partir de Ciqual) [1][2][10].
  • Jusqu’à un œuf par jour, les grandes synthèses ne trouvent pas plus de maladies cardiovasculaires, avec des preuves de faible niveau [11][13][18].
  • Manger plus d’œufs fait monter légèrement le LDL en moyenne, avec de grosses différences d’une personne à l’autre [6][10][19].
  • Les œufs crus ou peu cuits sont déconseillés aux personnes fragiles, à cause de la salmonelle [27][28].

Que contient un œuf ?

Un œuf, c’est environ 70 kcal, 6,4 g de protéines et un peu moins de 5 g de graisses (lipides), pour un œuf moyen de 50 g sans sa coquille [1][2][10]. Ces chiffres viennent de la table Ciqual de l’Anses, la base officielle française de composition des aliments [1]. L’œuf apporte aussi de la vitamine D, de la vitamine B12, des folates, de l’iode et du fer [1].

Sur la boîte, le calibre se lit en grammes : S pour moins de 53 g, M de 53 à 63 g, L de 63 à 73 g, XL à partir de 73 g [33]. Le tableau ci-dessous est calculé pour 50 g d’œuf sans coquille. Un œuf de calibre L ou XL, plus lourd, apporte donc un peu plus.

Nutriment Pour 100 g Pour 1 œuf (50 g)
Énergie 140 kcal 70 kcal
Protéines 12,8 g 6,4 g
Lipides 9,83 g 4,9 g
dont acides gras saturés 2,64 g 1,3 g
Cholestérol 372 mg 186 mg
Vitamine D 2 µg 1 µg
Vitamine B12 0,89 µg 0,45 µg
Vitamine B2 0,46 mg 0,23 mg
Folates (B9) 47 µg 23,5 µg
Iode 35,3 µg 17,7 µg
Fer 1,75 mg 0,9 mg
Choline (donnée USDA) 294 mg 147 mg
Sel 0,31 g 0,16 g

Œuf entier cru. Valeurs pour 1 œuf calculées par la rédaction à partir de Ciqual (Anses) [1] ; choline : base américaine USDA FoodData Central [2], la table Ciqual ne donnant pas cette valeur.

On parle peu de la choline. Pourtant, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) fixe pour l’adulte un apport adéquat de 400 mg par jour. Elle cite les œufs parmi ses sources, avec la viande, le poisson, les céréales complètes, les légumes et les fruits [3]. Avec ses 147 mg, un œuf de 50 g couvre un peu plus du tiers de cet apport (37 %, calcul de la rédaction) [2][3].

Côté protéines, 6,4 g par œuf, c’est utile sans être énorme. Pour situer ce chiffre, voyez notre article sur combien de protéines il vous faut par jour selon votre activité.

Blanc ou jaune : où sont les nutriments ?

Le jaune contient tout le cholestérol, presque toutes les graisses et une bonne partie des vitamines [1]. Le blanc, lui, apporte surtout des protéines, avec très peu de calories.

Pour 100 g Jaune cru Blanc cuit
Énergie 307 kcal 47,3 kcal
Protéines 15,5 g 10,3 g
Lipides 26,7 g 0,17 g
Cholestérol 939 mg 0 mg

Source : table Ciqual, Anses [1]. Les valeurs du blanc ont le code de confiance le plus bas de Ciqual (D) : ce sont des ordres de grandeur.

Pour 100 g, le jaune contient 3,03 µg de vitamine B12, 159 µg de folates et 175 µg d’iode. L’œuf entier n’en contient que 0,89 µg, 47 µg et 35,3 µg [1]. Le blanc cuit, lui, n’apporte que 0,056 µg de B12 et 7,9 µg de folates pour 100 g [1]. Ne manger que les blancs, c’est donc se passer du cholestérol, mais aussi d’une bonne partie des vitamines de l’œuf.

Combien d’œufs par jour peut-on manger ?

En France, aucun chiffre officiel n’existe. Le HCSP range les œufs parmi les aliments sans recommandation spécifique, comme les pommes de terre. Ils « peuvent être consommés dans la mesure où cette consommation n’entrave pas l’atteinte des autres repères » [7]. L’Anses, de son côté, n’a fixé de limites que pour la viande hors volaille, la charcuterie et les boissons sucrées [8].

Les repères de Manger Bouger rappellent qu’il n’est pas nécessaire de manger de la viande, du poisson ou des œufs tous les jours. On peut les alterner sur la semaine avec la volaille et les légumes secs [9]. Les œufs y sont vus comme un composant du plat principal [9]. Notre guide de l’alimentation équilibrée montre à quoi ressemble cette alternance sur une semaine. Notre méthode pour composer une assiette équilibrée précise la place des œufs dans le plat.

Ailleurs, certains organismes donnent un chiffre :

  • En Belgique, le Conseil supérieur de la santé recommande depuis 2025 un maximum d’un œuf par jour, en comptant ceux utilisés dans les aliments [10].
  • Aux États-Unis, l’American Heart Association (AHA), la grande association américaine de cardiologie, indique en 2019 que les personnes en bonne santé peuvent manger jusqu’à un œuf entier par jour [6]. Elle émet des réserves en cas de problème de graisses dans le sang, de diabète ou de risque d’insuffisance cardiaque [6].
Organisme Ce qu’il dit Pour qui
HCSP (France, 2017) Aucun repère ni limite pour les œufs [7] Adultes, population générale
Manger Bouger (Santé publique France) Pas nécessaire d’en manger tous les jours ; alterner avec viande, volaille, poisson, légumes secs [9] Grand public
Conseil supérieur de la santé (Belgique, 2025) Maximum un œuf par jour, œufs des préparations compris [10] Population belge
American Heart Association (États-Unis, 2019) Jusqu’à un œuf entier par jour, avec réserves pour certains profils [6] Personnes en bonne santé

Les repères belge et américain sont des points de comparaison, pas des consignes françaises.

La remarque belge sur les œufs « cachés » est utile. Gâteaux, pâtes fraîches, mayonnaise, quiches : la liste des ingrédients vous dit s’il y a de l’œuf. Pour les repérer, voici comment lire une étiquette nutritionnelle.

Un œuf par jour, est-ce mauvais pour le cœur ?

Pas d’après les grandes études et synthèses : manger un œuf de plus par jour n’est pas lié à plus de maladies du cœur et des vaisseaux [11][13][16][18]. La plus vaste, publiée dans la revue médicale britannique BMJ, a réuni plus de 1,7 million de participants et trouve un risque pratiquement identique avec ou sans cet œuf quotidien en plus [11]. Il existe pourtant des résultats contraires, et le niveau de preuve reste faible.

Un mot de méthode avant les chiffres. Presque toutes ces études sont des études d’observation : on suit des personnes pendant des années, puis on compare celles qui mangent beaucoup d’œufs à celles qui en mangent peu. Elles montrent un lien, pas une cause. Les gros mangeurs d’œufs peuvent avoir d’autres habitudes qui expliquent la différence.

Les grandes synthèses : pas de lien global

Cette synthèse du BMJ (2020) regroupe de grands groupes de personnes suivies dans le temps, appelés cohortes. Dans les cohortes américaines et européennes, elle ne trouve aucun lien. Dans les cohortes asiatiques, le lien va même dans l’autre sens [11]. Cela ne veut pas dire que les œufs protègent le cœur : c’est une observation, avec ses limites.

L’étude internationale PURE, complétée par deux autres cohortes, a porté sur 177 000 personnes dans 50 pays. Manger au moins sept œufs par semaine, comparé à moins d’un, n’y était lié ni aux graisses du sang, ni à la mortalité, ni aux grandes maladies cardiovasculaires [13]. Une autre synthèse de 23 cohortes ne trouve pas de hausse nette du risque au-delà d’un œuf par jour [16].

La synthèse la plus récente date de 2025. C’est une « revue parapluie », qui fait la synthèse de nombreuses synthèses. Elle ne trouve aucun lien entre une forte consommation d’œufs et les maladies cardiovasculaires ou la mortalité. Ses auteurs concluent qu’il n’y a pas assez de preuves pour décourager la consommation d’œufs [18].

Les signaux contraires

En 2019, une étude parue dans la revue médicale américaine JAMA a suivi six cohortes américaines. Chaque demi-œuf de plus par jour y était lié à un risque cardiovasculaire plus élevé de 6 % [12]. Mais ce lien disparaissait une fois pris en compte le cholestérol total apporté par l’alimentation [12].

Une synthèse de 2022 associe chaque œuf quotidien à une mortalité totale plus élevée de 6 %. Ce lien ne s’observe toutefois que chez les femmes, chez les Américains et dans certaines analyses. Elle ne trouve pas de lien avec la mortalité par maladie du cœur ou par accident vasculaire cérébral (AVC) [15].

Enfin, un œuf par jour est lié à un risque d’insuffisance cardiaque plus élevé de 15 %. Ce chiffre repose sur quatre études seulement, avec un niveau de preuve faible [17][18]. La revue de 2025 relève aussi un lien avec la mortalité par cancer, en preuve très faible [18].

Comme les résultats rassurants plus haut, ces signaux viennent d’études d’observation. Ils décrivent des liens, pas des relations de cause à effet.

Pourquoi les études ne disent pas toutes la même chose ?

D’abord, il manque des essais randomisés, c’est-à-dire des essais où l’on tire au sort qui mange des œufs et qui n’en mange pas. Le conseil belge n’en connaît aucun qui ait mesuré l’effet des œufs sur les maladies chroniques elles-mêmes [10]. Tout repose sur des études d’observation, dont la qualité globale est jugée « critically low » (critique) par la revue de 2025 [18]. Une autre synthèse conclut qu’il n’y a « pas de preuve concluante » sur le rôle de l’œuf dans le risque cardiovasculaire [17].

Ensuite, les gros mangeurs d’œufs ne mangent pas comme tout le monde. Dans les cohortes du BMJ, ils avaient un indice de masse corporelle (le poids divisé par la taille au carré) plus élevé, prenaient moins souvent des médicaments contre le cholestérol (statines) et mangeaient plus de viande rouge [11]. Pour le conseil belge, ces différences d’alimentation pourraient expliquer une partie des écarts entre études [10]. Les résultats varient aussi selon les pays [11]. En Europe, la grande cohorte EPIC, menée dans neuf pays, n’a trouvé aucun lien entre œufs et maladies cardiovasculaires sur 12 ans de suivi [10].

Une hypothèse revient souvent : ce qu’on mange avec les œufs compterait autant que les œufs eux-mêmes. Elle est plausible, mais pas démontrée. L’AHA explique les résultats discordants par des facteurs parasites que les analyses n’arrivent pas à corriger complètement (« facteurs de confusion résiduels ») [6]. Elle conseille de regarder l’alimentation dans son ensemble, de type méditerranéen par exemple [5].

Les œufs font-ils monter le cholestérol ?

Un peu, en moyenne, et surtout chez certaines personnes. Pour comprendre, il faut distinguer deux formes de cholestérol dans le sang [34] :

  • le LDL, dit « mauvais » cholestérol : en excès, il se dépose dans la paroi des artères et forme des plaques qui les rétrécissent ;
  • le HDL, dit « bon » cholestérol : il ramène le cholestérol vers le foie, qui l’élimine.

Les essais sur le cholestérol alimentaire, celui que le jaune d’œuf concentre, montrent une petite hausse du LDL. L’AHA cite une synthèse de 17 essais de 4 à 12 semaines : dans les groupes qui en mangeaient davantage, le LDL augmentait d’environ 6,7 mg par décilitre de sang (mg/dL), et le HDL de 3,2 mg/dL, par rapport au groupe témoin [6]. Une synthèse d’essais randomisés portant cette fois sur les œufs eux-mêmes retrouve aussi un LDL plus élevé [19].

Cette moyenne cache de grosses différences. Le Conseil supérieur de la santé belge souligne « une grande variation interindividuelle » de l’effet des œufs sur le LDL [10] : certaines personnes réagissent nettement, d’autres presque pas. Il juge aussi que le cholestérol des œufs a « un effet limité » sur le LDL [10]. La revue de 2025 classe d’ailleurs ce lien en preuve très faible [18].

Les graisses saturées comptent davantage

Ce qui pèse le plus sur le cholestérol, ce sont les graisses saturées. L’EFSA considère qu’il existe de bonnes preuves qu’un apport élevé en graisses saturées et en graisses trans fait monter le cholestérol sanguin [4]. Et selon l’AHA, remplacer les graisses saturées par des graisses insaturées fait baisser le LDL davantage que réduire seulement le cholestérol alimentaire [6].

Un œuf contient environ 1,3 g d’acides gras saturés (calcul de la rédaction à partir de Ciqual) [1]. Ce qui l’accompagne peut en ajouter bien plus : le beurre de cuisson, les lardons, la charcuterie, le fromage râpé.

Si vous cherchez à faire baisser un LDL élevé, le conseil belge indique que vous avez intérêt à limiter les jaunes d’œufs et les aliments qui en contiennent [10]. La bonne quantité dépend alors de votre bilan et se décide avec votre médecin.

Encore faut-il savoir où vous en êtes. Un cholestérol élevé ne donne en général aucun symptôme : seule une prise de sang permet de le savoir [30]. Notre article sur le bilan de santé et les questions à poser à son médecin aborde ce contrôle.

Les œufs font-ils maigrir ou grossir ?

Les œufs rassasient bien au petit-déjeuner, mais ils ne font pas maigrir par eux-mêmes. Une synthèse de 32 essais cliniques ne trouve pas d’effet net de l’œuf entier sur le poids [26].

Côté satiété, un essai a comparé un petit-déjeuner aux œufs à un petit-déjeuner de céréales chez 50 adultes en surpoids, chacun testant les deux lors de séances différentes. Après les œufs, les participants avaient moins faim. Au déjeuner servi à volonté quatre heures plus tard, ils ont mangé environ 14 % de moins (4 518 contre 5 283 kJ, calcul de la rédaction) [24]. C’est un résultat sur un seul repas, pas sur des mois.

Sur la durée, le tableau est plus mitigé :

  • 8 semaines, 152 adultes en surpoids : avec un régime à déficit calorique, le petit-déjeuner aux œufs a donné une perte de poids plus importante (2,63 kg contre 1,59 kg). Sans déficit calorique, il n’a pas fait perdre de poids [23].
  • 6 mois de restriction calorique : pas de différence nette entre œufs et céréales au petit-déjeuner (8,1 kg contre 7,3 kg perdus chez les participants allés au bout) [25].
  • Synthèse de 32 essais : pas d’effet global sur le poids, mais une hausse possible dans les essais de plus de 12 semaines et chez les participants qui n’étaient pas en bonne santé [26].

Pour perdre du poids, c’est le déficit calorique qui compte (manger un peu moins de calories que vous n’en dépensez), pas un aliment en particulier. Si c’est votre objectif, commencez par calculer votre déficit calorique.

Œuf dur, poché ou omelette : quelle cuisson choisir ?

Le mode de cuisson seul change assez peu le profil de l’œuf. Pour 100 g, un œuf poché contient 9,47 g de lipides, un œuf à la coque 9,82 g, et une omelette nature faite maison 15,3 g, selon Ciqual [1].

Lipides de l’œuf selon la préparation (g pour 100 g) Barres horizontales, lipides en grammes pour 100 g, table Ciqual de l’Anses consultée le 14/10/2026. Œuf dur : 8,62 g ; Œuf poché : 9,47 g ; Œuf à la coque : 9,82 g ; Œuf au plat (sans matière grasse) : 10,4 g ; Œufs brouillés (avec matière grasse) : 13 g ; Omelette nature (faite maison) : 15,3 g. Omelette et œufs brouillés : le plus de lipides Lipides pour 100 g, selon la préparation de l’œuf Œuf dur Œuf dur : 8,62 g de lipides pour 100 g 8,62 g Œuf poché Œuf poché : 9,47 g de lipides pour 100 g 9,47 g Œuf à la coque Œuf à la coque : 9,82 g de lipides pour 100 g 9,82 g Œuf au plat (sans matière grasse) Œuf au plat (sans matière grasse) : 10,4 g de lipides pour 100 g 10,4 g Œufs brouillés (avec matière grasse) Œufs brouillés (avec matière grasse) : 13 g de lipides pour 100 g 13 g Omelette nature (faite maison) Omelette nature (faite maison) : 15,3 g de lipides pour 100 g 15,3 g 0 g 4 g 8 g 12 g 16 g Source : table de composition nutritionnelle Ciqual, Anses (fiches 22010, 22011, 22014, 22505, 22502, 22500). Consultée le 14/10/2026. Conception Santé, 2026.
Lipides pour 100 g selon la préparation. Source : table Ciqual, Anses, consultée le 14/10/2026 [1].
Préparation (pour 100 g) Lipides Énergie Sel
Œuf dur 8,62 g 134 kcal 0,31 g
Œuf poché 9,47 g 139 kcal 0,2 g
Œuf à la coque 9,82 g 142 kcal 0,2 g
Œuf au plat sans matière grasse 10,4 g 157 kcal 0,42 g
Œufs brouillés avec matière grasse 13 g 167 kcal 0,48 g
Omelette nature faite maison 15,3 g 196 kcal 0,6 g

Source : table Ciqual, Anses, consultée le 14/10/2026 [1].

Entre l’œuf dur, poché ou à la coque, les écarts restent faibles. Ils se creusent avec les œufs brouillés cuits avec de la matière grasse (13 g) et l’omelette maison (15,3 g) [1]. Ces deux préparations sont aussi plus salées : 0,48 à 0,6 g de sel pour 100 g, contre 0,2 g pour un œuf poché ou à la coque [1].

Prenez deux assiettes. D’un côté, un œuf poché ou à la coque avec des légumes et du pain complet. De l’autre, des œufs au plat cuits au beurre avec du bacon. L’œuf est le même ; c’est tout ce qui l’entoure qui change, notamment en graisses saturées (voir plus haut).

Œufs crus, conservation, allergie : quelles précautions ?

Le risque connu des œufs crus, c’est la salmonelle, une bactérie. Selon l’Anses, les œufs et les produits à base d’œufs crus causent près de la moitié des toxi-infections alimentaires collectives dues à la salmonelle, c’est-à-dire des intoxications qui touchent plusieurs personnes ayant partagé un repas [27]. Chez la plupart des gens, elle donne une gastro-entérite qui guérit seule en quelques jours. Mais elle peut être très grave chez les nourrissons et les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies (personnes immunodéprimées) [27].

Quelques gestes simples, d’après l’Anses :

  1. Ne lavez pas les œufs avant de les ranger : le lavage fait passer les microbes de la coquille vers l’intérieur [27].
  2. Conservez-les à température constante [27].
  3. Mangez sans attendre les préparations à base d’œufs crus, comme la mayonnaise maison ou la mousse au chocolat [27].
  4. Faites bien cuire les œufs pour les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou immunodéprimées [28]. Ces personnes ne doivent pas consommer d’œufs crus ou peu cuits [27].

Que veulent dire le code et les dates sur la boîte ?

Le premier chiffre du code imprimé sur l’œuf indique le mode d’élevage : 0 pour le bio, 1 pour le plein air, 2 pour l’élevage au sol, 3 pour les cages aménagées. Suivent le pays (FR pour la France) puis l’élevage [33]. La fiche officielle n’en tire aucune conclusion sur la valeur nutritionnelle de l’œuf.

Côté dates, la mention « à consommer de préférence avant le » tombe au plus tard 28 jours après la ponte. La mention « extra frais » n’est permise que jusqu’au neuvième jour [33]. L’emballage doit enfin recommander de garder les œufs au réfrigérateur après l’achat [33].

Et l’allergie à l’œuf ?

L’œuf fait partie des aliments les plus souvent en cause dans les allergies alimentaires [31]. Une réaction allergique grave peut nécessiter un traitement immédiat à l’hôpital [31].

Quand consulter

Parlez-en à votre médecin (ou à un diététicien, sur son conseil) avant de décider combien d’œufs manger si :

  • votre cholestérol LDL est élevé, ou s’il n’a jamais été contrôlé alors qu’un proche a un cholestérol élevé. Le cholestérol élevé peut être familial [30]. En France, plus de 500 000 personnes auraient une hypercholestérolémie familiale, un cholestérol élevé d’origine héréditaire qui expose à des maladies cardiovasculaires précoces. Plus de 90 % d’entre elles ne seraient pas diagnostiquées [29]. Quand un cas est découvert, d’autres cas sont recherchés dans la famille [29] ;
  • vous avez un diabète : les données se contredisent. Une synthèse de 2020 ne trouve pas de lien global entre œufs et diabète de type 2, mais un lien dans les études américaines et pas dans les européennes [14]. Une synthèse plus ancienne, de 2013, associait une forte consommation à plus de maladies cardiovasculaires chez les personnes diabétiques [20]. À l’inverse, l’essai randomisé DIABEGG n’a pas trouvé d’effet défavorable d’un régime riche en œufs sur les graisses du sang ni sur la glycémie (le sucre dans le sang), à 3 puis 12 mois [21][22]. Les participants suivaient une alimentation riche en graisses insaturées [21][22]. La première phase de cet essai a été financée par la filière australienne de l’œuf (Australian Egg Corporation) [21]. L’AHA émet des réserves pour ce profil [6] ;
  • vous avez une maladie cardiaque ou une insuffisance cardiaque [6][17].

Appelez le 15 (Samu) ou le 112 [32] en cas de réaction allergique grave après avoir mangé de l’œuf : lèvres, bouche, gorge ou langue qui gonflent brusquement, difficulté à respirer ou à avaler [31].

Demandez un avis médical en cas de diarrhée ou de fièvre après un plat aux œufs crus chez un nourrisson ou une personne immunodéprimée : chez eux, la salmonellose peut devenir très grave [27].

Questions fréquentes

Peut-on manger 2 œufs par jour ?

En France, aucune limite n’est fixée [7]. Les organismes qui donnent un chiffre s’arrêtent à un œuf par jour : maximum un en Belgique [10], jusqu’à un pour une personne en bonne santé selon l’AHA [6]. L’étude PURE ne trouve pas de lien chez ceux qui en mangent au moins sept par semaine [13]. Mais dans les trois grandes cohortes américaines analysées par l’étude du BMJ, la plupart des participants mangeaient entre un et moins de cinq œufs par semaine [11]. Les gros consommateurs y étaient donc peu nombreux. Alterner avec d’autres sources de protéines reste la piste la plus simple [9].

Peut-on manger des œufs tous les jours quand on a du cholestérol ?

C’est une question à poser à votre médecin. Le jaune fait monter le LDL, le « mauvais » cholestérol, chez certaines personnes, avec de grosses différences d’un individu à l’autre [6][10]. Le conseil belge indique que les personnes qui veulent faire baisser un LDL élevé ont intérêt à limiter les jaunes et les aliments qui en contiennent [10]. La quantité adaptée dépend de votre bilan.

Manger un œuf tous les jours fait-il grossir ?

Pas à lui seul, d’après les essais. Un œuf de 50 g apporte environ 70 kcal (calcul de la rédaction à partir de Ciqual) [1]. Dans les essais cliniques, manger des œufs n’a pas d’effet net sur le poids, même si une hausse est possible dans les essais de plus de 12 semaines [26]. Ce qui fait la différence, c’est la cuisson et l’accompagnement : une omelette nature contient 196 kcal pour 100 g, contre 139 kcal pour un œuf poché [1].

Peut-on manger le blanc d’œuf tous les jours ?

Le blanc ne contient pas de cholestérol et presque pas de graisses : 0 mg et 0,17 g pour 100 g de blanc cuit [1]. Il apporte des protéines (10,3 g pour 100 g), mais vous perdez les vitamines et l’iode concentrés dans le jaune [1].

Peut-on manger des œufs crus tous les jours ?

Aucune des sources consultées ne fixe de fréquence pour les œufs crus. Le risque connu, c’est la salmonelle : les œufs et les aliments à base d’œufs crus causent près de la moitié des intoxications alimentaires collectives dues à cette bactérie [27]. Les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou immunodéprimées ne doivent pas en manger crus ou peu cuits [27][28]. Pour tout le monde, l’Anses conseille de manger sans attendre une mayonnaise ou une mousse au chocolat maison [27].

Ce qu’on peut retenir

Chez l’adulte en bonne santé, un œuf par jour peut trouver sa place dans une alimentation variée, sans obligation d’en manger chaque jour [7][9]. Les études ne montrent pas de risque global pour le cœur à ce niveau, mais leurs preuves restent fragiles [11][18]. Le plus important se joue souvent autour de l’œuf. Pour faire baisser le LDL, remplacer les graisses saturées compte davantage que réduire le cholestérol alimentaire [6], et le cholestérol des œufs a un effet limité sur le LDL [10].

En pratique (conseils de la rédaction)

  • Préférez l’œuf dur, poché ou à la coque, avec des légumes ou du pain complet, plutôt que l’omelette au beurre et aux lardons.
  • Comptez aussi les œufs « cachés » des gâteaux, quiches et pâtes fraîches.
  • Alternez dans la semaine avec le poisson, la volaille et les légumes secs.
  • Ne lavez pas les œufs et suivez la consigne de la boîte : au réfrigérateur après l’achat.
  • Si votre cholestérol ou votre cœur posent question, la bonne quantité se décide avec votre médecin.

Sources

Sources consultées le 14/10/2026, sauf [34] (17/10/2026).

Écrit par M. A. B.

Fondateur de Conception Santé. Chaque article répond à une question concrète du quotidien et s'appuie sur des sources officielles et scientifiques (HAS, Anses, OMS, études publiées), vérifiées avant publication. Les articles sont préparés avec l'aide d'outils d'IA puis relus. En cas de problème de santé, consultez un médecin ou un pharmacien.

Article préparé avec l’aide d’outils d’IA, à partir de sources scientifiques et institutionnelles vérifiées, puis relu par la rédaction. Information générale : ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Notre méthode