À retenir
- Six semaines d’abdos, 5 jours par semaine, n’ont rien changé à la graisse du ventre ni au tour de taille. Les muscles, eux, sont devenus plus endurants [1].
- En regroupant 13 études et 1 158 participants, les chercheurs ne trouvent pas de perte de graisse sur la zone travaillée [4].
- L’endurance (marche rapide, vélo, course…) réduit la graisse autour des organes chez l’adulte en surpoids, même sans régime [7]. Manger un peu moins la réduit aussi [9].
- Le tour de taille peut baisser même quand le poids ne bouge pas [12].
- Gaines, crèmes, électrostimulation : la DGCCRF met en garde contre des publicités « souvent trompeuses » [24].
Graisse sous-cutanée, graisse viscérale : de quoi parle-t-on ?
Le ventre stocke deux types de graisse. La graisse sous-cutanée se trouve juste sous la peau : c’est celle qu’on peut pincer. La graisse viscérale, elle, est logée à l’intérieur du ventre, autour des organes. On la mesure précisément par scanner ou par IRM (un examen d’imagerie). Et c’est un marqueur de risque à part entière pour le cœur, les vaisseaux et le métabolisme, diabète compris [13].
La répartition varie d’une personne à l’autre. Une étude ancienne a examiné par IRM 40 femmes et 17 hommes obèses [15]. Les femmes avaient en moyenne plus de graisse sous la peau que les hommes. Mais elles avaient nettement moins de graisse viscérale : 2,5 litres contre 4,8 [15]. C’est un petit groupe, à lire comme une illustration plutôt que comme une règle.
Au quotidien, on ne passe pas un scanner pour suivre son ventre. Le tour de taille donne une idée indirecte de la graisse viscérale [20]. La Haute Autorité de santé (HAS) parle de risque pour la santé à partir de 80 cm chez la femme et de 94 cm chez l’homme, hors grossesse [20]. Le NICE, l’organisme public britannique qui publie des recommandations de santé, propose un autre repère : garder un tour de taille inférieur à la moitié de sa taille [21]. Pour savoir comment mesurer et quel chiffre suivre, voyez notre article tour de taille ou poids : quel indicateur suivre.
Peut-on perdre du ventre en faisant des abdos ? Ce que montrent les études
Dans la plupart des études, non. L’idée est pourtant séduisante : faire travailler un muscle ferait fondre la graisse qui le recouvre. Les chercheurs appellent cela la « perte localisée » (spot reduction en anglais). Ils l’ont testée de plusieurs façons.
Que disent les essais qui ne trouvent aucun effet local ?
Sur le ventre. En 2011, 24 adultes sédentaires de 18 à 40 ans ont été répartis en deux groupes par tirage au sort [1]. Le premier a fait 7 exercices d’abdos, 2 séries de 10 répétitions, 5 jours par semaine pendant 6 semaines. Le second, le groupe témoin, n’en a pas fait. Tous ont gardé une alimentation stable en calories [1]. Résultat : aucun effet sur le poids, le pourcentage de graisse, la graisse de la région du ventre (dite « androïde »), le tour de taille ou les plis de peau du ventre [1]. Seule différence nette : à la fin, le groupe abdos enchaînait 47 relevés de buste en moyenne, contre 32 pour l’autre groupe [1].
Sur le ventre, avec un régime. En 2015, une équipe iranienne a tiré au sort 40 femmes en surpoids ou obèses, toutes au régime [27]. L’un des deux groupes a fait en plus 12 semaines de renforcement des abdominaux. À la fin, les deux groupes avaient perdu du poids, du tour de taille et de la graisse sous la peau du ventre, mesurée par échographie [27]. Mais la différence entre les deux groupes n’était pas significative : elle pouvait s’expliquer par le hasard [27]. Sur ces mesures, les abdos n’ont pas fait mieux que le régime seul.
Sur une jambe. Onze jeunes volontaires ont entraîné une seule jambe pendant 12 semaines, trois fois par semaine [2]. À chaque séance, ils faisaient 960 à 1 200 répétitions sur une machine de presse [2]. Leur masse grasse totale a baissé de 5,1 %. Mais la graisse est partie du tronc et des bras, pas de la jambe entraînée, où la graisse n’a pas bougé de façon significative, c’est-à-dire au-delà de ce que le hasard peut expliquer [2].
Sur un bras. Chez 104 personnes qui ont musclé un seul bras pendant 12 semaines, l’IRM a montré une perte de graisse sous la peau un peu partout, sans différence entre le bras entraîné et l’autre [3].
La synthèse. Fin 2021, des chercheurs ont regroupé 13 études, soit 1 158 participants de 14 à 71 ans, dans une méta-analyse, c’est-à-dire une synthèse statistique de plusieurs études [4]. L’effet global est quasi nul (le chiffre exact figure dans le tableau plus bas). Pour les auteurs, il n’y a pas de perte localisée, quels que soient la population et le programme [4]. Une limite tout de même : ces études comparent un bras ou une jambe entraînés à l’autre membre. Elles ne portent pas spécifiquement sur le ventre [4].
Et les études qui trouvent un effet local ?
Il y en a deux, récentes, qui vont dans l’autre sens. Leur effet est petit, mais elles méritent qu’on s’y arrête.
En 2021, une équipe italienne a comparé deux programmes chez 14 volontaires, 7 par groupe [5]. Avec le circuit « spot reduction », l’épaisseur de graisse en haut du ventre, mesurée par échographie, est passée de 15,09 à 12,35 mm. En bas du ventre, rien n’a bougé [5]. Les auteurs reconnaissent eux-mêmes le faible nombre de participants [5]. Et ce résultat tombe pile sur le seuil statistique habituel (p = 0,05) : on ne peut pas tout à fait exclure qu’il soit dû au hasard [5].
En 2023, une équipe norvégienne a suivi 16 hommes en surpoids d’environ 43 ans [6]. Ils s’entraînaient 4 fois par semaine pendant 10 semaines. Un groupe courait 45 minutes. L’autre courait 27 minutes puis enchaînait des rotations du tronc et des crunchs, soit environ 84 minutes par séance [6]. Le groupe abdos a perdu 697 g de graisse du tronc de plus que l’autre. En revanche, la graisse totale et le poids ont baissé de façon similaire dans les deux groupes [6]. Les auteurs signalent eux-mêmes des limites : uniquement des hommes, une alimentation non mesurée, et on ne sait pas quelle graisse du tronc a fondu [6].
Que retenir de ces deux contre-exemples ? Si un effet local existe, il est petit et incertain. Dans l’essai norvégien, il a demandé presque deux fois plus de temps d’entraînement, comme le notent les auteurs : 84 minutes par séance contre 45 [6]. Il ne remplace pas la perte de graisse globale.
Pourquoi la façon de mesurer change-t-elle la conclusion ?
Parce qu’un outil simple peut donner une fausse impression. L’étude sur le bras entraîné le montre bien [3]. Avec une pince qui mesure l’épaisseur d’un pli de peau, les hommes semblaient perdre plus de graisse sur le bras travaillé. Avec l’IRM, plus précise, cette différence disparaissait : la perte était générale, chez les hommes comme chez les femmes [3]. Chez soi, c’est pareil. Un centimètre en moins ou un pli plus fin ne veut pas forcément dire moins de graisse. On le reverra plus bas avec l’électrostimulation.
| Étude | Participants | Programme | Mesure | Résultat local |
|---|---|---|---|---|
| Vispute 2011 [1] | 24 sédentaires, 18-40 ans | 7 exercices d’abdos, 2 × 10, 5 j/sem, 6 sem | Composition corporelle, tour de taille, plis cutanés | Aucun effet sur la graisse ; endurance des abdos en hausse |
| Kordi 2015 [27] | 40 femmes en surpoids ou obèses | Régime seul vs régime + renforcement des abdos, 12 sem | Échographie, tour de taille, plis cutanés | Baisse dans les deux groupes, sans différence significative |
| Kostek 2007 [3] | 104 (45 hommes, 59 femmes) | Musculation d’un bras, 12 sem | IRM et plis cutanés | IRM : perte générale, pas locale |
| Ramírez-Campillo 2013 [2] | 11 (7 hommes, 4 femmes), 23 ans | Presse d’une jambe, 960-1 200 rép., 3/sem, 12 sem | DXA | Graisse perdue au tronc et aux bras, pas dans la jambe |
| Paoli 2021 [5] | 14 (7 par groupe) | Circuit « spot reduction », 8 sem | Échographie, plis, impédancemétrie | Haut du ventre : environ −2,7 mm ; bas du ventre inchangé |
| Brobakken 2023 [6] | 16 hommes en surpoids, 43 ans | Course + abdos (84 min) vs course (45 min), 4/sem, 10 sem | DXA | Graisse du tronc : −697 g de plus ; graisse totale : baisse similaire |
| Ramírez-Campillo 2022, méta-analyse [4] | 13 études, 1 158 personnes | Membre entraîné vs membre non entraîné | Variable selon les études | Effet groupé −0,03 (fourchette probable −0,10 à 0,05, non significatif) |
Sources : [1] à [6] et [27]. La baisse d’environ 2,7 mm (Paoli) est calculée par la rédaction à partir des valeurs publiées (15,09 et 12,35 mm). DXA : examen par rayons X à faible dose qui mesure la graisse et les muscles par zone. « Non significatif » : la différence observée peut s’expliquer par le hasard.
À quoi servent vraiment les abdos et le gainage ?
À renforcer les muscles, pas à faire fondre la graisse. Dans l’essai de 2011, les abdos n’ont pas touché à la graisse du ventre, mais ils ont nettement amélioré l’endurance des muscles abdominaux [1]. C’est un vrai résultat, même s’il ne se voit pas sur le mètre ruban.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande d’ailleurs du renforcement musculaire régulier à tout âge [14]. Les exercices pour la sangle abdominale peuvent en faire partie. Pour savoir combien en prévoir, voyez combien de séances de renforcement par semaine.
Côté graisse viscérale, le renforcement musculaire aide un peu. Mais c’est l’option la moins efficace dans une grande synthèse de 84 essais [10]. Dans une analyse limitée à certains groupes, il n’avait même pas d’effet chez les femmes ni chez les personnes ayant au moins 40 % de masse grasse [10]. Ce type d’analyse reste fragile, mais le message est cohérent : les abdos ne sont pas l’outil principal contre la graisse du ventre.
Et le gainage ? Nous n’avons trouvé aucune étude qui mesure son effet sur la graisse abdominale. Rien ne permet donc de lui prêter un pouvoir que les abdos classiques n’ont pas montré [1][4].
Perdre du ventre sans abdos : qu’est-ce qui marche vraiment ?
Bouger plus et manger un peu moins. On peut tout à fait perdre du ventre sans faire un seul crunch. Les synthèses d’études sur la graisse viscérale pointent ces deux leviers, qui marchent chacun de leur côté et se combinent [7][9].
Quel sport pour perdre du ventre ?
L’endurance en priorité. Une synthèse de 15 études et 852 adultes en surpoids montre que l’exercice réduit la graisse viscérale [7]. Les activités d’endurance (dites « aérobies »), d’intensité modérée à élevée, ont le plus fort potentiel [7]. Même sans régime, 12 semaines de ce type d’activité peuvent faire baisser la graisse viscérale mesurée au scanner [7]. Sur l’image en coupe du ventre que donne le scanner, sa surface peut diminuer de plus de 30 cm² chez les femmes et de plus de 40 cm² chez les hommes [7].
Un travail plus récent a rassemblé 84 essais et 4 836 personnes en surpoids ou obèses [10]. Plusieurs types d’exercice réduisent la graisse viscérale et le tour de taille [10].
- L’endurance d’intensité au moins modérée.
- Le renforcement musculaire.
- La combinaison des deux.
- Le fractionné de haute intensité, ou HIIT : des efforts courts et intenses entrecoupés de récupération.
Selon les auteurs, l’endurance intense et le HIIT seraient les plus efficaces [10].
Faut-il pour autant s’épuiser ? Non. Une troisième synthèse (40 essais, 2 190 participants) montre surtout que plus on dépense d’énergie en bougeant, plus la graisse viscérale baisse [9]. Concrètement, l’OMS cite la marche et le vélo parmi les activités d’endurance [14]. Ses repères : 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine, ou 75 à 150 minutes d’activité intense [14]. Et un peu d’activité vaut mieux que rien [14]. Pour vous lancer, notre article sur les bénéfices de la marche rapide donne des repères pratiques.
Faut-il manger moins ?
Un peu, oui. Manger moins de calories réduit, lui aussi, la graisse viscérale [9]. Pas besoin de viser une perte spectaculaire. Une revue de 61 études montre qu’une perte de poids modeste fait fondre, en proportion, plus de graisse viscérale que de graisse sous la peau du ventre [11]. Cet avantage s’atténue quand la perte de poids devient plus importante [11].
Pour estimer un déficit raisonnable, suivez notre méthode pour calculer son déficit calorique. Et pour l’ensemble de la démarche (alimentation, activité, sommeil), notre guide pour perdre du poids durablement fait le tour de la question.
Et si la balance ne bouge pas ?
Ce n’est pas forcément un échec. D’après un consensus d’experts, l’exercice ou l’alimentation peuvent réduire le tour de taille avec ou sans perte de poids [12]. Les études qui rapportent une baisse du tour de taille rapportent aussi une baisse de la graisse viscérale. Les deux ne vont pas parfaitement de pair, mais ils sont assez liés (environ 40 % de variance partagée, selon les experts) [12]. Une synthèse d’essais d’au moins 6 mois va dans le même sens : la balance seule peut sous-estimer les bénéfices [8].
Si votre poids ne bouge pas mais que votre ceinture se desserre, vos efforts ne sont donc pas perdus.
| Méta-analyse | Essais et participants | Effet sur la graisse viscérale (fourchette probable) | Ce qu’elle retient |
|---|---|---|---|
| Vissers 2013 [7] | 15 études, 852 adultes en surpoids | Exercice : g = −0,497 (−0,655 à −0,340) | L’aérobie modérée à intense a le plus fort potentiel, même sans régime |
| Recchia 2023 [9] | 40 essais, 2 190 participants | Exercice : −0,28 (−0,37 à −0,19) ; restriction calorique : −0,53 (−0,71 à −0,35) | Les deux réduisent la graisse viscérale ; pour l’exercice, plus la dépense est grande, plus l’effet est net |
| Chen 2024 [10] | 84 essais, 4 836 participants | Pas d’effet global unique publié | Aérobie intense et HIIT seraient les plus efficaces ; renforcement seul, le moins efficace |
Sources : [7], [9] et [10]. Les effets sont des différences moyennes standardisées : plus le chiffre négatif est grand, plus la baisse est marquée. Entre parenthèses, l’intervalle de confiance à 95 %, c’est-à-dire la fourchette où se situe probablement le vrai effet. Ces effets ne sont pas comparables d’une méta-analyse à l’autre : populations, durées et groupes de comparaison diffèrent. Les participants étaient surtout des adultes en surpoids ou obèses.
Pourquoi le ventre résiste-t-il parfois ?
Vous faites des efforts et votre ventre ne suit pas ? Ce n’est pas forcément un manque de volonté. Plusieurs facteurs jouent sur l’endroit où la graisse s’installe, et certains ne dépendent pas de vous.
Femmes, hommes, ménopause : qu’est-ce qui change ?
On l’a vu, hommes et femmes ne stockent pas la graisse de la même façon [15]. Autour de la ménopause, les choses évoluent. Une étude a suivi 156 femmes pendant 4 ans [16]. Toutes ont pris de la graisse sous la peau avec l’âge. Mais seules celles devenues ménopausées ont vu leur graisse viscérale augmenter de façon significative, au-delà du simple hasard [16]. Leur activité physique avait baissé dès les 2 ans précédant la ménopause [16]. Cette étude observe une évolution : elle ne prouve pas une cause unique.
La HAS confirme que la prise de poids à cette période est « fréquente mais pas systématique » [20]. Elle vient de plusieurs facteurs à la fois : changements hormonaux, baisse d’activité physique, sommeil perturbé, rythme de vie bousculé, entre autres [20]. Le tour de taille tend à augmenter, et la HAS encourage l’activité physique pendant la périménopause et la ménopause [20].
Le manque de sommeil fait-il grossir du ventre ?
Peut-être, mais les preuves sont minces. Dans un essai mené à l’hôpital, 12 adultes en bonne santé ont passé deux semaines avec seulement 4 heures de sommeil par nuit, et deux semaines avec 9 heures [17]. En manque de sommeil, ils ont mangé davantage. Leur graisse totale n’a pas changé, mais leur graisse abdominale a augmenté, sous la peau comme autour des organes [17]. L’essai est petit et court, et 4 heures par nuit reste une situation extrême. La HAS recommande simplement de dormir suffisamment et de garder un rythme régulier [20]. Pour vos propres repères : combien d’heures de sommeil faut-il.
La bière fait-elle vraiment du ventre ?
Ce n’est pas prouvé, mais l’alcool pèse dans la balance. L’alcool apporte 7 kcal par gramme, presque autant que les graisses. Une pinte de bière à 5 % peut contenir jusqu’à 222 kcal [19]. Une revue des études suggère que boire plus de 500 ml de bière par jour pourrait être associé à un gros ventre (obésité abdominale) [18]. En dessous, les données ne permettent pas de conclure, et les études expérimentales sont de faible qualité [18]. C’est un lien observé dans des études, pas une preuve que la bière « fait du ventre ». La HAS conseille de boire de l’alcool moins souvent et en moins grande quantité [20].
Ventre gonflé ou ventre gras ?
Un ventre qui gonfle en fin de journée n’est pas forcément un ventre qui grossit. Les ballonnements sont un phénomène différent de la graisse, et certains doivent amener à consulter (voir l’encadré plus bas) [23]. Si votre ventre semble changer d’un jour à l’autre, notre article sur pourquoi le poids varie d’un jour à l’autre aide à faire la part des choses.
Gaines, crèmes, massages, électrostimulation : que valent-ils ?
Pas grand-chose pour la graisse. La DGCCRF, le service de l’État chargé de protéger les consommateurs, appelle à la vigilance face aux publicités « souvent trompeuses » pour les méthodes amincissantes [24]. Elle cite les saunas, qui font perdre de l’eau par la sueur, eau « vite récupérée par la boisson ». Elle cite aussi les « bermudas ou combinaisons amincissantes », les appareils d’électrostimulation et les huiles ou crèmes présentées comme agissant sur les « graisses » [24].
Ses conseils de méfiance valent pour tout produit « ventre plat ».
- Les formules « sans vous priver et sans effort » ou « en conservant la même alimentation » doivent vous alerter [24].
- Les mentions « testé cliniquement » ou « utilisé en milieu hospitalier » ne garantissent rien [24].
- Les témoignages, même de bonne foi, n’ont aucune valeur, car seuls les plus favorables sont retenus [24].
La loi prévoit d’ailleurs que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) peut interdire la publicité de méthodes ou d’appareils dont les effets annoncés ne sont pas établis [24].
Gaines et massages. Nous n’avons trouvé aucune étude fiable montrant qu’une gaine ou un massage du ventre fait fondre la graisse abdominale.
Électrostimulation. En 2003, aux États-Unis, des vendeurs de ceintures électriques ont accepté de payer plus de 5 millions de dollars pour mettre fin aux poursuites de l’autorité de protection des consommateurs (FTC) [25]. Ils promettaient perte de graisse et abdominaux bien dessinés, sans faire d’exercice [25]. Le seul essai que nous avons lu sur le sujet est instructif [26]. Les participants ont été tirés au sort. Pendant 8 semaines, 24 adultes ont stimulé leurs abdominaux 5 jours par semaine, comparés à 16 témoins [26]. Leur force abdominale a augmenté de 58 % et leur tour de taille a baissé de 3,5 cm. Mais leur poids, leur indice de masse corporelle (IMC, le poids rapporté à la taille) et leurs plis de peau n’ont pas changé [26]. Des muscles plus forts, donc, sans preuve de graisse en moins. L’essai est petit, et il a été financé par le fabricant des ceintures utilisées [26].
Pour garder un regard critique sur ces promesses, notre article comment repérer un complément douteux applique la même logique aux produits « brûle-graisse ». Les actes esthétiques (cryolipolyse et autres techniques) relèvent d’un avis médical et sortent du champ de cet article.
Quand consulter
- Ventre gonflé de façon régulière, ou qui reste gonflé malgré un changement d’alimentation : parlez-en à votre médecin. Même chose si les ballonnements s’accompagnent d’une perte de poids involontaire ou de sang dans les selles [23].
- Rapidement si les ballonnements s’accompagnent de vomissements, de diarrhée ou de constipation, de douleurs au ventre ou de fièvre [23]. Même chose en cas de gonflement ou de masse dans le ventre, ou si vous ne pouvez plus uriner, aller à la selle ou émettre des gaz [23].
- Tour de taille élevé : à partir de 80 cm chez la femme ou de 94 cm chez l’homme, hors grossesse, selon la HAS [20]. Ou supérieur à la moitié de votre taille, avec un surpoids [22]. En cas de surpoids, un avis médical est aussi utile si vous avez un prédiabète, un diabète, une tension élevée, du cholestérol, une apnée du sommeil ou une maladie cardiovasculaire [22].
Ces repères vous orientent. Ils ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé.
Questions fréquentes
Le gainage fait-il perdre du ventre ?
Rien ne le montre. Nous n’avons trouvé aucune étude qui mesure l’effet du gainage sur la graisse du ventre. Les abdos renforcent les muscles sans faire fondre la graisse qui les recouvre [1][4] : rien ne permet de prêter au gainage un effet différent. Il reste un bon exercice de renforcement, et l’OMS recommande ce type d’activité régulièrement [14].
Peut-on perdre du ventre en marchant ou à vélo ?
Oui, c’est même plus logique qu’avec des abdos. L’OMS range la marche et le vélo parmi les activités d’endurance [14]. Et l’endurance d’intensité au moins modérée réduit la graisse viscérale dans les synthèses d’études [7][10]. Visez les repères de l’OMS : 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine [14]. Voir aussi marche rapide : quels bénéfices.
Masser son ventre aide-t-il à perdre du ventre ?
Non, pas à notre connaissance. Nous n’avons trouvé aucune preuve fiable qu’un massage, avec ou sans crème, fasse fondre la graisse abdominale. La DGCCRF met en garde contre les crèmes présentées comme agissant sur les « graisses » et contre toute méthode promettant de mincir « sans effort » [24].
Perdre du ventre : est-ce différent pour une femme et pour un homme ?
Les leviers sont les mêmes, c’est surtout le point de départ qui change. Dans une petite étude ancienne chez des personnes obèses, les hommes avaient plus de graisse viscérale et les femmes plus de graisse sous la peau [15]. Chez des femmes suivies quatre ans, seules celles devenues ménopausées ont vu leur graisse viscérale augmenter de façon significative [16]. L’endurance, même sans régime, peut la faire baisser chez les deux sexes [7]. Après 12 semaines, la baisse mesurée au scanner peut dépasser 30 cm² chez les femmes et 40 cm² chez les hommes [7]. Le renforcement seul, lui, ne réduisait pas la graisse viscérale des femmes dans une analyse limitée à ce groupe [10].
Peut-on perdre du ventre en une semaine ?
Non, aucune des sources que nous avons consultées n’indique un tel délai. Les programmes étudiés durent des semaines, voire des mois : une synthèse rapporte des baisses de graisse viscérale après 12 semaines d’exercice [7]. Ce qui change en quelques jours, ce sont plutôt les ballonnements [23] ou l’eau perdue en transpirant, vite récupérée en buvant [24].
En pratique
Inutile de multiplier les crunchs. Voici ce qui marche, d’après les études :
- Bougez régulièrement, en endurance et en renforcement, en visant les repères de l’OMS [14].
- Créez un léger déficit calorique [9].
- Dormez suffisamment [20].
- Suivez votre tour de taille plutôt que la seule balance : il peut baisser même quand le poids stagne [12].
Conseil pratique de la rédaction : mesurez votre tour de taille toujours dans les mêmes conditions, par exemple le matin, une fois par semaine ou par mois, plutôt que chaque jour. Notre article tour de taille ou poids : quel indicateur suivre vous explique comment le mesurer.
Sources
Toutes les sources ont été consultées le 14/10/2026.
- [1] Vispute SS, Smith JD, LeCheminant JD, Hurley KS. The effect of abdominal exercise on abdominal fat. Journal of Strength and Conditioning Research, 2011. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21804427/ (DOI 10.1519/JSC.0b013e3181fb4a46). Consulté le 14/10/2026.
- [2] Ramírez-Campillo R, et al. Regional fat changes induced by localized muscle endurance resistance training. Journal of Strength and Conditioning Research, 2013. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23222084/ (DOI 10.1519/JSC.0b013e31827e8681). Consulté le 14/10/2026.
- [3] Kostek MA, et al. Subcutaneous fat alterations resulting from an upper-body resistance training program. Medicine & Science in Sports & Exercise, 2007. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/17596787/ (DOI 10.1249/mss.0b0138058a5cb). Consulté le 14/10/2026.
- [4] Ramirez-Campillo R, et al. A proposed model to test the hypothesis of exercise-induced localized fat reduction (spot reduction), including a systematic review with meta-analysis. Human Movement, 2022 (en ligne le 22/12/2021). https://doi.org/10.5114/hm.2022.110373 Consulté le 14/10/2026.
- [5] Paoli A, et al. Effect of an Endurance and Strength Mixed Circuit Training on Regional Fat Thickness: The Quest for the « Spot Reduction ». International Journal of Environmental Research and Public Health, 2021. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33917584/ (DOI 10.3390/ijerph18073845). Consulté le 14/10/2026.
- [6] Brobakken MF, et al. Abdominal aerobic endurance exercise reveals spot reduction exists: A randomized controlled trial. Physiological Reports, 2023. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38010201/ (DOI 10.14814/phy2.15853). Consulté le 14/10/2026.
- [7] Vissers D, et al. The effect of exercise on visceral adipose tissue in overweight adults: a systematic review and meta-analysis. PLoS One, 2013. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23409182/ (DOI 10.1371/journal.pone.0056415). Consulté le 14/10/2026.
- [8] Rao S, et al. Effect of Exercise and Pharmacological Interventions on Visceral Adiposity: A Systematic Review and Meta-analysis of Long-term Randomized Controlled Trials. Mayo Clinic Proceedings, 2019. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30711119/ (DOI 10.1016/j.mayocp.2018.09.019). Consulté le 14/10/2026.
- [9] Recchia F, et al. Dose-response effects of exercise and caloric restriction on visceral adiposity in overweight and obese adults: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. British Journal of Sports Medicine, 2023. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36669870/ (DOI 10.1136/bjsports-2022-106304). Consulté le 14/10/2026.
- [10] Chen X, et al. Effects of various exercise types on visceral adipose tissue in individuals with overweight and obesity: A systematic review and network meta-analysis of 84 randomized controlled trials. Obesity Reviews, 2024. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38031812/ (DOI 10.1111/obr.13666). Consulté le 14/10/2026.
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