À retenir
- Au rythme conseillé par le NHS (0,5 à 1 kg par semaine), il faut 10 à 20 semaines pour perdre 10 kilos, si ce rythme reste constant [1][2].
- La HAS (recommandation de 2011, en cours d’actualisation) parle de 1 à 2 kg par mois en moyenne pour une personne en obésité, soit 5 à 10 mois pour 10 kilos [4][5].
- Dans les essais, la perte plafonne souvent vers 6 mois [15]. Et la règle des 7 700 kcal par kilo surestime la perte réelle [9][11].
- Dans deux essais où l’on a tiré au sort qui perdait vite ou lentement, la vitesse n’a pas changé la reprise de poids [18][19]. Une perte rapide augmente en revanche le risque de calculs biliaires [20][21].
- Une perte de 5 à 10 % diminue le risque de diabète de type 2 [4], et stabiliser son poids est déjà un succès pour la HAS [6].
Combien de temps faut-il pour perdre 10 kilos ?
Entre 10 semaines et 10 mois, selon le repère officiel que l’on prend. Il n’existe pas de norme unique, mais deux repères qui ne vont pas à la même vitesse. Nous vous donnons les deux.
Le repère britannique : 0,5 à 1 kg par semaine
Le NHS conseille de viser « 0.5 to 1kg, a week » [1][2]. Aux États-Unis, le CDC, l’agence fédérale de santé publique, parle d’environ 1 à 2 livres par semaine, soit à peu près 0,45 à 0,9 kg [3]. Les deux repères se rejoignent.
Le repère français : 1 à 2 kg par mois, pour une personne en obésité
La HAS demande de fixer avec le patient ayant une obésité « des objectifs de réduction pondérale réalistes (avec en moyenne une perte de poids de 1 à 2 kg/mois) » [4]. Cela se fait dans le cadre d’un contrat de soins [4]. C’est le seul repère français chiffré que nous ayons trouvé. Il vise les personnes en obésité suivies par leur médecin, pas toute personne qui veut maigrir.
Ce repère date de 2011. La recommandation est toujours en ligne, mais la HAS annonce qu’elle « va faire prochainement l’objet d’une actualisation » [5]. Son guide de parcours de soins de 2023 ne donne d’ailleurs plus de rythme chiffré : il demande de « personnaliser son objectif » [6].
Converti en semaines, le repère HAS donne environ 0,23 à 0,46 kg par semaine (calcul de la rédaction). Borne pour borne, c’est un peu plus de deux fois plus lent que le repère du NHS (0,5 à 1 kg).
Et si vous êtes en surpoids sans obésité ? Pour la HAS, l’objectif est alors « avant tout de ne pas prendre de poids » [4]. En cas d’obésité, elle recommande de viser une perte de 5 à 15 % du poids initial [4]. Le NIDDK, un institut de santé public américain, conseille de commencer par perdre 5 à 10 % de son poids de départ sur 6 mois [22].
Le tableau des délais pour 10 kilos
| Rythme | Repère | Durée minimale théorique pour 10 kg (environ) |
|---|---|---|
| 1 kg par semaine | Haut de la fourchette NHS [1] | 10 semaines (environ 2,3 mois) |
| 0,5 kg par semaine | Bas de la fourchette NHS [1] | 20 semaines (environ 4,6 mois) |
| 2 kg par mois | Haut de la fourchette HAS 2011 [4] | 5 mois (environ 22 semaines) |
| 1 kg par mois | Bas de la fourchette HAS 2011 [4] | 10 mois (environ 43 semaines) |
Calcul éditorial (10 kg divisés par le rythme ; 1 mois = 30,44 jours) avec un rythme supposé constant, ce qui arrive rarement : la perte ralentit et plafonne souvent vers 6 mois [15]. Ces durées sont des minimums théoriques, pas une promesse.
10 kilos, est-ce beaucoup ? Tout dépend du poids de départ
Cela dépend de votre poids actuel. 10 kilos, c’est environ 14 % du poids à 70 kg, mais 8 % à 120 kg (calcul de la rédaction). Face à la première étape proposée par le NIDDK (5 à 10 % en 6 mois) [22], c’est donc tantôt un objectif raisonnable, tantôt un projet à plus long terme.
| Poids de départ | Ce que représentent 10 kg | Première étape NIDDK : 5 à 10 % en 6 mois [22] |
|---|---|---|
| 70 kg | 14,3 % | 3,5 à 7 kg |
| 80 kg | 12,5 % | 4 à 8 kg |
| 100 kg | 10 % | 5 à 10 kg |
| 120 kg | 8,3 % | 6 à 12 kg |
Calcul éditorial. Les poids sont des exemples, pas des objectifs.
Le poids de départ joue aussi sur la vitesse. D’après un modèle mathématique publié par le chercheur Kevin Hall, plus on a de graisse au départ, plus il faut de calories en moins, au total, pour perdre un kilo [10]. Son équipe compare un homme de 100 kg et un homme de 80 kg. Leur perte de la première année est proche. Mais celui de 100 kg perd une plus grande part de graisse, et il met plus longtemps à atteindre la moitié de sa perte maximale [9]. Ce sont des résultats de modélisation, pas des mesures faites sur vous.
Homme ou femme ?
Les données sont partielles. Le même modèle suggère que les hommes peuvent perdre un peu plus de poids que les femmes pour un même nombre de calories en moins. La raison : à poids égal, les femmes ont en général plus de masse grasse [10]. Une petite étude va dans ce sens [12]. Mais une méta-analyse, c’est-à-dire une synthèse de 29 études américaines, ne trouve pas de différence entre hommes et femmes pour le maintien à long terme [16]. Rien qui permette d’en faire une règle.
Et l’âge ?
Pas de chiffre fiable. Aucune des sources que nous avons lues ne chiffre l’effet de l’âge sur la vitesse de perte de poids. Nous ne répéterons donc pas que « tout ralentit après 40 ans ». La HAS cite simplement l’âge parmi les éléments à prendre en compte pour personnaliser un objectif [6].
Un objectif qui ne se résume pas à la balance
Le NICE, l’organisme britannique qui rédige les recommandations de soins, conseille des objectifs « realistic, personalised » [8]. Ils ne portent pas que sur le poids. Par exemple : des vêtements qui tombent mieux, moins d’essoufflement dans les escaliers, lacer ses chaussures plus facilement, jouer avec ses enfants ou petits-enfants [8]. Le tour de taille est un autre bon repère : voyez pourquoi le suivre aussi.
Pourquoi est-ce souvent plus long que le calcul ?
Parce que la courbe ne suit pas une ligne droite. Elle descend vite au début, ralentit, puis plafonne souvent vers 6 mois dans les essais [15].
Le calcul des 7 700 kcal donne un délai trop optimiste
Beaucoup de sites font ce calcul : un kilo de graisse vaudrait 7 700 kcal. 10 kilos feraient donc 77 000 kcal, et avec 500 kcal de moins par jour, il faudrait 154 jours, environ 5 mois (calcul illustratif). Cette règle ignore la façon dont le corps s’adapte à un poids plus bas [9].
Dans sept expériences menées en conditions contrôlées, les participants ont perdu en moyenne 9,1 kg, là où la règle en prédisait 12,5. L’écart moyen était d’environ 3,4 kg (7,4 livres) [11]. Dans un exemple publié par l’équipe de Kevin Hall, la règle prévoit environ deux fois plus de perte que leur modèle sur la première année [9].
Nous avons détaillé pourquoi la règle des 7 700 kcal trompe dans notre article sur le déficit calorique.
Pourquoi ça va plus vite au début ?
Parce qu’au début, un kilo perdu « contient » moins d’énergie, et qu’une partie de ce qui part est de l’eau. Une étude a mesuré environ 4 900 kcal par kilo à 4 semaines, puis environ 6 000 kcal à 6 semaines, avant que la valeur ne se stabilise [12]. Les effectifs étaient petits, mais la conséquence est simple : la balance descend plus vite au départ.
L’eau s’y ajoute. Le glycogène, la réserve de sucre du foie et des muscles, est stocké avec trois à quatre fois son poids d’eau [13] (voir pourquoi le poids varie d’un jour à l’autre). Le rythme des deux ou trois premières semaines ne dit donc pas grand-chose de la suite.
Conseil pratique de la rédaction : pesez-vous plutôt une fois par semaine, le même jour, à la même heure et dans les mêmes conditions. Vous suivrez une tendance, au lieu de vous inquiéter des variations d’un jour à l’autre.
Puis la perte ralentit, et plafonne souvent vers 6 mois
Une méta-analyse a regroupé 80 essais suivis au moins un an. Les groupes au régime pauvre en calories (associé ou non à un traitement) perdaient en moyenne 5 à 8,5 kg sur les six premiers mois. Ils atteignaient ensuite un plateau vers 6 mois [15]. Beaucoup de gens plafonnent donc avant les 10 kilos.
Pourquoi ? Pour chaque kilo perdu, on estime que la dépense d’énergie baisse d’environ 20 à 30 kcal par jour. Dans le même temps, l’appétit augmente d’environ 100 kcal par jour [14]. Selon les mêmes auteurs, l’appétit pèse probablement plus que le ralentissement du métabolisme dans l’apparition du plateau [14].
Viser une première étape, puis réévaluer
Pour 10 kilos, il faut donc souvent passer par un plateau. Un objectif en deux temps colle mieux aux données. D’abord une première étape de 5 à 10 % du poids de départ sur 6 mois, comme le propose le NIDDK [22]. Ensuite, un nouveau point. La HAS insiste de son côté sur la progressivité et sur un suivi régulier [6].
Vous voulez une estimation plus personnelle ? Le NIDDK propose un outil gratuit en anglais, le Body Weight Planner, destiné aux adultes de 18 ans et plus [23]. Ses auteurs préviennent que les valeurs seront trop élevées pour une personne très sédentaire ou dont le métabolisme est anormalement bas [23].
Perdre 10 kilos plus vite : qu’y gagne-t-on, que risque-t-on ?
Aller vite ne semble pas faire reprendre davantage de poids. Mais une perte rapide peut avoir d’autres coûts : plus de masse non grasse perdue dans un petit essai, et un risque accru de calculs biliaires [19][20]. Une perte progressive reste donc préférable.
Perdre lentement protège-t-il de la reprise ?
Pas d’après les deux essais randomisés disponibles, c’est-à-dire des essais où l’on tire au sort qui suit quel rythme. Dans un essai australien de 2014, 200 adultes en obésité devaient perdre 15 % de leur poids, soit en 12 semaines, soit en 36 semaines. Le groupe rapide a même plus souvent atteint au moins 12,5 % de perte : 81 % des participants, contre 50 % [18]. Mais à 144 semaines (près de trois ans), chez les participants suivis jusqu’au bout, les deux groupes avaient repris la même part du poids perdu, environ 71 % [18].
Le second essai portait sur 57 personnes [19]. Le groupe « rapide » a suivi un régime très basses calories pendant 5 semaines, le groupe « lent » un régime basses calories pendant 12 semaines. Les deux ont perdu un poids proche (9,0 kg et 8,2 kg), puis repris un poids proche (4,5 kg et 4,2 kg) [19].
Le CDC affirme pourtant que perdre progressivement aide à ne pas reprendre [3]. Ces deux essais ne le confirment pas. Ils ont toutefois leurs limites : personnes en obésité, protocoles très encadrés, peu de participants dans le second. Et ils ne disent pas qu’une perte rapide sans suivi est sans risque.
Perd-on plus de muscle en allant vite ?
Peut-être, d’après un petit essai. Dans le second essai, la part de masse non grasse perdue (qui comprend le muscle) a été mesurée à la fin de la phase de régime. Elle était plus élevée dans le groupe au régime très basses calories : 8,8 %, contre 1,3 % dans le groupe au régime basses calories [19]. Sur l’ensemble des participants, les deux groupes confondus, cette perte était associée à une reprise de poids plus importante pendant le suivi [19]. C’est un petit essai, à lire avec prudence.
L’activité physique aide à limiter cette perte. Une revue de 52 études va dans ce sens. Dans 81 % des groupes au régime seul, la masse non grasse représentait au moins 15 % du poids perdu. C’était le cas de 39 % des groupes qui associaient régime et exercice [24]. Cette revue portait sur des adultes d’âge moyen ou plus âgés, et ses conclusions visent les 50 ans et plus [24].
Pendant une perte de poids, la HAS conseille de monter progressivement jusqu’à au moins 150 minutes d’endurance modérée par semaine, avec quelques séances de renforcement musculaire [6]. Voir aussi combien de séances de renforcement par semaine et vos besoins en protéines.
Et le risque de calculs biliaires ?
Il peut augmenter quand on perd du poids très vite [20][22]. Dans la plus grande étude citée ici, ce risque restait toutefois faible [21].
Une analyse de 1995 a regroupé 5 études chez des personnes obèses. Le risque de calculs y augmentait fortement au-delà de 1,5 kg perdu par semaine. Ses auteurs concluaient que la perte ne devrait pas dépasser 1,5 kg par semaine en moyenne [20].
Une étude plus récente a suivi 6 640 personnes pendant un an, dans un programme commercial d’amaigrissement. Avec un régime très basses calories, le risque de calculs nécessitant une hospitalisation était environ 3 fois plus élevé qu’avec un régime basses calories. Cela donne environ 1,5 % par an contre 0,4 % (calcul de la rédaction à partir des données publiées) [21]. Ce risque reste faible, précisent les auteurs [21]. Le NIDDK note lui aussi que les régimes qui font perdre du poids vite peuvent davantage entraîner des calculs [22].
Les régimes très restrictifs ne se tentent pas seul
En dessous de 1 200 kcal par jour, pas sans suivi spécialisé. Le NICE réserve ces régimes à un service spécialisé de l’obésité, avec un suivi au long cours. Il rappelle leurs risques : reprise de poids et effet yo-yo, et pour les plus restrictifs, constipation, fatigue et perte de cheveux [7]. La HAS met en garde contre les régimes trop restrictifs, déséquilibrés ou successifs [4]. Elle met aussi en garde contre les compléments alimentaires pris sans prescription [6].
Quand consulter
Parlez-en à votre médecin, avant de viser 10 kilos ou en cours de route, si :
- vous êtes en obésité, avez un diabète ou une maladie chronique (cœur, reins, foie…), ou prenez un traitement au long cours ;
- vous êtes enceinte ou allaitez ;
- vous avez, ou avez eu, un trouble du comportement alimentaire ;
- on vous propose un régime très basses calories : il relève d’un suivi spécialisé [7] ;
- vous ressentez une douleur en haut du ventre, à droite, après une perte de poids rapide : des calculs biliaires sont possibles [22][27] ;
- vous perdez du poids sans l’avoir cherché.
10 kilos en 1 mois, en 3 mois, en 6 mois : est-ce réaliste ?
Tout dépend du rythme que l’objectif impose. Perdre 10 kilos en un mois demande environ 2,3 kg par semaine. En trois mois, il faut environ 0,77 kg par semaine (calculs de la rédaction).
En 1 mois : non, et ce n’est pas souhaitable
Environ 2,3 kg par semaine, c’est plus de deux fois le haut de la fourchette du NHS [1]. C’est aussi au-delà du seuil de 1,5 kg par semaine associé à une forte hausse du risque de calculs biliaires [20]. Et une bonne partie des premiers kilos perdus serait de l’eau liée au glycogène [13], qui revient vite.
En 3 mois : possible pour certains, ambitieux pour d’autres
Environ 0,77 kg par semaine reste dans la fourchette du NHS [1], mais va plus vite que le repère de la HAS [4]. C’est plus accessible avec un poids de départ élevé, où 10 kilos pèsent moins en proportion (voir le tableau plus haut). Sinon, l’objectif est ambitieux, et un plateau peut survenir avant [15].
En 6 mois à 1 an : le plus cohérent avec les repères
C’est la fourchette de la HAS (5 à 10 mois) [4]. À partir de 100 kg, c’est aussi cohérent avec la première étape du NIDDK : 5 à 10 % du poids en 6 mois, soit 5 à 10 kg ou plus [22].
Prenons l’exemple publié par Kevin Hall : un homme sédentaire de 100 kg qui mange environ 480 kcal de moins par jour. Il perdrait de l’ordre de 11 kg la première année [9]. Ce chiffre est une déduction de la rédaction à partir de cet exemple (environ la moitié des 22 kg prédits par la règle des 7 700 kcal). Ce n’est pas une prévision pour vous.
Et après les 10 kilos ? Le maintien prend plus de temps que la perte
La reprise de poids est fréquente. Dans une méta-analyse de 29 études au long cours, plus de la moitié du poids perdu était reprise en deux ans. Au bout de cinq ans, c’était plus de 80 % [14]. Le bilan n’est pas nul pour autant. À 5 ans, la perte moyenne maintenue dépassait 3 kg [16]. Une autre méta-analyse trouve encore 3 à 6 kg perdus en moyenne à 4 ans, sans qu’aucun groupe ne revienne à son poids de départ [15].
Le maintien semble aussi devenir plus facile avec le temps. Après 2 à 5 ans de maintien réussi, les chances de succès à plus long terme augmentent nettement [17]. Prudence quand même : cette revue s’appuie en partie sur un registre de volontaires qui ont réussi, ce qui peut embellir le tableau [17].
Pour le maintien, la HAS conseille d’augmenter progressivement jusqu’à 200 à 300 minutes d’endurance par semaine, avec du renforcement musculaire au moins deux fois par semaine [6]. Le NICE indique qu’après une obésité, 60 à 90 minutes d’activité par jour peuvent être nécessaires pour éviter de reprendre [7]. Pour vous situer, voyez combien de cardio par semaine.
La HAS recommande un accompagnement au minimum pendant la première année. Elle rappelle que stabiliser son poids est déjà « un succès en soi » [6]. Le plateau, la reprise et l’organisation au quotidien sont développés dans notre guide pour perdre du poids durablement.
Les bénéfices arrivent-ils avant les 10 kilos ?
Oui, souvent bien avant. Une perte durable de 3 à 5 % du poids améliore déjà les graisses du sang (triglycérides) et le taux de sucre dans le sang (glycémie). Elle réduit aussi le risque de diabète de type 2 [6]. C’est ce qu’indique un document de la HAS et de la Fédération française de nutrition, cité dans le guide HAS de 2023 [6]. À 90 kg, cela fait 2,7 à 4,5 kg (calcul de la rédaction).
Entre 5 et 10 %, la même source cite une amélioration de la tension artérielle et du cholestérol, et un moindre besoin de traitements [6]. La recommandation HAS de 2011 note qu’une perte de 5 à 10 % diminue le risque de diabète de type 2 [4].
Les essais vont dans le même sens. Le Diabetes Prevention Program a suivi 3 234 adultes dont la glycémie était trop élevée, sans être diabétiques. Le programme visait au moins 7 % de perte de poids et 150 minutes d’activité par semaine. Il a réduit de 58 % l’apparition du diabète de type 2 [25], alors que la moitié du poids perdu a été reprise en trois ans [14].
L’étude Look AHEAD, elle, a suivi 5 145 personnes avec un diabète de type 2. Une perte de 5 à moins de 10 % y était associée à une amélioration des facteurs de risque cardiovasculaire au bout d’un an. Ces facteurs sont les éléments qui favorisent les maladies du cœur et des vaisseaux. Des pertes plus importantes allaient avec des bénéfices plus grands [26]. C’est une association observée, pas une preuve de cause à effet.
10 kilos est un chiffre rond, pas un seuil médical.
Questions fréquentes
Combien de kilos par mois peut-on perdre sainement ?
Les repères diffèrent. Le NHS conseille 0,5 à 1 kg par semaine [1], soit environ 2 à 4 kg par mois (calcul de la rédaction). La HAS parlait en 2011 de 1 à 2 kg par mois en moyenne pour une personne en obésité [4]. Au-delà de 1,5 kg par semaine, le risque de calculs biliaires augmente fortement [20].
Pourquoi je perds vite au début, puis presque plus rien ?
Au début, chaque kilo perdu contient moins d’énergie [12], et une partie est de l’eau liée au glycogène [13]. Ensuite, la dépense baisse et l’appétit augmente [14], d’où un plateau fréquent vers 6 mois [15]. Pour la HAS, ces mécanismes « ont peu de lien avec la volonté » [6].
Le sport seul suffit-il à perdre 10 kilos ?
Le sport aide, mais à lui seul il fait peu bouger la balance. Une revue Cochrane, une synthèse de référence, a regroupé 43 essais et 3 476 participants. Elle ne trouve que de petites pertes de poids avec l’exercice seul, par rapport à l’absence d’intervention [28]. Ajouté à un changement d’alimentation, le sport fait perdre en moyenne 1,1 kg de plus que le régime seul [28].
Il vaut quand même la peine. Chez ceux qui ne faisaient que du sport, la tension (le chiffre du bas), les triglycérides et la glycémie à jeun ont baissé [28]. À noter : la revue date de 2006.
Je fais attention et je ne perds rien : pourquoi ?
Le plateau [15] et la baisse de la dépense d’énergie [14] expliquent souvent une partie du blocage. Il y a une autre piste, moins agréable à entendre : on peut se tromper sur ce qu’on mange.
En 1992, une étude a examiné de près dix personnes en obésité qui disaient ne pas maigrir malgré un régime. Leur dépense d’énergie était normale. En revanche, elles sous-estimaient leurs apports de 47 % en moyenne et surestimaient leur activité physique de 51 % [29]. Dix personnes, une étude ancienne : impossible d’en tirer une règle. Elle suggère seulement que le métabolisme n’est pas toujours en cause.
Conseil pratique de la rédaction : noter honnêtement tout ce que vous mangez et buvez pendant quelques jours, grignotages compris, peut aider à y voir plus clair.
En pratique
- Pour 10 kilos, comptez plutôt 5 à 10 mois, souvent davantage, avec un plateau probable en chemin.
- Visez d’abord 5 à 10 % de votre poids, puis faites le point, seul ou avec un professionnel. Cela colle mieux à la réalité qu’une date butoir.
- Au-delà de 1,5 kg par semaine, une analyse de 1995 chez des personnes obèses a observé un risque de calculs biliaires qui augmente fortement [20].
- Une fois le poids atteint, il reste à le garder, ce qui prend aussi du temps.
Sources
Toutes les sources ont été consultées le 14/10/2026.
- [1] NHS. Tips to help you lose weight. Page revue le 17/03/2023 (révision prévue en mars 2026, non effectuée à la date de consultation). https://www.nhs.uk/live-well/healthy-weight/managing-your-weight/tips-to-help-you-lose-weight/
- [2] NHS. Obesity: Treatment. Page revue le 29/04/2026. https://www.nhs.uk/conditions/obesity/treatment/
- [3] CDC. Losing Weight (Healthy Weight and Growth). https://www.cdc.gov/healthy-weight-growth/losing-weight/index.html
- [4] Haute Autorité de santé. Surpoids et obésité de l’adulte : prise en charge médicale de premier recours. Synthèse des recommandations de bonne pratique. Septembre 2011. https://has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2011-09/2011_09_27_surpoids_obesite_adulte_v5_pao.pdf
- [5] Haute Autorité de santé. Surpoids et obésité de l’adulte : prise en charge médicale de premier recours (page de la recommandation, actualisation annoncée). Validée le 01/09/2011. https://www.has-sante.fr/jcms/c_964938/fr/surpoids-et-obesite-de-l-adulte-prise-en-charge-medicale-de-premier-recours
- [6] Haute Autorité de santé. Guide du parcours de soins : surpoids et obésité de l’adulte. 2023, mis à jour en février 2024. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3408871/fr/guide-du-parcours-de-soins-surpoids-et-obesite-de-l-adulte
- [7] NICE. Overweight and obesity management (NG246), chapitre « Physical activity and diet ». 2025, mis à jour le 08/01/2026. https://www.nice.org.uk/guidance/ng246/chapter/Physical-activity-and-diet
- [8] NICE. Overweight and obesity management (NG246), chapitre « Discussing results and referral ». 2025. https://www.nice.org.uk/guidance/ng246/chapter/Discussing-results-and-referral
- [9] Hall KD, et al. Quantification of the effect of energy imbalance on bodyweight. The Lancet. 2011. PMID 21872751. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(11)60812-X
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- [11] Thomas DM, et al. Can a weight loss of one pound a week be achieved with a 3500-kcal deficit? Commentary on a commonly accepted rule. International Journal of Obesity. 2013. PMID 23628852. https://doi.org/10.1038/ijo.2013.51
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