Perte de poids

Effet yo-yo : comment stabiliser son poids ?

L'effet yo-yo, c'est perdre du poids volontairement, le reprendre, puis recommencer. C'est très courant : selon l'Anses, « la reprise de poids concerne 80 % des sujets après un an ». Cela ne veut pas dire que tout le monde reprend tout. Pour la HAS, les mécanismes en jeu « ont peu de lien avec la volonté », et stabiliser son poids est déjà un succès. Ce qui aide : bouger régulièrement, se peser souvent si cela ne vous angoisse pas, et rester accompagné au moins la première année. Les effets du yo-yo sur la santé, eux, restent discutés.

Deux adultes d'une quarantaine d'années cuisinent ensemble un repas simple
Stabiliser son poids, c'est surtout tenir dans la durée des habitudes qu'on peut garder. (Illustration générée par IA.)

À retenir

  • L’effet yo-yo, ce sont des pertes de poids volontaires suivies de reprises, qui se répètent dans le temps [19][4].
  • « La reprise de poids concerne 80 % des sujets après un an » (Anses, 2011) [3]. Avec un critère strict (garder au moins 10 % de perte pendant un an), environ 20 % des personnes en surpoids réussissent [2][7].
  • Dans une étude sur 50 personnes, la faim et la plupart des hormones de l’appétit restaient modifiées un an après la perte de poids [10].
  • Le yo-yo est relié au diabète, aux maladies du cœur ou à la mortalité dans certaines études d’observation, mais leurs résultats se contredisent. Rien ne prouve que le yo-yo en soit la cause [18][19][20][23][24].
  • Dans un essai, un programme fondé sur la pesée quotidienne a réduit la reprise de poids [15]. La HAS recommande un accompagnement d’au moins un an [4].

Effet yo-yo : de quoi parle-t-on ?

C’est une succession de pertes et de reprises de poids. Les chercheurs parlent de weight cycling, littéralement « cycles de poids » : on essaie de maigrir, on reprend sans l’avoir voulu, et ces variations reviennent au fil du temps [19]. La HAS, dans son guide sur le surpoids et l’obésité de l’adulte, parle de « fluctuations de poids : phénomène associé à des régimes successifs (effet yo-yo), rebonds pondéraux » [4], autrement dit des reprises de poids.

Cela ne concerne pas que les personnes en surpoids. Beaucoup de gens de poids normal veulent maigrir, puis perdent et reprennent du poids plusieurs fois dans leur vie [22]. En France, la grande enquête nationale sur l’alimentation INCA 2 a montré que près de 50 % des femmes de corpulence normale avaient suivi un régime amaigrissant pendant l’enquête ou l’année précédente [3]. Le chiffre est ancien (avis de l’Anses de 2011), mais il donne l’ordre de grandeur.

Pourquoi parler de cycle ? D’après l’Anses, les régimes peuvent modifier en profondeur la façon dont le corps dépense et stocke l’énergie (le métabolisme). Ces changements sont « souvent à l’origine du cercle vicieux d’une reprise de poids » [1]. Sa conclusion tient en une phrase : « plus on fait de régimes, plus on favorise la reprise pondérale » [1]. Le plateau qui précède souvent la reprise est expliqué dans notre guide pour perdre du poids durablement.

Le cycle de l’effet yo-yo Schéma en boucle à quatre étapes reliées par des flèches : un régime restrictif entraîne une perte de poids ; après la perte, les besoins en énergie sont plus bas qu’avant et l’appétit est plus fort ; une reprise de poids suit ; la tentation d’un nouveau régime relance la boucle. Schéma explicatif sans données chiffrées, d’après l’Anses (2010, 2011), la HAS (2023) et Sumithran et coll. (2011). Le cycle de l’effet yo-yo Régime restrictif Perte de poids Besoins plus bas qu’avant, appétit plus fort Reprise de poids Tentation d’un nouveau régime et la boucle recommence Schéma explicatif, sans données chiffrées. D’après Anses (2010, 2011), HAS (2023), Sumithran et coll. (2011). Conception Santé, 2026.
Le cycle de l’effet yo-yo. Schéma explicatif sans données chiffrées, d’après l’Anses (2010, 2011) [1][3], la HAS (2023) [4] et Sumithran et coll. (2011) [10].

Combien de personnes reprennent du poids après un régime ?

Beaucoup, mais le chiffre de 80 % qui circule partout est souvent mal compris. Il vient de l’avis de l’Anses publié en 2011 : « La reprise de poids concerne 80 % des sujets après un an et augmente avec le temps » [3]. On le croise souvent sans sa source.

Ce que veut dire ce chiffre

L’avis ne cite aucune étude à côté des 80 %. Dans son chapitre sur la reprise, le rapport d’expertise de l’Anses s’appuie sur une revue de Wing et Phelan (2005). Celle-ci retient un critère exigeant : perdre au moins 10 % de son poids initial et garder cette perte au moins un an. Avec ce critère, écrit l’Anses, « seules 20 % des personnes en surpoids perdent du poids à long terme avec succès » [2]. Wing et Phelan, eux, voient plutôt le verre à moitié plein : environ 20 % réussissent, alors que l’idée répandue veut que presque personne n’y arrive [7].

Les 80 % désignent donc vraisemblablement les personnes qui ne remplissent pas ce critère strict. C’est une lecture de la rédaction, car le rapport ne détaille pas le calcul. Ce groupe réunit des personnes qui ont tout repris et d’autres qui ont gardé une partie de leur perte sans atteindre 10 %. Ce ne sont pas 80 % de personnes revenues à leur poids de départ.

Quant aux « 95 % qui reprennent leur poids en cinq ans », nous n’avons trouvé aucune source primaire pour ce chiffre.

Reprendre, est-ce tout perdre ?

Non : en moyenne, une partie du bénéfice reste. Une méta-analyse (une synthèse statistique de plusieurs études) a réuni 249 essais pour voir ce qui se passe après la fin des programmes d’accompagnement [14]. Les participants reprenaient un peu plus vite que les groupes témoins, qui n’avaient pas suivi de programme : de 0,12 à 0,32 kg de plus par an. Mais l’écart en leur faveur se maintenait pendant au moins cinq ans [14].

Aux États-Unis, le National Weight Control Registry suit des personnes qui ont réussi à maigrir. Parmi elles, 2 886 avaient perdu au moins 13,6 kg et gardé cette perte un an. À leur entrée dans le registre, elles avaient perdu 31,3 kg en moyenne. Dix ans plus tard, leur perte moyenne était encore de 23,1 kg, selon les estimations des auteurs [8]. Ce sont des volontaires qui avaient déjà réussi, et leur poids est déclaré [8] : le registre montre que c’est possible, pas que c’est la règle.

Une étude israélienne publiée en 2026 s’est intéressée à ceux qui recommencent. Sur 480 participants à deux essais successifs, 92 avaient suivi les deux. Au début du second, leur corpulence était revenue à peu près au point de départ (indice de masse corporelle, ou IMC, de 31,8 contre 31,3). Mais ils avaient moins de graisse viscérale, celle qui entoure les organes. Leur résistance à l’insuline (l’insuline agit moins bien, ce qui favorise le diabète) était aussi plus faible qu’au début du premier essai [27]. Limites : ces 92 personnes avaient choisi de revenir, sans tirage au sort, et le groupe est petit et compte surtout des hommes, ce que les auteurs signalent eux-mêmes [27].

Pourquoi reprend-on du poids après un régime ?

En partie parce que le corps se défend : il a besoin de moins d’énergie et réclame davantage à manger. Pour la HAS, « des facteurs biologiques, comportementaux, psychologiques, sociaux et environnementaux s’associent pour résister à la perte de poids et favoriser sa reprise » [4]. Quatre mécanismes reviennent dans les sources.

Le corps a besoin de moins qu’avant

Après un régime, il faut manger moins pour garder son nouveau poids qu’il n’en fallait pour garder l’ancien [3][2]. L’Anses précise que « l’absence d’adaptation du sujet à ce niveau d’apport énergétique, favorise la reprise de poids, préférentiellement sous forme de masse grasse » [3].

Revenir à ses repas d’avant, c’est donc manger pour l’ancien poids. L’Anses décrit d’ailleurs la reprise comme une conséquence récurrente des privations, quel que soit le régime [1].

L’appétit reste plus fort, au moins un an

Oui, on a souvent plus faim après un régime, et cela peut durer. Une étude a suivi 50 personnes en surpoids ou en obésité qui avaient perdu en moyenne 13,5 kg en dix semaines [10]. Après la perte, plusieurs hormones qui calment l’appétit avaient baissé. La ghréline, qui donne faim, avait augmenté. Et les participants avaient plus faim [10]. Un an plus tard, la plupart de ces écarts persistaient, la faim aussi [10]. Les hormones concernées : leptine, peptide YY, cholécystokinine, insuline et ghréline. L’effectif est petit et le régime très restrictif, ce qui limite la portée du résultat.

Selon un modèle mathématique, chaque kilo perdu augmenterait l’appétit d’environ 100 kcal par jour. C’est plus de trois fois l’effet sur la dépense d’énergie [11]. Autrement dit, le corps pousse surtout à manger davantage. C’est un ordre de grandeur, pas une règle individuelle : il a été obtenu chez 153 patients traités par la canagliflozine, un médicament qui fait perdre du poids sans qu’on s’en rende compte [11]. La HAS parle d’« adaptations endocriniennes qui augmentent l’appétit et diminuent la satiété » : des changements hormonaux qui donnent plus faim et rassasient moins. Tout se passe comme si « le poids maximum atteint était le poids de consigne » [4], c’est-à-dire le poids que le corps cherche à retrouver.

Se priver en permanence peut se retourner contre soi

La privation continue peut mener à des craquages et favorise la reprise [2][3]. L’Anses reprend une notion décrite dès 1980, la restriction cognitive : « une tentative, réussie ou non, de réduire sa ration alimentaire pour atteindre un poids inférieur à son poids spontané et s’y maintenir » [2]. En clair, se contrôler pour manger moins que ce que le corps demande. Cela donne une alimentation trop réduite en continu, « éventuellement entrecoupée d’accès d’hyperphagie » (des moments où l’on mange beaucoup). C’est aussi un facteur de risque de troubles du comportement alimentaire [2].

Selon l’avis de 2011, cette restriction « induit une perturbation du comportement alimentaire qui augmente le risque de reprise de poids, au delà même du statut pondéral initial » [3]. Cette position repose toutefois sur des études déjà anciennes. La HAS recommande elle aussi de lutter contre les règles rigides, qui mènent à la frustration, au sentiment d’échec et à la culpabilité [4].

Est-ce une question de volonté ?

Non. La HAS le dit sans détour : ces mécanismes « ont peu de lien avec la volonté, malgré ce qui est communément admis » [4]. Elle conseille aux soignants d’expliquer ces changements du corps pour « limiter la culpabilité et l’auto dévalorisation », qui font perdre la motivation [4].

Et le métabolisme « cassé » par les régimes ? En 1994, un groupe d’experts américains notait que la plupart des études ne montrent pas d’effet néfaste du yo-yo sur le métabolisme [18]. Chez 14 candidats de l’émission The Biggest Loser, une adaptation du métabolisme persistait six ans après. Mais ils avaient perdu en moyenne 58 kg pendant les 30 semaines du jeu : un cas extrême, difficile à généraliser [12].

L’effet yo-yo est-il dangereux pour la santé ?

On ne sait pas vraiment, et les données actuelles ne permettent pas de trancher. Des études d’observation, qui constatent des liens sans pouvoir prouver une cause, associent les variations de poids à plus de diabète [23] et à plus de mortalité [24]. Chez des personnes déjà malades du cœur, elles les associent aussi à plus d’accidents cardiovasculaires [25]. D’autres revues ne trouvent pas d’effet néfaste clair [18][19][20]. Un lien n’est pas une preuve : rien ne démontre que le yo-yo cause ces maladies.

Ce que disent les principales études sur les conséquences du yo-yo

Étude Type Ce qu’elle trouve Limite
Task Force américaine, JAMA, 1994 [18] Revue d’experts Pas d’effet néfaste démontré sur le métabolisme ; liens avec des maladies et la mortalité dans des études d’observation Perte volontaire et perte involontaire (due à une maladie) souvent confondues
Mehta et coll., Obesity Reviews, 2014 [19] Revue systématique, 20 études Les preuves d’un effet néfaste sont « rares, si elles existent » 12 études sur 20 seulement distinguaient perte voulue et perte non voulue
Mackie et coll., 2017 [20] Revue systématique, 31 études 11 publications sur 19 : plus de masse grasse ; 4 études sur 8 : plus de prise de poids ensuite ; 13 sur 17 : pas d’effet sur le diabète Études hétérogènes
Zou et coll., 2021 [23] Méta-analyse, 14 cohortes, 253 766 personnes Risque de diabète environ 1,2 fois plus élevé chez les personnes ayant connu un yo-yo, comparées aux autres (risque relatif 1,23) ; lien non retrouvé chez les personnes obèses Études d’observation, lien de cause non établi
Zhang et coll., 2019 [24] Méta-analyse, 15 études Mortalité toutes causes près de 1,5 fois plus élevée dans le groupe au poids le plus variable, comparé au groupe au poids le plus stable (rapport de risque 1,45) Résultats très hétérogènes, biais de publication
Bangalore et coll., NEJM, 2017 [25] Analyse secondaire d’un essai, 9 509 patients coronariens Variations de poids associées à plus d’événements cardiovasculaires et de décès chez des patients déjà malades du cœur Patients déjà malades, variations pas forcément volontaires, financement industriel
Magkos et Stefan, Lancet Diabetes & Endocrinology, 2026 [26] Article d’opinion (« Personal view ») reprenant des études chez l’humain et l’animal Chez les personnes en obésité, les données ne soutiennent pas un lien de cause entre yo-yo et problèmes de santé ; les effets néfastes rapportés tiendraient plutôt à l’âge, à des pertes de poids involontaires ou à une obésité plus ancienne Pas une revue systématique ; auteurs ayant des liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique

Pour le diabète, par exemple, Zou trouve un risque plus élevé [23], alors que la plupart des études réunies par Mackie n’en trouvent pas [20]. L’Anses elle-même reste au conditionnel : « la fluctuation du poids pourrait être un facteur de risque cardiovasculaire et de syndrome métabolique » [3]. Une revue avance enfin que certaines conséquences négatives des régimes répétés se verraient plus facilement chez les personnes de poids normal que chez celles en surpoids ou en obésité [21].

Faut-il renoncer à maigrir par peur du yo-yo ?

Non en cas d’obésité, selon deux revues d’experts, et aussi en cas de surpoids selon la plus récente [18][20]. Pour le groupe d’experts de 1994 et pour la revue de Mackie, la crainte du yo-yo ne doit pas décourager les efforts pour contrôler son poids [18][20].

Un article d’opinion publié en 2026 dans The Lancet Diabetes & Endocrinology va dans le même sens. Chez les personnes en obésité, ses auteurs jugent que les bénéfices d’une perte de poids, même temporaire, l’emportent sur les risques liés aux variations [26]. À noter : les deux auteurs déclarent des liens d’intérêts avec l’industrie. L’un d’eux a notamment été rémunéré comme consultant ou conférencier par des fabricants de médicaments contre l’obésité [26].

Sans obésité, le message change. La Task Force conseille plutôt de chercher à garder un poids stable [18]. Sans excès de poids, l’Anses va plus loin : les régimes « sont des pratiques à risques » et « peuvent conduire à terme à un possible gain de poids irréversible » [3].

Il y a aussi le moral. Pour l’Anses, « la dépression et la perte de l’estime de soi sont des conséquences psychologiques fréquentes des échecs à répétition des régimes amaigrissants » [3].

Comment stabiliser son poids après un régime ?

Viser un poids stable plutôt qu’un nouveau régime, bouger, se peser et se faire suivre : ce sont les pistes qui ressortent des sources, avec des niveaux de preuve inégaux.

Faire de la stabilisation l’objectif

Pour la HAS, « la stabilisation du poids est déjà un succès en soi » [4]. Chez un adulte en surpoids ou en obésité non complexe, la perte de poids n’est même pas la priorité. Il s’agit d’abord de stabiliser le poids en changeant ses habitudes. Puis de garder son « poids de forme », celui où l’on se sent bien physiquement et psychologiquement, et « d’éviter les variations de poids favorisant des résistances métaboliques à la perte de poids » [4]. Autrement dit, d’éviter que le corps perde de plus en plus difficilement.

Bouger, et continuer après le régime

Pour l’Anses, l’activité physique est le principal facteur de stabilisation, à condition de la commencer dès le début du régime et de la maintenir ensuite [3]. Son rapport juge le niveau de preuve « élevé », en s’appuyant sur une expertise collective de l’Inserm de 2008 [2]. Dans cinq registres de personnes ayant maintenu leur perte, c’est aussi le facteur le plus constamment associé au maintien [9].

Combien ? En 2009, l’American College of Sports Medicine indiquait qu’au-delà de 250 minutes par semaine, le maintien est meilleur dans les études d’observation [17]. Cela fait environ 36 minutes par jour en moyenne (calcul de la rédaction). La même société savante reconnaît qu’aucun essai bien conçu, avec tirage au sort des participants, ne permet encore de juger l’efficacité de l’activité pour prévenir la reprise [17].

Pour les repères officiels, voyez combien de cardio par semaine et combien de séances de renforcement par semaine.

Se peser régulièrement, si cela ne vous angoisse pas

Cela peut aider : dans un essai, un programme fondé sur la pesée quotidienne a réduit la reprise [15]. Cet essai, appelé STOP Regain, a suivi pendant 18 mois 314 personnes qui avaient perdu en moyenne 19,3 kg [15]. Deux groupes ont suivi un programme fondé sur la pesée quotidienne et l’autorégulation, c’est-à-dire apprendre à réagir soi-même quand le poids remonte. L’un se faisait en face à face, l’autre par Internet. Le troisième groupe, sans ce programme, servait de témoin [15].

Essai STOP Regain : part des participants ayant repris au moins 2,3 kg en 18 mois Barres horizontales. Essai randomisé STOP Regain (Wing et coll., N Engl J Med, 2006), 314 personnes ayant perdu en moyenne 19,3 kg. Part des participants ayant repris au moins 2,3 kg en 18 mois : 72,4 % chez les témoins (reprise moyenne 4,9 kg), 54,8 % dans le groupe suivant le programme par Internet (reprise moyenne 4,7 kg), 45,7 % dans le groupe suivant le programme en face à face (reprise moyenne 2,5 kg). Le programme reposait sur la pesée quotidienne et l’autorégulation. Moins de reprises avec un programme de pesée quotidienne Part des participants ayant repris au moins 2,3 kg en 18 mois 314 personnes ayant perdu en moyenne 19,3 kg, réparties au hasard en trois groupes Témoins Témoins : 72,4 % ont repris au moins 2,3 kg ; reprise moyenne 4,9 kg 72,4 % reprise moyenne 4,9 kg Programme par Internet Programme par Internet : 54,8 % ont repris au moins 2,3 kg ; reprise moyenne 4,7 kg 54,8 % reprise moyenne 4,7 kg Programme en face à face Programme en face à face : 45,7 % ont repris au moins 2,3 kg ; reprise moyenne 2,5 kg 45,7 % reprise moyenne 2,5 kg 0 % 25 % 50 % 75 % 100 % Programmes fondés sur la pesée quotidienne et l’autorégulation. Témoins : lettre d’information trimestrielle. Source : Wing RR et coll., A self-regulation program for maintenance of weight loss, N Engl J Med, 2006 (essai randomisé STOP Regain). Consulté le 14/10/2026. Conception Santé, 2026.
Essai STOP Regain : part des participants ayant repris au moins 2,3 kg en 18 mois, et reprise moyenne par groupe. Source : Wing RR et coll., N Engl J Med, 2006 [15], consulté le 14/10/2026. Valeurs détaillées dans le tableau ci-dessous.
Groupe (essai STOP Regain) Part des participants ayant repris au moins 2,3 kg en 18 mois Reprise moyenne
Témoins 72,4 % 4,9 kg
Programme par Internet 54,8 % 4,7 kg
Programme en face à face 45,7 % 2,5 kg

Dans les deux groupes accompagnés, les participants se pesaient plus souvent. Et la pesée quotidienne était associée à un moindre risque de reprendre 2,3 kg ou plus [15]. Le programme a surtout marché en face à face [15].

La balance peut-elle devenir une obsession ? Une revue de 17 études n’a pas trouvé de lien entre pesée régulière et dépression ou anxiété, avec des résultats variables d’une étude à l’autre [16]. La HAS reste prudente : se peser et noter son poids est utile « si cette pratique est pertinente, et si elle n’induit pas une trop grande préoccupation autour du poids » [4]. Si un chiffre vous inquiète d’un matin à l’autre, lisez pourquoi le poids varie d’un jour à l’autre.

Faut-il être suivi, et combien de temps ?

Oui, et la première année compte. La HAS recommande un soutien et un accompagnement « durant au minimum la première année » du projet de soins. En cas de surpoids ou d’obésité non complexe, elle prévoit une consultation médicale de suivi chaque mois pendant six mois. Le suivi dure « souvent sur plusieurs années » [4].

Ses effets ont été mesurés. Selon la HAS, d’après 80 études, une approche éducative aide à stabiliser son poids, ou à garder une perte d’au moins 5 %, à 12 et 18 mois [4]. On reprend du poids à l’arrêt des séances, mais moins que sans accompagnement [4]. Une méta-analyse de 45 essais va dans le même sens. Les programmes de maintien qui associent alimentation et activité physique réduisent la reprise de 1,56 kg en moyenne à 12 mois [13]. Les auteurs parlent d’un effet « petit mais significatif », c’est-à-dire modeste mais probablement pas dû au hasard [13]. Enfin, garder accès au programme après la fin de l’étude était associé à une reprise plus lente [14].

Vers qui se tourner ? L’Anses cite le médecin traitant, le diététicien, le médecin endocrinologue ou nutritionniste, le professionnel de l’activité physique et le psychologue, idéalement en équipe [3].

Comment tenir dans la durée, sans règles rigides ?

En évitant la lassitude. La HAS conseille de lutter contre la « fatigue comportementale », cette lassitude liée à la monotonie. Comment ? En variant les activités, l’alimentation et les recettes, en pratiquant en groupe et en impliquant ses proches [4]. Par exemple, alterner la marche du midi avec un cours collectif. Elle propose aussi des plans « si… alors… » préparés à l’avance, dont vous trouverez des exemples dans notre guide pour perdre du poids durablement.

Dans les registres, les personnes qui ont maintenu leur perte citent surtout :

  • des aliments sains à la maison ;
  • un petit-déjeuner régulier ;
  • plus de légumes, et moins de produits sucrés et gras [9].

Ce sont des habitudes observées chez des volontaires, pas des règles prouvées. Pour les installer sans vous épuiser : construire des habitudes durables.

Qu’est-ce qui n’aide pas ?

Enchaîner les régimes, d’abord : plus on en fait, plus on favorise la reprise [1]. Les régimes à très basses calories, les médicaments et la chirurgie relèvent d’un avis médical. Selon l’Anses, toute démarche de perte de poids nécessite une prise en charge spécialisée adaptée [3]. Quant aux méthodes pour « sortir » d’un régime en douceur, nous n’avons trouvé d’étude solide sur aucune d’elles.

Méfiez-vous aussi des produits qui promettent d’éviter la reprise : notre article pour repérer un complément douteux donne les signaux d’alerte.

Quand consulter

  • Des régimes à répétition, une prise de poids rapide, un phénomène de yo-yo : la HAS les classe parmi les signes de vigilance, comme l’alternance de troubles du comportement alimentaire (TCA) et de périodes de restriction cognitive [4].
  • Une reprise après plusieurs mois de perte, ou des troubles alimentaires qui apparaissent ou reviennent : la HAS parle d’évolution défavorable et conseille l’avis d’un médecin spécialiste de l’obésité [4].
  • Des crises où vous mangez une grande quantité de nourriture en peu de temps (moins de deux heures), avec le sentiment de perdre le contrôle [4]. D’autres signes peuvent alerter : manger sans faim, très vite, seul ou en cachette, puis ressentir de la honte ou de la culpabilité [6]. L’alternance de restriction et de pertes de contrôle, ou le fait de manger sous le coup des émotions, en font aussi partie [4].

L’hyperphagie boulimique concernerait 3 à 5 % de la population, presque autant d’hommes que de femmes, et la honte est le premier frein aux soins [5]. Parlez-en d’abord à votre médecin traitant. La prise en charge associe plusieurs professionnels [5], et la plupart des personnes guérissent avec un soutien adapté, même si cela peut prendre du temps [6].

Questions fréquentes

Combien de temps dure l’effet yo-yo ?

Il n’y a pas de durée fixe. Dans l’étude de Sumithran, un an après la perte de poids, l’appétit et la plupart des hormones qui le règlent n’étaient toujours pas revenus à leur niveau de départ [10]. Bonne nouvelle quand même : après deux à cinq ans de maintien réussi, les chances de garder son poids sur le long terme augmentent nettement [7].

Peut-on stabiliser son poids sans sport ?

Nous n’avons trouvé aucune donnée qui le montre. L’activité physique est le principal facteur de stabilisation pour l’Anses [3]. Et les programmes de maintien qui ont montré un effet associent alimentation et activité [13].

Combien de calories pour maintenir son poids après un régime ?

Aucun chiffre ne vaut pour tout le monde. On sait seulement que les besoins après un régime sont plus bas que ceux qui maintenaient le poids d’avant [3]. Pour estimer vos besoins actuels, voyez comment calculer son déficit calorique.

L’effet yo-yo fait-il grossir à terme ?

Ce n’est pas démontré. Dans une revue de 2017, la moitié seulement des études sur la question (4 sur 8) trouvait un lien entre yo-yo et prise de poids ultérieure. Les auteurs jugent les preuves non concluantes [20]. L’Anses estime en revanche que la restriction cognitive augmente le risque de reprise [3].

Par où commencer

Si vous avez repris du poids, ce n’est pas un échec personnel : les mécanismes en cause ont peu à voir avec la volonté [4]. Visez d’abord un poids stable plutôt qu’un nouveau régime. Gardez une activité que vous aimez, un repère de suivi qui ne vous stresse pas, et quelqu’un pour vous accompagner la première année.

Sources

Toutes les sources ont été consultées le 14/10/2026. Pour les études, seuls les résumés ont été lus.

Écrit par M. A. B.

Fondateur de Conception Santé. Chaque article répond à une question concrète du quotidien et s'appuie sur des sources officielles et scientifiques (HAS, Anses, OMS, études publiées), vérifiées avant publication. Les articles sont préparés avec l'aide d'outils d'IA puis relus. En cas de problème de santé, consultez un médecin ou un pharmacien.

Article préparé avec l’aide d’outils d’IA, à partir de sources scientifiques et institutionnelles vérifiées, puis relu par la rédaction. Information générale : ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Notre méthode