À retenir
- Dormir aide à fixer les souvenirs. Des nuits de moins de 4 ou 5 heures sont associées à des troubles de la mémoire et de l’apprentissage [1].
- Bouger est le levier le mieux étayé : l’OMS le recommande fortement pour réduire le risque de déclin cognitif (preuve modérée) [11], et l’exercice régulier améliore aussi le sommeil [18].
- Le sommeil ne fait pas partie des 14 facteurs de risque de démence retenus par la Commission Lancet en 2024, faute de preuve de causalité. Elle conseille tout de même de ne pas rogner sur ses nuits [10].
- L’OMS recommande de ne pas proposer de vitamines B ou E, d’oméga-3 ou de multivitamines pour protéger la mémoire (recommandation forte) [11].
- Une insomnie plus de trois fois par semaine depuis au moins trois mois [13][14], un ronflement avec des pauses respiratoires [23][24] ou des oublis qui gênent la vie quotidienne [2] justifient une consultation.
En France, un peu plus d’un adulte sur cinq (21,5 %) déclare dormir 6 heures ou moins par 24 heures, et un tiers se plaint d’insomnie [5]. Ce guide relie les deux sujets, dit ce qui est prouvé et ce qui ne l’est pas, puis propose une journée type à adapter à votre rythme.
Pourquoi sommeil et mémoire vont ensemble
Le lien entre sommeil et mémoire est étudié depuis longtemps. Selon une revue de référence, plus d’un siècle de travaux montre que le sommeil favorise la rétention des souvenirs [7]. L’Inserm le résume ainsi : dormir améliore la mémorisation, et d’autant plus que la nuit est longue [1].
Ce que fait le cerveau pendant la nuit
Une nuit se compose de 3 à 6 cycles de 60 à 120 minutes. Chacun enchaîne du sommeil lent, puis du sommeil paradoxal [4].
Pendant le sommeil lent profond, le cerveau « rejoue » les souvenirs récents. Ce travail les transforme pour les intégrer à la mémoire à long terme. Le sommeil paradoxal qui suit pourrait les stabiliser [7]. On peut l’imaginer comme un rangement de fin de journée : ce qui a été posé en vrac est trié, puis classé.
Ce rangement laisse des traces visibles. Après un nouvel apprentissage, le nombre de petites excroissances qui relient les neurones entre eux augmente au cours de la nuit suivante [4]. L’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) le formule simplement : le sommeil favorise le stockage et l’organisation des nouvelles connaissances [6].
Pour aider ce travail de jour, une technique a fait ses preuves : répartir ses révisions dans le temps. Nous l’expliquons dans notre article sur la répétition espacée.
Quand on dort trop peu
Les privations de sommeil, moins de 4 ou 5 heures par nuit, sont associées à des troubles de la mémoire et à des difficultés d’apprentissage [1]. Les études expérimentales vont dans le même sens : une privation aiguë de sommeil dégrade les performances intellectuelles immédiates [10].
Concrètement, une nuit blanche avant une réunion importante n’aide pas. Ce qui est moins clair, c’est l’effet d’années de nuits un peu courtes sur le cerveau à long terme. On y revient plus bas.
Et le « grand nettoyage » nocturne ?
Vous avez peut-être lu que le sommeil « nettoie le cerveau ». L’idée vient d’une étude publiée dans Science en 2013, menée chez la souris. Pendant le sommeil, l’espace entre les cellules du cerveau de l’animal augmentait de 60 %, et la bêta-amyloïde (une protéine associée à la maladie d’Alzheimer) était éliminée plus vite [8].
C’est un résultat animal. La Commission Lancet ajoute une nuance : chez l’humain, cette élimination se ferait surtout pendant le sommeil profond du début de nuit, qui dure une à deux heures. Elle serait donc probablement peu touchée chez les personnes qui se plaignent de mal dormir [10]. Méfiez-vous des promesses de « détox du cerveau ».
Trous de mémoire : ce qui est normal, ce qui ne l’est pas
Oublier où l’on a posé ses clés n’a rien d’inquiétant en soi. L’Inserm rappelle que l’oubli reste physiologique tant qu’il est sporadique, et qu’il touche surtout la mémoire des événements vécus [1]. Le NHS, le service de santé britannique, note qu’une baisse de mémoire peut simplement accompagner l’avancée en âge [3].
L’Inserm décrit deux changements liés à l’âge. Les connexions entre neurones deviennent moins souples et leurs modifications plus éphémères, ce qui pourrait rendre plus difficile de retenir une information [1]. Le sommeil lent profond, lui, devient minoritaire et cède la place à un sommeil plus léger, ce qui explique en partie l’augmentation des troubles du sommeil avec l’âge [4].
Des troubles de mémoire peuvent aussi avoir une cause fréquente, parfois réversible [1][3] :
- le stress, l’anxiété ou la fatigue ;
- la dépression ;
- un événement douloureux, comme un deuil ;
- l’insomnie ;
- certains médicaments, comme les somnifères ou les anxiolytiques, surtout chez les personnes âgées ;
- l’usage de drogues.
Le NHS ajoute deux causes possibles : une thyroïde qui fonctionne au ralenti (hypothyroïdie) et une confusion soudaine due à une maladie, une infection par exemple [25].
Si vous prenez un traitement et remarquez des oublis, parlez-en au médecin qui l’a prescrit. N’arrêtez rien de vous-même.
Prenons un exemple. Chercher ses lunettes après une semaine de nuits courtes et de rush au travail, c’est banal. Des oublis inhabituels, qui reviennent, qui inquiètent vous ou vos proches et compliquent la vie quotidienne, c’est autre chose : l’Inserm demande que cette plainte soit prise très au sérieux et évaluée par un médecin [2].
Les leviers qui agissent sur les deux, et ce que vaut la preuve
Deux grandes synthèses servent de référence. En 2019, l’OMS a publié des lignes directrices qui donnent, pour chaque mesure, la qualité des preuves et la force de la recommandation [11]. En 2024, la Commission Lancet a retenu 14 facteurs de risque modifiables de démence [10]. Le tableau croise ces données avec les repères sur le sommeil.
| Levier | Effet sur le sommeil | Effet sur la mémoire ou le déclin cognitif | Niveau de preuve publié | Sources |
|---|---|---|---|---|
| Activité physique régulière | Effets favorables, faibles à modérés : durée, endormissement, qualité | Réduit le risque de déclin cognitif | OMS : preuve modérée, recommandation forte. Sommeil : méta-analyse de 66 études | S11, S18, S19 |
| Arrêt du tabac | NHS : ne pas fumer dans les 6 h avant le coucher | Peut réduire le risque de déclin cognitif et de démence | OMS : preuve faible, recommandation forte | S11, S14 |
| Réduire l’alcool | NHS : pas d’alcool dans les 6 h avant le coucher | La consommation excessive fait partie des 14 facteurs | OMS : preuve modérée (études d’observation), recommandation conditionnelle | S10, S11, S14 |
| Alimentation de type méditerranéen | Non traité (conseils de l’INSV pour le dîner : voir « Le soir ») | Peut réduire le risque de déclin cognitif | OMS : preuve modérée, recommandation conditionnelle | S1, S11, S12 |
| Excitants (café, thé, sodas, boissons énergisantes) | 100 mg de caféine peuvent perturber le sommeil de certains adultes, surtout près du coucher | Non traité ici | Avis EFSA 2015 ; repère INSV : rien après 14 h | S12, S21 |
| Liens sociaux | Non traité | Des contacts sociaux rares font partie des 14 facteurs | OMS : preuve insuffisante pour le déclin cognitif, mais lien fort avec la santé en général | S10, S11 |
| Audition et vision | Non traité | Perte d’audition et trouble de la vision non corrigé font partie des 14 facteurs | OMS : preuve insuffisante pour les appareils auditifs contre le déclin ; dépistage de la perte d’audition recommandé chez les personnes âgées | S10, S11 |
| Entraînement cognitif | Non traité | Peut être proposé aux personnes âgées | OMS : preuve très faible à faible, recommandation conditionnelle | S11 |
« Non traité » signifie que nos sources ne disent rien de solide sur ce point, pas que l’effet est nul. Recommandation « forte » ou « conditionnelle » : vocabulaire de l’OMS [11].
Bouger : le levier le mieux étayé
C’est le levier pour lequel nos sources sont les plus solides, côté mémoire comme côté nuit. L’OMS recommande l’activité physique aux adultes sans trouble cognitif pour réduire le risque de déclin, avec une preuve modérée et une recommandation forte [11]. Côté nuit, une méta-analyse de 66 études trouve que l’exercice régulier a des effets favorables, faibles sur le temps de sommeil, faibles à moyens sur l’endormissement et modérés sur la qualité du sommeil [18].
Le repère de l’OMS : au moins 150 minutes d’activité d’intensité modérée par semaine [19]. Manger Bouger parle d’au moins 30 minutes d’activités dynamiques par jour, et conseille aussi de limiter le temps passé assis [20]. Le site affirme que cette pratique réduit le risque de maladie d’Alzheimer [20] ; l’OMS, plus prudente, parle de risque de déclin cognitif [11].
Pour aller plus loin : combien de cardio par semaine et la sédentarité, ses risques et comment en sortir.
Alcool, tabac, excitants : ce qu’on retire le soir
Le NHS conseille de ne pas fumer ni boire d’alcool, de thé ou de café dans les 6 heures avant le coucher [14]. Côté mémoire, l’OMS recommande d’aider les fumeurs à arrêter, même si la preuve d’un effet sur le déclin cognitif reste faible [11]. La consommation excessive d’alcool fait partie des 14 facteurs de la Commission Lancet [10].
Pour l’alcool, Santé publique France rappelle que les risques existent dès le premier verre quotidien. Son repère : « maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours », soit 10 verres par semaine au plus [22].
Pour la caféine, deux repères coexistent. L’INSV conseille de ne plus en prendre après 14 h [12]. Le NHS parle de 6 heures avant le coucher [14]. Selon l’EFSA, une dose de 100 mg peut déjà perturber le sommeil de certains adultes, surtout prise près du coucher [21]. Pour savoir ce que cela représente en tasses, voyez notre article sur la quantité de caféine à ne pas dépasser.
Assiette, liens sociaux, audition
L’OMS indique qu’une alimentation de type méditerranéen peut être recommandée pour réduire le risque de déclin cognitif, avec une preuve modérée et une recommandation conditionnelle [11]. L’Inserm cite aussi ce régime parmi les habitudes qui influencent la mémorisation [1]. Pour la mettre en pratique sans prise de tête : une assiette équilibrée, simplement.
Les liens sociaux comptent parmi les 14 facteurs du Lancet [10]. L’OMS juge les preuves insuffisantes pour dire que la vie sociale réduit le déclin cognitif, mais rappelle que participation et soutien social sont fortement liés à la bonne santé tout au long de la vie [11]. Même logique pour l’audition : pas assez de preuves pour recommander un appareil auditif contre le déclin, mais un dépistage de la perte d’audition chez les personnes âgées, suivi d’un appareillage si besoin [11].
Ces habitudes ne concernent pas que le cerveau. Nous les détaillons dans les habitudes prioritaires pour bien vieillir.
Et le sommeil lui-même ?
Une grande étude britannique, la cohorte Whitehall II, a suivi 7 959 personnes pendant 25 ans. Celles qui dormaient 6 heures ou moins à 50, 60 et 70 ans avaient un risque de démence augmenté de 30 % par rapport à celles qui dormaient une durée normale (7 heures) aux mêmes âges [9]. C’est une association observée, pas la preuve que le manque de sommeil cause la démence.
La Commission Lancet a pesé l’ensemble des études. Selon elle, dormir peu pourrait être associé à une légère hausse du risque, mais les preuves ne suffisent pas pour parler de cause, et elle ne fait aucune recommandation sur le sommeil comme facteur de risque. Elle précise toutefois qu’il ne faut pas réduire son sommeil dans l’espoir de diminuer ce risque [10].
Autrement dit, bien dormir ne garantit rien contre Alzheimer, et des nuits courtes ne condamnent personne.
Vous lirez parfois que « près de la moitié des démences » pourraient être évitées. Le chiffre vient de la Commission Lancet, avec trois réserves : c’est une estimation théorique, elle suppose qu’on supprime les 14 facteurs, et certaines associations ne sont qu’en partie causales [10].
Une journée type pour mieux dormir et ménager sa mémoire
Les horaires ci-dessous sont un exemple pour une personne qui se lève à 7 h et se couche vers 23 h. Décalez-les selon votre rythme : l’INSV insiste sur le respect de ses propres besoins de sommeil [12].
Le matin

- Levez-vous à la même heure, week-end compris [12][14]. Même après une mauvaise nuit, évitez la grasse matinée [14].
- Allez chercher la lumière du jour, surtout le matin : elle aide à régler l’horloge biologique [12]. Par exemple : petit-déjeuner près de la fenêtre, café sur le balcon, trajet à pied.
- Marchez si vous pouvez. Manger Bouger recommande au moins 30 minutes d’activités physiques dynamiques par jour, assez soutenues pour être un peu essoufflé tout en pouvant parler [20]. Une marche d’un bon pas pour aller au travail ou à la boulangerie en est un exemple. Voir les bénéfices de la marche rapide.
Dans la journée
- Dernier café, thé ou soda caféiné avant 14 h, selon le repère de l’INSV [12].
- Limitez le temps passé assis [20]. Par exemple, levez-vous et marchez un peu entre deux tâches.
- Si vous faites la sieste, l’Inserm décrit une sieste type de 15 à 20 minutes, en début d’après-midi, au calme, en choisissant le moment pour ne pas gêner l’endormissement du soir [4]. Si vous souffrez d’insomnie, le NHS conseille au contraire d’éviter la sieste [14].
- Apprenez par petites doses. Une langue, un dossier, un instrument : mieux vaut répartir sur la semaine qu’en une seule fois, comme le montre la répétition espacée.
Le soir

- Terminez le sport intense 3 à 4 heures avant le coucher selon l’INSV [12], au moins 4 heures selon le NHS [14]. Exemple : pour un coucher à 23 h, une séance finie vers 19 h respecte les deux repères.
- Dînez sans excès. Ne sautez pas le repas, évitez les plats trop gras et difficiles à digérer, et privilégiez féculents en quantité raisonnable, légumes et laitages [12]. Le NHS déconseille les gros repas tard le soir [14].
- Pas d’alcool ni de cigarette dans les 6 heures avant le coucher [14]. Exemple : pour un coucher à 23 h, cela veut dire pas d’alcool après 17 h ; l’apéritif de 20 h est déjà trop tard selon ce repère.
- Éteignez les écrans 1 à 2 heures avant de vous coucher et laissez-les éteints jusqu’au lendemain [12]. L’Inserm évoque un « couvre-feu digital » une heure avant d’aller au lit et jusqu’au lendemain matin [13]. Le pourquoi est détaillé dans notre article sur les écrans le soir.
- Choisissez une activité calme : lecture, musique douce, relaxation, activité manuelle [12]. Gardez le même petit rituel chaque soir [13].
- Préparez la chambre : sombre, silencieuse, entre 18 et 20 °C [12][14].
La nuit
- Couchez-vous aux premiers signes de sommeil : bâillements, paupières lourdes, yeux qui piquent. Pas avant [12].
- Si le sommeil ne vient pas, sortez du lit. L’idée est de garder l’association « lit = sommeil » [12].
- Ne courez pas après un chiffre. La bonne durée est celle qui vous permet de vous sentir reposé et de bien fonctionner dans la journée [6], et les besoins varient beaucoup d’une personne à l’autre [4]. Pour les repères selon l’âge, voyez combien d’heures de sommeil il vous faut.
Inutile de tout changer d’un coup. Choisissez un ou deux gestes, tenez-les quelques semaines, puis ajoutez-en un. Notre article pour construire des habitudes durables donne la méthode.
Les erreurs fréquentes
- Rattraper une mauvaise nuit par une grasse matinée. Le NHS conseille de garder ses horaires habituels [14].
- Rester au lit à attendre le sommeil. Mieux vaut se lever et revenir quand il arrive [12].
- Caser le sport juste avant de dormir. L’INSV conseille d’arrêter 3 à 4 heures avant le coucher [12], le NHS au moins 4 heures [14].
- Le café de 17 h. Il dépasse le repère de 14 h de l’INSV [12], et une dose de 100 mg de caféine peut déjà gêner le sommeil de certains adultes [21].
- Compter sur un verre pour s’endormir. Le NHS déconseille l’alcool dans les 6 heures avant le coucher [14].
- Rogner sur ses nuits pour gagner du temps. La Commission Lancet conseille justement de ne pas réduire son sommeil [10].
Ce qui ne marche pas (ou moins qu’on le dit)
Les compléments pour la mémoire. L’OMS est claire : vitamines B et E, acides gras polyinsaturés (dont les oméga-3) et multivitamines ne doivent pas être recommandés pour réduire le risque de déclin cognitif. Preuve modérée, recommandation forte [11]. Avant d’acheter une gélule « mémoire », lisez comment repérer un complément douteux.
Les jeux de mémoire et le « brain training ». L’OMS indique qu’un entraînement cognitif peut être proposé aux personnes âgées, avec ou sans troubles légers. Mais la preuve est très faible à faible et la recommandation seulement conditionnelle [11]. Ce n’est pas un bouclier prouvé contre le déclin. Si ces exercices vous plaisent, rien ne vous empêche d’en faire.
Les règles d’hygiène du sommeil vues comme un remède. Les études associent en général chacune de ces règles à un meilleur sommeil. Mais une revue de 2015 part d’un constat : l’hygiène du sommeil s’est montrée inefficace comme traitement en médecine du sommeil clinique. Elle note aussi que l’effet direct de chaque règle, prise isolément, reste largement non testé en population générale [16].
La Haute Autorité de santé, dans une recommandation de 2006 (ancienne, donc), inclut ces règles dans toute prise en charge de l’insomnie, mais privilégie en première intention une thérapie comportementale ou une psychothérapie en cas d’insomnie chronique [15].
« Bien dormir protège d’Alzheimer. » Comme on l’a vu, la Commission Lancet ne peut pas faire de recommandation sur ce point [10].
Quand consulter

Quand consulter
- Insomnie : des difficultés à dormir plus de trois fois par semaine depuis au moins trois mois, malgré des changements d’habitudes [13][14], ou une insomnie qui rend le quotidien difficile à gérer [14].
- Apnée du sommeil possible : ronflement, pauses respiratoires remarquées par l’entourage, somnolence dans la journée, difficultés de concentration ou de mémoire [23]. Le NHS conseille de voir un médecin devant ces signes [24].
- Oublis : quand ils vous inquiètent, vous ou vos proches, et gênent votre vie quotidienne [2][3]. N’essayez pas de trouver la cause seul [3].
- Somnolence : ne prenez pas le volant si vous vous sentez somnolent [14].
- Médicaments : si vous prenez un somnifère ou un anxiolytique et remarquez des oublis, parlez-en au médecin qui l’a prescrit, sans arrêter seul [1].
- Urgence : des troubles qui surviennent d’un coup (difficulté soudaine à parler ou à comprendre, faiblesse ou engourdissement d’un membre ou du visage, perte de la vision d’un œil) peuvent être le signe d’un AVC. Appelez immédiatement le 15 ou le 112 : mieux vaut appeler à tort que trop tard [26].
Le premier interlocuteur est votre médecin traitant. Pour la mémoire, l’Inserm cite le généraliste, le neurologue, le gériatre ou le psychiatre [2]. Pour écarter d’autres causes d’oublis, le médecin vous examine et peut demander des analyses, comme une prise de sang et une analyse d’urine, ainsi qu’un test de mémoire ou de réflexion [25].
Pour comprendre une insomnie, le médecin s’appuie sur l’examen clinique, parfois des examens complémentaires, et un agenda du sommeil [13]. Selon l’Inserm, un agenda tenu pendant 2 à 4 semaines peut aider à mieux cerner la fréquence et la sévérité des épisodes [13]. Vous pouvez par exemple y noter chaque jour vos heures de coucher, de réveil et vos éveils nocturnes.
Quand un traitement est nécessaire, l’Inserm indique que les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) doivent être privilégiées [13]. Chez des adultes souffrant d’insomnie chronique, une méta-analyse de 20 études montre qu’elles réduisent d’environ 19 minutes le temps d’endormissement et d’environ 26 minutes le temps passé éveillé après s’être endormi [17]. En 2024, l’Inserm notait qu’elles restaient très peu développées en France, notamment parce qu’elles n’étaient pas prises en charge par l’Assurance maladie [13].
L’apnée du sommeil devient plus fréquente avec l’âge. Selon l’Inserm, elle concerne 7,9 % des 20-44 ans, 19,7 % des 45-64 ans et 30,5 % des plus de 65 ans, des chiffres probablement sous-estimés [23].
| Tranche d’âge | Personnes concernées par l’apnée du sommeil |
|---|---|
| 20 à 44 ans | 7,9 % |
| 45 à 64 ans | 19,7 % |
| Plus de 65 ans | 30,5 % |
Source : Inserm, dossier « Syndrome d’apnées du sommeil », modifié le 07/03/2024 [23]. Chiffres probablement sous-estimés selon la source.
Questions fréquentes
Le manque de sommeil fait-il perdre la mémoire ?
À court terme, oui. Une privation aiguë de sommeil dégrade les performances intellectuelles immédiates [10], et des nuits de moins de 4 ou 5 heures sont associées à des troubles de la mémoire et de l’apprentissage [1]. L’effet à long terme de nuits un peu courtes est beaucoup moins clair [10].
Combien d’heures faut-il dormir pour bien retenir ?
Il n’existe pas de chiffre universel. La bonne durée est celle qui vous laisse reposé et efficace dans la journée [6], et les besoins varient beaucoup d’une personne à l’autre [4]. En France, les adultes de 18 à 79 ans déclarent dormir en moyenne 7 h 32 par 24 heures [5]. Les repères par âge sont dans notre article sur la durée de sommeil.
Bien dormir protège-t-il d’Alzheimer ?
On ne peut pas l’affirmer. Une cohorte britannique a observé un risque de démence plus élevé de 30 % chez les personnes qui dormaient 6 heures ou moins à 50, 60 et 70 ans [9]. Mais c’est une association. La Commission Lancet juge les preuves insuffisantes pour conclure à une cause et ne fait pas de recommandation sur le sommeil, tout en conseillant de ne pas réduire ses nuits [10].
Que prendre pour la mémoire ?
Aucun des compléments évalués par l’OMS n’est recommandé : elle déconseille de proposer vitamines B ou E, oméga-3 ou multivitamines pour réduire le risque de déclin cognitif [11]. Les leviers qui ont des preuves sont l’activité physique, l’arrêt du tabac, une alimentation de type méditerranéen et la réduction de l’alcool [11].
Les jeux de mémoire servent-ils à quelque chose ?
Ils peuvent être proposés aux personnes âgées, selon l’OMS, mais la preuve d’un effet sur le déclin cognitif est très faible à faible [11]. Faites-en si vous y prenez plaisir, sans en attendre une protection.
En pratique
Pour démarrer cette semaine, choisissez trois gestes simples : fixer votre heure de lever, y compris le samedi ; marcher dehors le matin ; éteindre les écrans une heure au moins avant le coucher. Le reste viendra au fil des semaines. Et si vos nuits ou vos oublis vous inquiètent, parlez-en à votre médecin.
Sources
Toutes les sources ont été consultées le 13/10/2026. Les numéros reprennent ceux du dossier de sources.
- [1] Inserm. Mémoire : un processus complexe et dynamique. Dossier modifié le 13/05/2025. https://www.inserm.fr/dossier/memoire/
- [2] Inserm. Maladie d’Alzheimer. Dossier modifié le 13/10/2025. https://www.inserm.fr/dossier/alzheimer-maladie/
- [3] NHS. Memory loss (amnesia). Page revue le 09/10/2023. https://www.nhs.uk/conditions/memory-loss-amnesia/
- [4] Inserm. Sommeil : faire la lumière sur notre activité nocturne. Dossier modifié le 08/11/2024. https://www.inserm.fr/dossier/sommeil/
- [5] Santé publique France. Sommeil : temps moyen sur 24 heures et plainte d’insomnie. Baromètre de Santé publique France, édition 2024. Publié le 11/12/2025, mis à jour le 08/10/2026. https://www.santepubliquefrance.fr/sommeil/rapportsynthese/sommeil-temps-moyen-sur-24-heures-et-plainte-dinsomnie-barometre-de-sante-publique-france-resultats
- [6] Institut National du Sommeil et de la Vigilance. Tout savoir sur le sommeil. https://institut-sommeil-vigilance.org/tout-savoir-sur-le-sommeil/
- [7] Rasch B, Born J. About sleep’s role in memory. Physiol Rev. 2013. PMID 23589831. DOI 10.1152/physrev.00032.2012
- [8] Xie L, Kang H, Xu Q, et al. Sleep drives metabolite clearance from the adult brain. Science. 2013. PMID 24136970. DOI 10.1126/science.1241224
- [9] Sabia S, Fayosse A, Dumurgier J, et al. Association of sleep duration in middle and old age with incidence of dementia. Nat Commun. 2021. PMID 33879784. DOI 10.1038/s41467-021-22354-2
- [10] Livingston G, Huntley J, Liu KY, et al. Dementia prevention, intervention, and care: 2024 report of the Lancet standing Commission. Lancet. 2024. PMID 39096926. DOI 10.1016/S0140-6736(24)01296-0
- [11] Organisation mondiale de la Santé. Risk reduction of cognitive decline and dementia: WHO guidelines. 2019. https://www.who.int/publications/i/item/9789241550543
- [12] Institut National du Sommeil et de la Vigilance. 10 recommandations de nos médecins du sommeil pour bien dormir ! Modifié le 28/06/2022. https://institut-sommeil-vigilance.org/10-recommandations-de-nos-medecins-du-sommeil-pour-bien-dormir/
- [13] Inserm. Insomnie : un trouble neurobiologique et psychologique. Dossier modifié le 02/07/2024. https://www.inserm.fr/dossier/insomnie/
- [14] NHS. Insomnia. Page revue le 19/03/2024. https://www.nhs.uk/conditions/insomnia/
- [15] Haute Autorité de santé. Prise en charge du patient adulte se plaignant d’insomnie en médecine générale. Recommandation validée le 20/12/2006. https://www.has-sante.fr/jcms/c_522637/fr/prise-en-charge-du-patient-adulte-se-plaignant-d-insomnie-en-medecine-generale
- [16] Irish LA, Kline CE, Gunn HE, Buysse DJ, Hall MH. The role of sleep hygiene in promoting public health: A review of empirical evidence. Sleep Med Rev. 2015. PMID 25454674. DOI 10.1016/j.smrv.2014.10.001
- [17] Trauer JM, Qian MY, Doyle JS, Rajaratnam SMW, Cunnington D. Cognitive Behavioral Therapy for Chronic Insomnia: A Systematic Review and Meta-analysis. Ann Intern Med. 2015. PMID 26054060. DOI 10.7326/M14-2841
- [18] Kredlow MA, Capozzoli MC, Hearon BA, Calkins AW, Otto MW. The effects of physical activity on sleep: a meta-analytic review. J Behav Med. 2015. PMID 25596964. DOI 10.1007/s10865-015-9617-6
- [19] Organisation mondiale de la Santé. Activité physique (aide-mémoire). 26/06/2024. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/physical-activity
- [20] Manger Bouger (Santé publique France). Augmenter l’activité physique. https://www.mangerbouger.fr/l-essentiel/les-recommandations-sur-l-alimentation-l-activite-physique-et-la-sedentarite/augmenter/augmenter-l-activite-physique
- [21] Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Caféine (thème) et avis scientifique sur la sécurité de la caféine, 27/05/2015. https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/caffeine
- [22] Santé publique France. Alcool et santé : Santé publique France s’engage dans une stratégie de réduction des risques. Communiqué du 19/02/2019. https://www.santepubliquefrance.fr/presse/alcool-et-sante-sante-publique-france-sengage-dans-une-strategie-de-reduction-des-risques
- [23] Inserm. Syndrome d’apnées du sommeil. Dossier modifié le 07/03/2024. https://www.inserm.fr/dossier/apnee-sommeil/
- [24] NHS. Sleep apnoea. Page revue le 11/05/2026. https://www.nhs.uk/conditions/sleep-apnoea/
- [25] NHS. How to get a dementia diagnosis. Page revue le 17/07/2023. https://www.nhs.uk/conditions/dementia/symptoms-and-diagnosis/diagnosis/
- [26] Inserm. Accident vasculaire cérébral (AVC). Dossier modifié le 18/02/2025. https://www.inserm.fr/dossier/accident-vasculaire-cerebral-avc/
